BASSES-PYRÉNÉES
— Le phylloxera, monsieur, il ne grimpera jamais sur des vignes
si hautes que les nôtres, il n'oserait pas.
trées, la vigne américaine, dont on veut, bien à tort, selon lui, repeupler les régions françaises dévastées , a trouvé partout les racines de la vigne américaine travaillées par l’affreux insecte, qui y règne à l’état endémique.
Mais la vigne, en Amérique, n’est pas cultivée comme en France. Vigoureuse, énergique, violente, elle se cramponne aux plus grands arbres, escalade leurs plus hautes branches , et les étreint furieusement comme un boa constrictor, les couvrant de ses feuilles et de ses aigres fruits.
Elle puise sans doute cette exubérance de force autant dans l'air ambiant que dans les racines, et elle attire probablement la séve avec tant de force que les insectes qui vivent à ses dépens ne peuvent la tarir à leur profit.
Le phylloxera , importé en France avec les ceps américains, ne se trouvant pas annulé dans son action par le développement des forces vitales de la vigne dues au régime particulier où elle est soumise en Amérique, devient un ennemi mortel lorsqu'il attaque la vigne cultivée près de terre, suivant l'habitude générale en France , et ne prenant sa vie que dans ses racines.
Comme conclusion, le savant voyageur déclare que, selon lui, limporlation des ceps américains, sans l'importation du sol auquel ils sont habitués et de leur manière de vivre sur ce sol natal, est un danger des plus graves; car c’est un moyen de plus de propager le phylloxera, qui vit chez eux à Pétat chronique, et, cultivés en vignes basses, à la facon française, ils ne résisteront pas plus que nos vignes aux attaques du fléau.