V. brillant, léger, suave
Plateaux compris entre son cours et celui de la Dordogne. C’est-à-dire qu’elle s’étendra sur toutes les natures de terres aHectées parmi nous à la culture de la vigne et à la production des vins renommés et autres.
D’après cette coupe, si l’on part du sud-ouest, des Lati-
des qui avoisinent Bordeaux et participent pins ou moins ü la nature des Graves, comme cela a déjà Heu dans les communes deCestas, Martignas, S. Médard, etc .., on voit les quelques vignes de ces communes donner des vins agréables, parfumés, mais manquant de force et de couleur, en un mot de petits vins. '
Arrivé sur la zùue des Graves, on rencontre les grands vins, rouges et blancs. CeiŒ des ÜKaves de Bordeaux ; ceux des Graves du Médoc; «eux dm Gram du Ciron. Là les qualités déjà remarquées sur les sables se sont fortifiées. il est résulté de leur réunion et de leur accord, une excessive finesse, une incomparable suavité : l’arôme et le bouquet ont pris un grand développement, la couleur s’est consolidée. On a les premiers vins du Bordelais ; des vins qui ne se font pas trop attendre, sont promptem'ent potables et ont également une durée assez étendue.
Sur les Palus qui viennent immédiatement après les Graves, à gauche et à droite de la Garonne, comme plus loin à gauebe et à droite de la Dordogne, les vins se montrent d’abord très-colorés et empreints d’une certaine rudesse. Mais, avec le temps, cette couleur s atténue, leur arôme se développe et c’est là encore un des plus remarquables produits de la contrée.
Viennent les Côtes, nature de terres sur lesquelles les vins ont de la force, qu’ils doivent sans doute à une plus grande proportion d’alcool. De la couleur, de la durée, mais avec moins de finesse et de suavité.
Enfin, sur les Plateaux, on trouve aussi de la couleur, de la force même ; mais la distinction manque et les vins de cette provenance sont généralement consommés avant d’avoir vieilli et comme vins ordinaires.
Maintenant, s’il nous était permis de préciser isolément les matériaux principaux de nos terres à vignes voici, en-
ETABLISSEMENT DU VIGNOBLE
core comment nous pourrions assigner à chacun d’eux son genre d’influence.
f La silice, ou le sable siliceux, agit sur la légéreté, l’arôme, les qualités brillantes. Cela parait être du reste son rôle sur tous ses produits, notamment sur ses produits horticoles.
2* Le calciûre ou carbonate de chaux, agit sur la fermeté, sur la plus grande proportion d’alcool, sur la solidité, sur la durée aussL Quelquefois on lui doit, pour les vins blancs, le goût dit de pierre à fusil.
L'argile, ou silicale d’alumine, parait garantir de la douceur; elle semble aussi atténuer toutes les autres qualités, les fondre, les harmoniser. Quelquefois encore un lui attribue le goût dit de terroir.
A. Le fer assure de la couleur, de la durée.
5. L’humus, ou terreau naturel, semble porter d’abord h la rudesse, à l’âpreté; il semble agir aussi sur la couleur et sur la conservation en les augmentant.
Ces appréciations, que nous ne donnons du reste qu’avec une extrême réserve, font comprendre combien est complexe l’action de la terre sur le produit de la vigne.
De la sorte, on peut s’expliquer pourquoi ces produits sont si variables par rapport à leurs qualités; car les éléments eux-mêmes déterminants de ces qualités, peuvent varier à l’inflni dans les mélanges terreux ; non-seulement par rapport à leurs quantités relatives, mais ausii par rapport â une foule d’autres circonstances capables^ d’agir sur leur propre nature et de modifler ainsi leur degré d’influence.
Si l’on réfléchit également que tout cela néanmoins no constitue qu’une seule catégorie des causes déterminantes delà qualité des vins ; tandis que ces causes découlent encore de l’espèce ou variété du cépage cultivé; du
SI
système de culture suivi ; du climat et de la météorologie annuelle, on arrivera à coibprendre :
D’abord, pourquoi, comparativement aux médiocres ou mauvais, il y a si peu de bons vins;
En second lieu, pourquoi, là où les vins sont habituellement bons, ces produits néanmoins varient d’année à année, dans de si larges proportions. Pourquoi il y a si peu d’années à grands vins, à vins parfaits ; et pourquoi, nu contraire, il y en a tant à vins imparfaits, à vins médiocres, plusieurs mêmes à vins relativement mauvais.
Sans doute, l’art dont l’homuie dispose en général est immense. S^ns doute aussi celui dont il use, par l'agriculture, a une valeur capitale, puisque le poète a pu dire :
Mais l’art da labonreui peut tout apres les Dieux !
Et, cependant, qui ne reconnaît que dans cet art, tout ce qui est essentiellement déterminant du produit et surtout de la qualité de ce produit; soit d’une manière fixe et régulière , soit d’une manière variable et transitoire, dépend principalement du malire de la nature, do Dieu. « Et celui qui plante n’est rien, et celui qui arrose ; mais Dieu seul qui donne l’accroissement ! » (S. Paul : aux Corinthiens.)