‹ La Vigne dans le BordelaisChapitre 24 sur 73 · CO · texte numérisé non relu

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Les Palus, effectivement ont dû être, nous l’avons déjà dit, dans la contrée et à cause de leur précédent état de marais, les dernières terres qu’il a été possible de, mettre en vignes. Nous pourrions répéter aussi que le grand motif de cette transformation, la nécessité d’avoir un vin essentiellement propre aux expéditions d’outre mer, ne s’étant fait sentir réellement qu’après la découverte de l’Amérique ; qu’à l’époque où s’établirent les grandes relations qui existèrent si longtemps entre Bordeaux et les Antilles, principalement entre Bordeaux et Saint-Domingue.

D’après un viticulteur très-expérimenté du département de la Gironde, le Verdot serait primitivement parti delà commune de Cambianes, aurait suivi les Palus qui régnent sur la rive droite de la Garonne jusqu’à Montferrand; de la il aurait remonté la Dordogne, pour prendre possession d’abord de sa rive gauche, puis de sa rive droite, en se répandant dans le canton de Saint-André-de-Cubzac, etc.

Aujourd’hui les Palus le repoussent presque avec le même empressement qu’elles mirent autrefois à l’accueillir : non qu'il ait perdu de ses qualités primitives, mais parce qu'elles lui préfèrent des espèces plus productives. Mais aussi il a pénétré dans quelques autres localités et notamment dans le Médoc.

Dans tous les cas, les faits que nous venons de mentionner doivent remonter au moins au delà d’un siècle ; car, ainsi que le fait remarquer M. le comte Odart, l’au-: teur champenois Bidet (l) avait reçu sur ce cépage, il y a près de cent ans, des renseignements tout conformes à ceux que l’on pourrait réunir aujourd’hui.

(1) Ces renseignements, très-remaniuables en effet, sur tous les points de la viticulture en Guyenne, avalent été fournis à Bidet, nous l’avons déjU dit, par un Bordelais, lU. de Navarre.

ÉTABLISSEMENT Dü VIGNOBLE U»

Nous venons de remarquer aussi que, dans le Bordelais même, le Verdot est le plant qui sort on au moins qui sortait le moins, des terres toutes spéciales dont il constitue le principal revenu, des Palus, Quant aux autres contrées vinicoles de la France et de l’étranger, nous n’avons pas appris qu’on l’y ait jamais signalé sous un nom quelconque.

Ces faits n’ont rien qui doivent surprendre; car ce n’est que parmi nous et grftce au climat qui nous est particulier, qu’il est possible de cultiver en vignes des terres telles que celles qui nous occupent en ce moment, et d’en obtenir de bons vins.

Ces faits en outre, qu’on nous permette aussi de le faire remarquer, ont une grande valeur pour l’opinion qui veut que les cépages aient été modifiés et fixés tels que nous le voyons aujourd’hui, principalement par le sol. En voilà un qui ne serait pas sorti de son lieu natal, parce que nulle part ailleurs il n’aurait rencontré d’une manière sufQsante les circonstances dont il serait le résultat primitif. En voilà un également qui n’existerait peut-être pas, qu’il faudrait chercher en cas de besoin, inventer, si tontes ces circonstances ne l'avaient rendu nécessaire.

2*. Variétés et synonimie. — Le Verdot compte deux variétés principales, particulièrement basées sur le plus eu moins de grosseur du fruit :

*“ Le gros Verdot.

2“ Le petit Verdot.

La première de ces variétés aurait un produit plus abondant, on dit même plus régulier, mais la seconde donne des produits plus fins, plus délicats et c’est ce que l’on préfère, ou au moins ce que l’on préférait.

Quant à la synonimie de ce cépage, ce que nous venons

de dire d-dessus a déjà fait comprendre qu’elle ne peut pas être bien étendue. Nous ne connaissons pas en effet do localités dans le département de la Gironde et autres environnante, où on lui donne un nom différent' de celui qu’il porte dans les Palus. A moins cependant que le Fer. de la Dordogne, ne soit, comme le prétendent certains viticulteurs, notre Verdot (1).

CARACTÈRES BOTANIQUES

3“ Description. — 1. Tronc. — Très-fort dans les bonnes terres, se soutenant bien.

2. Sarments. — Gros, longs et à direction horizontale ; nœuds gros et prononcés. Entre-nœuds ou mérilhalles assez courts surtout dans le bas; écorce lisse mais souvent avec des raies parallèles, ou stries, saillantes, rougesbrun sur un fond gris terne; étui médulaire très-prononcé; boutons bruns; vriiles nombreuses.

3. Feuilles. — A trois lobes peu saillants, grands et pointus, séparés par une échancrure étroite et pei^ profonde; dentées légèrement et inégalement; au point d’insertion du pétiole, échancrure atteignant environ le tiers de la hauteur de la feuille, fermée. à sa base par le croisement des deux lobes inférieurs qui déterminent ainsi une ouverture comme si la feuille était perforée et lui donnent la forme du cœur; surface bosselée; couleur vert-clair. En dessous, nervures saillantes, duvet abondant, blanc, laineux. Pétiole fort long, arqué,

' rougeâtre.

(t) Dan» son mémoire commnnlqné à la 2* Mition de l’ouvr.ige de Ridet (i7t>9), ddJA cité, M. de .Navarre, à propos des Paius, parle d'un cépage commun qu’il nomme Gros-YUain.

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ETABLISSEMENT DU VIGNOBLE

4. Raisins. — Cylindrique peu serré, grains relativement petits, ronds, peau dure, très-noirs. Pépins gros. Pédoncules longs, verts. Pédicelles rosés.

CARACTÈRES AGRICOLES

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