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COSTUME DE BORDEAUX

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verdure et de fleurs, attendent ceux qui préfèrent, sous prétexte de pêche, se laisser glisser au gré du courant et au murmure de l’eau qui frise la berge, en prêtant indolemment lorcille aux appels des mariniers et aux chants lointains des vendangeurs.

Notez que l'hospitalité y est pratiquée plus magnifiquement et plus largement que dans les plus opulentes montagnes de l'Écosse. Aussi, pendant la saison chère aux vendangeurs et aux propriétaires, le château ne désemplit pas : princesses, marquises, comtesses, jusqu'aux simples baronnes, et celles même qui ne sont rien du tout que jolies, charmantes, élégantes et du meilleur monde, s’y succèdent à l’envi, et souvent les calèches font queue dans la grande avenue.

Notre bonne fortune nous y a fait rencontrer la plus charmante fournée de princesses et de marquises que l’on puisse voir. Par une fantaisie de jolies femmes, elles avaient arboré sur leur tête ce fichu coloré si coquet que por-

laient jadis, et que portent encore les jeunes filles de Bordeaux; malheureusement , ces dernières semblent l’abandonner.

À vrai dire, c’était charmant. Si ce fichu quitte Bordeaux, ces dames sont capables de lui donner ses grandes entrées à Paris.

Il faut ne pas oublier le point de vue vinicole qui doit nous préoccuper tout particulièrement, et nous ne devons pas nous laisser distraire, quel qu'en soit notre désir. Les pressoirs, les celliers, sont du vieux système et conçus comme à Laflitte et dans les anciennes exploitations vinicoles. Mais il faut parcourir les chais, qui passent pour les plus magnifiques et les plus monu-

mentaux du Médoc, avec leurs puissantes colonnes qui supportent les voûtes, et ne pas oublier surtout de goûter : vous affligeriez certainement l’aimable propriétaire; et puis, le château-margaux d’une bonne année est toute une poésie |

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