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LES GRANDES ANNÉES

Le vin de Bordeaux, d’après ce que nous venons de raconter, est donc en possession de la majeure partie de ses qualités au bout de trois ou quatre ans d'éducation au vignoble natal, ou dans quelque chaïi d’une maison importante et soigneuse de Bordeaux.

Il s'améliore encore pendant dix ou douze ans de repos dans une cave bien combinée, ni trop humide et fraîche, ni trop chaude, reste à peu près stalionnaire pendant trois ou quatre ans, puis commence une période descendante qui le conduit tout doucement à la valeur du sirop de groseilles étendu d’eau, ou bien tout simplement de l’eau faiblement sucrée.

Somme toute, un vin d’un grand cru, d’une grande année, est excellent dans la période de cinq à dix années d'âge, parfait de dix à quinze ans, bon de quinze à vingt; à partir de là, en thèse générale, il décroît incessamment jusqu’à sa mort.

Ce qui n’empêche pas que, dans des maisons privilégiées, on ne nous ait fait boire du château-margaux et du laffite exquis de 1848, et du châteauyquem inénarrable né en l'an de grâce 1847.

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