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LE MADIRAN, LE PEYRIGUÈRE

ALLER de Bordeaux aux Pyrénées, ce n’est

ni long ni difficile. Le chemin de fer vous y conduit en quelques tours de roue, à travers

X., un pays dont l'aspect se différencie de plus en —} 2e plus de celui auquel l'œil s’est habitué, lorsqu'il | (43 A vient de parcourir les régions voisines de Bor-

/ deaux, où la vigne est une richesse et une puis-

sance de premier ordre.

On me cite bien le vin de sable, ainsi nommé parce qu'il provient des vignes qui poussent sur les dunes, et donnent néanmoins un raisin d’une assez bonne qualité. Mais cela n’occupe que peu le sol, voué principalement à la culture des pins et à la récolte fructueuse de la résine.

À mesure que l’on avance dans la plaine, on est frappé du changement de la culture. La vigne devient rare, et le maïs dresse ses puissants épis dorés à la place des pampres verts.

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Quand on approche des montagnes, la vigne commence à reparaître; elle s’est transformée. Au lieu de ramper sur le sol, ou de se hisser péniblement sur des cavassons, des lattes ou des fils de fer, elle s’élance fièrement, étreint avec vigueur des arbres élevés, et les couvre de ses pampres, de ses feuilles et de ses fruits.

Aux portes de Tarbes, dans le cariton de Vic, et jusqu’à Maubourguet, on voit des forêts d'arbres portant chacun un ou deux ceps de vigne, disposés en carrés à {rois ou quatre mètres, avec ou sans lianes réunissant les arbres, en lignes parallèles ou croisés en damier.

Chaque arbre est vivant, et porte une ou deux branches d'alimentation ou lire-séve; en sorte que les vignes qui sont installées ainsi ressemblent à des bois d’ormes, d’érables, de merisiers, de frênes, etc. Les vins fournis par ce genre de cullure sont, il est vrai, très-verts, peu alcooliques et peu estimés. Ils se consomment héroïquement sur place, ou dans la montagne.

Cest la vigne mariée à l’ormeau comme on la mariait jadis, suivant Virgile, au temps des Bucoliques. Ce mariage a des résultats plus pittoresques d'aspect que satisfaisants au point de vue de la qualité des produits.

Il est certain que la double affluence des feuilles propres à chacun des conjoints vient trop abriter le fruit des regards féconds du soleil, et ne lui permet pas d'arriver à la maturité complète nécessaire à la production d’un bon vin.

Aussi, pour obvier à cet inconvénient de premier ordre, a-t-on imaginé de substituer aux arbres, sur les coteaux de Madiran, de Peyriguère, de Jurançon notamment, de grands échalas ou poteaux, sur lesquels on attache, à 1,80 ou 2 mètres de terre, un échalas en croix de 1 mètre ou 1",20 de saillie horizontale; cet arrangement est destiné à remplacer arbre et sa tige. Remplacement avantageux, puisque les échalas n’ont pas de feuilles qui interceptent l’action du soleil, et qu’ils peuvent s’improviser rapidement partout, tandis qu’il faut attendre plusieurs années pour obtenir des arbres et en conduire les branches dans les conditions voulues.

Dans tous ces endroits, par une prudence et une économie bien entendues, deux ceps de vigne sont plantés au pied de chaque poteau et y sont fortement

attachés jusqu’au collet par plusieurs liens d’osier; à partir de la barre

transversale, ils sont taillés chacun à leurs branches à fruit, qui doivent s’étaler et se répandre sur la ligne de la barre.

Le docteur Guyot assure que cette culture est préférable de tout point, en raison de la température particulière au pays. Dans cette région, il est constant que les vignes hautes donnent des vins supérieurs aux vins des vignes sur terre. |

Ce fait n’a rien d’étonnant dans un pays où la maturité est plutôt excessive qu’insuffisante. Il ne se produirait pas, ou donnerait des résultats inverses, dans des climats moins chauds, car il est démontré que plus le raisin est près de terre, plus il màrit vite et mieux il complète sa maturité.

Un autre fait à constater est celui-ci, que cette culture est favorable à la vigueur de végétation et à la longévité de la vigne, car la vigne est destinée par la nature à établir et à nourrir l'épanouissement de sa tige à une certaine hauteur, et à mesure que l’on satisfait mieux, dans ce sens, à l'exigence de son organisation, elle donne en proportion des pousses plus vigoureuses et plus étendues, et elle devient capable de porter une plus grande quantité de fruits, sans diminuer ses forces et abréger sa vie.

M. le marquis de Franclieu est lagriculteur et le viniculteur le plus considérable et le plus considéré du pays; toutes ou presque toutes ses vignes sont ainsi disposées et aménagées, et, grâce aux soins assidus qu'il fait donner à ses vignes, il obtient des résultats remarquables. La plus grande partie du cru de Madiran, cru célèbre dans le pays, appartient au marquis de Franclieu.

Les vignes hautes ont eu uu moment de discrédit, est celui où l’on a observé que l’oïdium les attaquait de préférence aux vignes basses. Mais le soufrage ayant eu raison de l’oïdium, et sur les vignes basses et sur les vignes hautes, la confiance a repris de plus belle; car il est constant que les gelées de printemps qui afligent les vignes basses ne produisent que trèsrarement des dommages sur les autres.

Une considération nouvelle s'ajoute aux précédentes : c’est que la vigne haute, plus vigoureuse, plus énergique, résiste incomparablement mieux que \ l'autre aux attaques de ce nouvel ennemi, le phylloxera, qui exerce sur cette dernière les ravages les plus désastreux.

Un savant voyageur et entomologiste expérimenté, M. Edouard André, qui vient de parcourir l'Amérique et a étudié, en passant dans les diverses con=

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COSTUMES ET VISAGES

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