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res, beaucoup' moins absolues il est vrai, mais tendant à justitierla même opinion, a Le fumer de la.vigne n’est universellement requis : seulement celle qui est en terre trop maigre a besoin d’amendement : car en fonds assez bon, elle ne désire que la bonne culture. Aussi d'employer indilfcremment toute sorte de fumiers à la vigne, n’est bien entendre cette sorte de ménage. »
Cette manière de raisonner est juste, s’il s’agit d’une vigne plantée dans une terre riche, ou dans une terre non encore fatiguée parce genre d’emploi; s’il s’agit d’une vigne dont on n’a pas intérêt à accélérer 1a production ; enQb s’il s’agit d’une vigne dont on craindrait, par cette accélération, d’altérer les produits sous les rapports de la qualité.
, Mais comme les vignes ne se trouvent pas toutes également comprises dans ce petit nombre de catégories dans la dernière particulièrement; elles peuvent souvent imposer, au principe rigoureuï qui les priverait d’engrais, certaines modifications. Il suit de là que ce principe n’est pas aussi absolu que semblerait le faire croire son énonciation ; qu’il peut être modifié et recevoir sans danger un grand nombre do tempéraments.
Dans bien des cas, donc, il est avantageux d’aider la production de la vigne, par l’emploi des engrais ; mais en observant pour cela des règles, également recommandées parla théorie et par la pratique, et que nous exposerons ci-après.
Tbéorle de la fumure de la vigne. — Rigoureusement, le nom d’engrais devrait être réservé aux seules matières d’origine organique, animales ou végétales, susceptibles de se décomposer dans la terre; susceptibles, par le fait de cette décomposition, de devenir solubles ou
TRAVAUX ANNUELS DU VIGNOBLE
gazeuzes et de pénétrer ainsi dans l’intérieur des plantes, pour leur servir d’aliment.
D’après cette distinction, on nommerait stimulants les matières de nature différente, dont l’application n’aurait pour but que d’augmenter l’énergie des plantes, d’ajouter à leur activité vitale. Enfln, celles dont l’action ne devrait porter que sur la terre elle-même, dans le but de modifier ses propriétés physiques, de les rendre plus avantageuses, prendraient le nom A’ amendements.
Pour ce qui est particulier à la vigne, ces distinctions sont d’autant plus difficiles à maintenir, qu’en général, cette plante n’admet que très-rarement des engrais purs et que, presque toujours au contraire, c’est un mélange varié d’engrais, de stimulants et d’amendements qu’il convient de lui accorder.
Quoi qu’il en soit, voici sut» quels principes se trouve basée l’application des engrais aux plantes cultivées en général et par conséquent à la vigne.
i* donner autant que possible à la plante qu’il s’agit de fumer, des substances identiques à celle que révélerait, dans sa propre composition, l’analyse chimique;
2* Choisir ces substances parmi, celles dont la décomposition et par conséquent la mise en liberté de leurs matériaux assimilables, correspondent le plus exactement possible aux besoins successifs de la plante à fumer.
Or, en ce qui touche au premier do ces principes, la vigne se trouve rangée, d’après les recherches de grand nombre de «avants, dans la catégorie des plantes dont le bois est riche en sels de potasse; dont l’écorce contient une grande proportion de carbonate de chaux, et dont la moëlle et les pépins offrent des proportions notables de phosphates calcaires.
Malgré leur incontestable valeur, malgré tout le profit
que doit en retirer la pratique agricole, nous ne croyons pas néanmoins qu’il peut être prudent encore de pousser trop avant les conséquences de ces données; d’autant naieux qu’en réalité les auteurs sont loin de s’entendre sur les chiffres, mêmes moyens, à assigner à l’importance relative de chacune des substances que nous venons d’énumérer.
Seulement, et en laissant de côté les variations qui peuvent être dues au cépage, au terrain, au climat, à la culture, etc., il semble établi que, dans les cendres des vignes, ii y a environ et pour 100 en poids:
, Potasse 20
Chaux 23
Ces faits, dans leur généralité, sont donc un précieux indice pour le choix à faire des engrais à accorder à la vigne. Déjà ils disent que ces engrais, quelle que soit leur nature, quelle que soit leur origine, doivent renfermer de la potasse et de la chaux.
Or, déjà également nous savons, par la pratique, et nous le remarquerons plus bas, que ce qui convient particulièrement à la vigne, ce sont, non des engrais purs, des engrais riches, et tels que les réclament grand nombre de plantes annuelles; mais bien de simples terreaux, des composts, des mélanges beaucoup plus fournis en substances minérales qu’en débris organiques proprement dits.
En ce qui touche au second principe ci-dessus établi, il faut remarquer encore que la vigne appartient aux végétaux ligneux; qu’elle fait partie des arbrisseaux, et que son existence, toujours très-longue comparativement à ceux que l’on qualilie d’herbacés, peut être comparée à celle des arbres des plus grandes dimensions.
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5ôt»
Dans cette situation, la plante dont nous nous occupons n’impose annuellement h la terre qui la nourrit que des exigences bornées. Elle lui demande, dans cette durée, non de quoi constituer son individu tout entier,, comme les plantes annuelles, mais de quoi satisfaire un entretien borne : de quoi réparer les pertes qu’elle a faites en sarments retranchés par la taille, en feuilles tombées à l’antomne, en fruits cueillis pour fabriquer du vin.
Ces demandes mêmes, elle ne les lui fait pas spontanément, comme le froment dont la terre n’a reçu que le germe à développer, comme la pomme de terre qui devra sortir d’un tubercule et même d’une portion de tubercule. Elle les lui fait en quelque sorte avec ménagements, avec mesure, avec lenteur; car, si elle a à réparer des pertes, si la terre doit concourir à cette réparation ; en elle-même, dans les racines, dans les troncs, dans les branches qui la constituent principalement et qu’on lui a laissés, elle avait dés substances accumulées et élaborées; elle avait des réserves dont elle peut faire usage, qu’elle peut em- ■ployer pour les besoins immédiats du moment.
Sans doute, plus on l’aidera, et mieux, plus rapidement et plus complètement aussi, elle procédera aux réparations dont il s’agit. Cependant, à cela il y a des limites que l’on ne franchirait pas en vain ; des limites au-delà desquelles on ne passerait pas sans s’exposer à des dommages, même à des dangers pour la plante.
L’engrais dont la décomposition serait trop rapide, — et l’on sait que tel est le partage do ceux qui sont trèsriches, très-azotés, — appliqué à la vigne, amènerait plusieurs conséquences défhvorables.
Il la forcerait à s’emporter principalement en bois et en feuilles. Il pourrait aller jusqu’à nuire sensiblement, absolument même à la quantité de son fruit.