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qu’il devrait exprimer l’état le plus habituel du vin, ce qui n’est pas cependant : c’est le mot ordinaire. Mais on remarquera qu'il s’agit ici, non du genre d’influence annuelle le plus fréquent, mais de la qualité du vin, effectivement ordinaire, puisqu’elle ne se distingue ni par aucun des degrés de l’ordre supérieur, ni par aucun des degrés de l’ordre inférieur.
années, et accuse môme souvent, entre ces années et sans transitions, les didérences les plus tranchées. Ainsi de 4811 à 1812, de 1815 à 1816, de 1844 à 1843.
L’explication de ce phénomène se trouve dans la nature tout à fait distincte des causes qui concourent à la production de la denrée avec laquelle on fait le vin, à la production du raisin. Ces causes sont la vie propre à l’individu végétal, au pied de vigne; la terre dans laquelle il est planté ; les opérations de culture dont on le rend l’objet ; les expressions météorologiques qu’il subit.
Or, sur ces causes, les trois premières doivent être considérées comme fixes. La vie végétale est une des conséquences des lois immuables de la nature. La terre, si elle éprouve des changements, a besoin pour leur manifestation d’une durée qui équivaut ici à la fixité. La culture, on l’a vu, depuis les temps les plus reculés s’astreint k des règles qui sont, au fond, toujours les mêmes. Seuls, les phénomènes météorologiques peuvent varier et varient effectivement.
Cotte variation néanmoins rie porte que sur la forme, en quelque sorte sur les détails, puisqu’il est possible, dans nos climats tempérés, d’établir des moyennes principalement pour la chaleur et l’humidité : les deux principaux agents météorologiques. Mais s’il est vrai de dire que dans l’ensemble, ce sont ces moyennes qui règlent la végétation; qui lui donnent, selon les saisons, ses caractères* distincts; qui assurent, en définitive, ses résultats annuels. Dans les détails et par rapport à leur manifestation successive, il faut reconnaître aussi qu’elles peuvent beaucoup, par leurs variations, contrarier ou favoriser le cours de la vie végétale ; se montrer hostiles ou favorables à ses expressions diverses; imposer aux produits des caractères plus ou moins tranchés; en un mot, régler essentiellement la qualité de ces derniers.
RÉSULTATS DU VIONORLE
Remarquons tout ce qu’il peut y avoir de favorable ou de défavorable , selon le cas, dans deux ordres de faits devant amener un résultat commun, devant agir ensemble et procédant : l’un en vertu de lois, de conditions et de pratiques régulières; l’autre en vertu de lois qui permettent, qui semblent commander, au contraire, une variation incessante.
Les causes régulières qui poussent la végétation dans son mouvement annuel, peuvent être comparées à celles qui font également avancer sur les rails un train de chemin de fer. Les causes irrégulières éventuelles sont celles qui doivent fournir au train les voyageurs et les marchandises qu’il est disposé à prendre à chaque station. Pour que le voyage soit heureux et fructueux, il faut donc qu'il y ait accord entre ces deux sortes de causes : accord dans leur production, accord dans leur rencontre. Dans la végétation, cet accord peut cesser :
1° Quand tout ou partie des expressions météorologiques sont en excès ou en défaut;
2' Quand leur manifestation ne répond pas aux besoins de la plante, qu’à son égard elles sont hors de temps.
Nous avons déjà vu combien sont fréquents ces excès et ces défauts, et, puisqu’ils peuvent aller jusqu’à compromettre le produit, sous le rapport de la quantité, quelquefois jusqu’à l’anéantir complètement, à plus forte raison est-il facile de comprendre quelle peut être leur action sur la qualité : si impressionnable, si sensible, si chanceuse.
Mais ce qui vient plus ordinairement la troubler cette qualité ; ce qui fait que si rarement il lui est permis d’atteindre toutes ses perfections, c’est le défaut de rencontre, de parallélisme, si l’on peut ainsi parler, entre, d’une part, les périodes successives do développement annuel
rie la vigne, et, de l’autre, la manifestation, la durée, l’intensité, l’opportunité des phénomènes météorologiques dont chacune d’elles réclame le concours.
Ce défaut qui peut, qui doit nécessairement se rencontrer, se rencontrer souvent, entre ce qui se produit par nature d’une manière fixe et régulière, et ce qui, par nature aussi, se manifeste, en quelque sorte, sans règles et sans fixité.
D’une manière générale, c’est là ce qui fait d’abord qu’une année se montre hâtive ou tardive. Or, d’une manière générale encore, l’observation a démontré que, dans ce dernier cas, rarement le produit en vin pouvait réunir de hautes perfections.
Pour tous les autres détails, il peut en être de même. Tantôt c’est la chaleur qui peut manquer le moment où la plante réclamerait son concours, ou encore le lui accorder en excès ou on défaut. Tantôt c’est l’humidité qui peut affecter des dérangements analogues.
11 peut arriver encore, au printemps surtout, et c’est là un des graves dangers de notre climat; que la saison s’établisse d’une manière irrégulière et par soubresauts : favorisant et contrariant tour à tour le développement de la plante et l’accomplissement normal des phénomènes physiologiques que comporte ce développement.
Il peut arriver, selon les années, de notables différences dans le concours que prêteront les manifestations météorologiques, selon la situation, selon la composition, selon l’état, etc.., du vignoble : circonstances ellesmêmes extrêmement variables. Circonstances qui expliquent pourquoi, par exemple, dans une année qui aura été favorable à la généralité, certains crûs cependant auront été beaucoup plus favorisés que d’autres et réciproquement.
RÉSULTATS DU VIGNOBLE