ÉTABLISSEMENT DU VIGNOBLE ET CHOIX DE SON EMPLACEMENT
« Croyei-m’en , SUvinus, d'après mon <1 eipèricnre : une vigne bien plantée, « qui est de bonne qualité et cultivée par « un bon agriculteur, récompense tou- « jours avee le pins grand intérêt, de l’ara gent qu'on dépense pour elle. *
tCoivaEU-s, U iV, ch, 3.)
L’établissoment du vignoble est une opération capitale qui demande de la réflexion, du soin et une connaissance profende, non-seulement des règles de la viticulture; mais de l’état de la localité dans laquelle on veut agir, du domaine sur lequel on veut opérer, de ses traditions, etc...
Il est vrai qu’ici encore, et bien souvent à l’insu de ceux qui s’en croient les inventeurs, bien des faits utiles, bien des renseignements précieux sont le fruit de l’observation et de la tradition locales, et constituent ce que tous savent, ce qui est la science de tout le monde. Loin de vouloir rejeter ce précieux secours, nous le proclamons, au contraire , avec tous les agronomes et pour toutes les . pratiques que comporte le sujet spécial qui nous occupe en ce moment, comme ayant une très-haute valeur, comme digne de toute l’attention de celui qui entreprend la tache difflcile d’établir une nouvelle vigne.
Aussi bien pour la vigne que pour toutes les plantes cultivées, il.y a bien longtemps que le choix à faire d’une terre n’est plus un acte auquel on peut procéder avec toute la liberté et toute la franchise d’action que comporte ce mot. 11 y a bien longtemps que, parmi nous, l’emploi donné à cette terre, sa répartition en domaines distincts, son morcellement ont mis obstacle à ce choix absolu : partage exclusif des sociétés primitives.
Aujourd’hui donc l’action de faire choix d’un emplacement ou d’une terre pour la vigne, ou pour tout autre emploi, n’est plus pour nous qu'une action purement relative et conventionnelle, et c’est ainsi que doit être entendu tout ce qui va suivre, tout ce que nous allons dire sur cet important sujet.
Nous considérerons d’abord la terre par rapport à l’influence pouvant résulter de ses circonstances intérieures, physiques et chimiques.
Puis, par rapport à l’influence pouvant résulter de ses circonstances extérieures.
Puis enfin, par rapport à l’influence pouvant résulter de ses emplois précédents et de son état actuel de culture.