LE COURS DE SA VÉGÉTATION
< SoarcDt les (lémonls, les hommes, les « animaux semblent s't'ire cnncfrtés pour
< porter de funestes atteintes â la c vipue. >
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On ne perdra pas de vue que toutes les pratiques de culture exposées dans le livre précédent, ont pour but de venir en aide à la vigne dans les périodes diverses de son développement annuel et normal. On ne perdra pas de vue non plus qu’il s’agit, pour chacune de ces pratiques, d’ajouter ou de retrancher à l’action première qui y donne lieu ; de modifier, de diriger cette action.
Or, ceci démontre qu’en dehors du pouvoir de l’homme en matière de culture, pouvoir immense et bien fait sans doute pour commander un légitime amour-propre, il est un autre pouvoir, beaucoup plus grand encore et tout h fait digne aussi d’exciter son admiration ; pouvoir qui donne la vie au végétal, le pousse vers son développement et lui fait successivement traverser les périodes do son existence annuelle.
Ce second pouvoir peut souvent se trouver en désaccord
de vues avec le premier, il peut en gêner l’effet, en contrarier les résultats (1).
Cette gêne et cette contradiction, peuvent particulièrement résulter de l’action des agents naturels : de la chaleur, ou trcp faible, ou trop forte ; de l’humidité, ou trop rare, ou trop abondante, etc., etc.
En outre de cela, l’état de civilisation dans lequel la vigne vit, dans lequel nous la forçons à vivre, peut aussi devenir, pour elle, l’occasion d’accidents et de souffrances. Les autres végétaux, les animaux, l’homme lui-même, peuvent lui causer des dommages plus ou moins sensibles, et imposer ainsi à ses produits une diminution, à leur qualité une altération quelconques.
Enfin la grande loi naturelle qui veut que tout prenne fin, peut s’étendre sur elle-même avant le temps qui devrait mesurer son existence. Bien que son organisation, comme celle de tous les végétaux, soit très-simple, cette organisation néanmoins peut s’altérer, la vigne peut contracter des maladies, soit par des causes intérieures, soit par des causes extérieures.
(1) A la rignear même ce désacconl se rencontre toujours, car, dans l’existence et le développement dn végétal, la nature a rarement le même but que l'homme et ce but, quand il est identique, diffère encore par ses proportions.
Ainsi le but essentiel de la nature, c'est le maintien de ce qui existe, c'est la formation de la graine pour la perpétuation de chaque espèce de plante.
Nous-mêmes, en cultivant le blé, par exemple, nous avons le même but, puisque nous nous nourrissons de sa graine ; mais cette graine, nous la désirons bien plus abondante et bien plus belle qu'elle ne serait dans l'état de nature.
Eu cultivant la vigne, ce but n'est plus le même. Pour la nature, la graine, les pépins; pour nous, le fruit, aussi abondant, aussi beau que possible. Le fruit, même aux dépens de cette graine à laquelle nous n'attachons aucun prix.
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ExaminoDs avec soin tout ce nouvel ordre de faits, il est digne de notre attention.