UN COMICE A SAINT-ÉMILION
vignerons et cultivateurs qui se sont distingués par l'excellence de leur travail et la perfection de leurs soins.
Dans les discours prononcés, on a dit beaucoup de bien du pays, de ses travailleurs et de ses vins. En revanche, on à dit beaucoup de mal d’un ennemi intime, le phylloxera, et si j’en crois ce que j'ai entendu, on a bien raison.
Ce banquet était une sorte d'exposition artistique; tous les propriétaires importants des environs y figuraient, et chacun avait préalablement fait apporter provision choisie de ses récoltes vinicoles.
Il ne manquait qu'un livret pour se croire au Salon. Chacun faisait exhibition de son vin, et en faisait les honneurs. Rien de curieux à étudier comme ces sourires paternels, ces coups d’œil satisfaits et interrogateurs, cette façon
— Je vous recommande mon soixante-quatre. — C'est fin, moelleux et corsé.
béate de respirer et sentir comme un bouquet cet enfant chéri du propriétaire, qui est son vin à lui, éclos sur son terrain, avec son soleil à lui, et ses soins personnels de ue: jour.
Au point de vue critique, il est difficile de juger de prime abord et à première vue, ou à première audition, pour ainsi dire, les objets d'art qui composent celte excellente symphonie saint-émilionienne. Quelques noms me sont restés dans le souvenir, comme le cru Cadet, celui du Pommerol, du Beau-Séjour, du Château-Laroque, du Château des Tours, du Cheval blanc, etc., etc. Les autres, et il y en a bon nombre, font à merveille leur partie dans le concert, mais je dois dire, à ma honte, que leur nom m’échappe au grand galop.
À la suite de cette cérémonie, qui naturellement avail amené les châtelains des environs, tous les vignerons à la ronde, en somme tous les.gens du pays, un banquet avait été préparé par les soins de délégués du comice agricole. Pour ce banquet on s’est réuni dans le bâtiment occupé maintenant par l’école des Frères; c’était jadis la maison de madame Bouquet, sœur du député girondin Guadet, maison pleine de souvenirs à la fois terribles et touchants.