LES VIGNES DE MACON ET DU BEAUJOLAIS
M. Christian de K... à M. À. d'A..., à Paris. Dijon, novembre 1877.
CHER ami, quel beau et ravissant pays je viens de parcourir | Suivant ma promesse, je vous envoie quelques notes et croquis, mais je ne peux que vous donner un faible aperçu. Heureux si je puis du moins vous suggérer le désir de faire vous-même le voyage, et d’éprouver personnellement la joie que j'ai ressentie à voir de près toutes ces richesses et ces merveilles! Quand je serai de retour en Danemark, croyez-le, je ne penserai pas sans une vive émotion à cette joyeuse et riche Bourgogne, comme j'aurai toujours mon àme et mon esprit tendus affectueusement vers la France, que je me ferai la joie de parcourir tout entière, et vers Paris.
* x * Les vignes du Mâäconnais et du Beaujolais produisent des vins connus dans
le commerce sous le nom de vins de Mäcon. On les estime plus comme bons
vins d’ordinaire que comme vins fins, bien qu’il s’en présente quelques-uns dont les qualités sont fort appréciées, tels que le moulin à vent, le thorins, de la commune de Romanèche, à douze ou quinze kilomètres de Mâcon, et le chenas, contigu au fhorins. Au château de Chenas, qui appartient à la sympathique famille Delahante, lune des plus considérables du pays, une exploitation vinicole des mieux entendues produit un vin très-apprécié pour son bouquet particulier, son corps et sa couleur.
Les vignes de Fleury donnent des vins aimables et légers, qui jouissent d’une véritable considération parmi ceux que donnent les coteaux du Mäconnais et du Beaujolais, dont les produits se répandent par toute la France comme vins de choix parmi ceux de consommation courante.
Les cépages le plus généralement cultivés sont : en rouge, le bourquignon, qui produit les meilleurs vins ; le chanay, qui en produit d'excellents, et la bronde.
En blanc, le chardonnay, qui produit les bons vins de Pouilly; le bourquignon et le gamet.