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LA TERRE, LES DÉFRICHEMENTS, LES CÉPAGES, LES FUMURES, ETC

CHATEAU-LAHOURINGUE

Avanr que vous quittiez ce bon pays du Médoc, nous dit un matin M. Gustave Roy, dont nous avons admiré à si juste titre les remarquables installations au château d’Issan, il faut absolument que vous visiliez une des curiosités du pays.

— AU right! avons-nous répondu.

En une heure, un coupé, traîné par un rapide et vigoureux cheval anglais, nous conduit, à travers ces jolies routes soignées comme celles d’un parc,

jalonnées à chaque détour du chemin par des constructions vinicoles et des châteaux coquets et renommés à différents degrés pour leurs produits, vers une croupe de terrain qui domine un charmant paysage, couronné de bois, la commune de Macau faisant perspective vers le fond, sur le chemin de fer dont les trains fument à l’horizon. |

— Regardez, nous dit-il.

De nombreux ouvriers creusaient la terre el traçaient, sur une assez longue étendue, une ligne de circonvallation. Les déblais s’accumulaient sur les flancs du coteau, les brouettes circulaient, les pioches s’abattaient sans relâche, et, sur le sommet, un homme, à allure réfléchie, donnait les ordres et commandait le mouvement à la troupe. |

— Ah çà, ce bon pays serait-il menacé? Où est l'ennemi? pourquoi donc ce fort ou cette redoute? pourquoi cet ingénieur et ces ouvriers ?

— Non, non, répondit M. Roy, ce pays n’est plus menacé, il n'a An que des amis. Le Anglais, qui le tenaient jadis, ont cessé d'y penser autrement que pour en savourer chez eux les produits.

Ceci n’est pas une forteresse; cet ingénieur west pas un soldat. Ces ouvriers sont des viticulteurs, et celui que vous supposiez un officier est tout simplement un bon bourgeois; regardez-le plus attentivement : c’est une figure toute parisienne et connue de tous, vous le reconnaïtrez.

— Le fait est qu’il ressemble prodigieusement à Bignon.

— Cela ne doit pas vous étonner; c’est Bignon lui-même.

Et, laissez-moi vous le dire, ce Bignon est un type.

Un type de travail, de volonté, de persévérance, et par conséquent de succès.

Vous l'avez vu à Paris, la serviette de commandement à la main, guidant des bataillons de garçons au tablier blanc, prenant soin des myriades de consommateurs établis autour de ce qu’il y a de plus recherché et de meilleur dans le monde, parmi ce qui se boit ou ce qui se mange.

C’est là le café Riche, où se donnent rendez-vous tous ceux qui sont friands de Paris et y accourent de tous les coins connus et inconnus.

Mais il n’y a là qu'une partie de cet homme; le reste, le principal, est autre part et souvent ici, comme vous le voyez.

Ce ne sont plus des garçons de restaurant, ce sont des vignerons et des viticulteurs qu'il mène au doigt et à l'œil, comme autre part, dans une autre propriété qu’il possède à Theneuil, en Bourbonnais, il conduit haut la main une armée de bouviers, de laboureurs et de cultivateurs de toute sorte.

J'aime à suivre avec le plus grand intérêt la vie de cet honnête homme,

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