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Certes tous ces faits et tant d’autres que nous pourrions citer encore, sont très-communs et, de la sorte, on s’explique pourquoi sont en definitive si peu nombreux les grands succès en-vins ; pourquoi chaque siècle en compte un si petit nombre; pourquoi ils fontépoque dans les annales de la viticulture.
Ici d’ailleurs s’ofTre un nouvel exemple de cette grande loi de la nature, qui fait de l’association, de la concordance, de l’harmonie en un mot, des moyens de production, la condition du succès et la perfection des résultats obtenus. Dans le ciel, c’est l’harmonie de la direction et du mouvement des astres, harmonie que Newton croyait entendre et qui le plongeait dans l’extase, qui garantit la durée, la majesté, la pompe des phénomènes dont nous sommes témoins. Sur la terre, autour de nous, ce sont des conditions analogues, qui assurent à certains êtres, animaux ou végétaux, les qualités qui commandent notre admiration.
Tout porte à penser même que l’on se tromperait, en supposant qu’il serait possible à l’homme d’éviter ces résultats, s’il pouvait lui être donné de régler l’émission des météores, comme il règle les opérations de la culture. S’il pouvait, comme le métayer de Jupiter, disposer,
du chaud, du froid, du beau temps, delà bise,
eu&ü du sec et du mouillé.
Dans ces circonstances encore, qui lui ferait connaître les besoins do la plante, qui lui en révélerait le moment et le degré précis? Toutes conditions nécessairement dépendantes de causes passées ou présentes et tout aussi difficiles à constater.
Qui nous dira au surplus qu’il n’en est pas des années, par rapport à la qualité, commodes contrées, par rapport
à la diversité de leurs produits ? Qui nous dira que là aussi il n’y a pas une vue providentielle ; un motif d’émulation pour le cultivateur, un moyen de faire ressortir l’importance, d’élever la valeur, d’exciter la recherche des denrées obtenues de la terre?
A l’égard de la quantité, les résultats sont analogues et se lient également de la manière la plus directe à des causes de la même nature, soit que nous puissions les constater, soit qu’elles nous restent inconnues. Par exemple, faut-il admettre chez les arbres fruitiers en général et conformément auxidées des praticiens, une sorte d’alternance dans la quantité de leurs produits; faut- il considérer une anm'e abondante, comme devant être nécessairement suivie, en quelque sorte rachetée, par d’autres qui ne le sont pas, qui ne peuvent pas l’élre?
Sans vouloir résoudre une question aussi difQcile, nous ferons remarquer simplement que les annéesqualifiées de très-abondantes, sont certainement les plus rares. Dans notre tableau, sur soixante-six, nous n’en comptons que six. La première, 1829, venue après vingt-huit autres qui n’avaient pu être qualifiées de la même manière, fut séparée de la seconde, 1833, par une année moyenne et deux réduites. La troisième, 1835, fut séparée de 1833, par une seule année, mais dont la récolte fut disetteuse. La quatrième, 1840, vint après quatre années, une année abondante et trois moycnucs. La cinquième, 1847, fut, il est vrai, immédiatement suivie de la sixième, 1848; mais après et jusqu’à 1866 les produits furent tellement bas que l’on compta neuf années disetteuses sur dix-huit. Il est vrai qu’alors régna la maladie dans toute son intensité.
Un autre rapprochement, non moins curieux, c’est celui qui peut être fait entre les appréciations qualitatives et les appréciations quantitatives.
RESULTATS DU VIGNOBLE
L'ne seule fois, de 1801 à 1866, en 1811, on a pu concilier les deux expressions excellente et abondante. Mais jamais celte première expression, la plus élevée en qualité, n’a pu s’accorder avec celle-ci très-abondante, la plus élevée en quantité.
A l’égard des six années qualifiées de très-abondantes et dont nous nous occupions ci-dessus, voici quels furent leurs rapports avec la qualité.
Quatre : 1833,1840, 1847, 1848, furent 6oh/ics;
line : 1833, fut nié'iiurce;
Une ; 1829, fut très-mauvaise.
Quant aux quatorze années que nous avons qualifiées de très-bonnes, voici ce qu’elles furent sous le rapport de la quantité.
Quatre : 1805, 1819, 1841, 1844, furent abondantes;
Qu.itre : 18o2, 1815, 1825, 1864, furent woj/ai/ies ;
Quatre : 1822, 1831, 1846, 1858, furent r^uifes;
Deux : 1834, 1862, furent eitaeffeuses.
Comme conclusion de tout ce qui précède, il semble que l’on peut dire :
1" Que les variations des récoltes de vin, d’année à année et par rapport à la qualité, sont excessives;
2* Qu’il en est de môme quant à la quantité;
3° Que les appréciations qualitatives et quantitatives semblent d’autant plus devenir exclusives les unes des autres, qu’on se i4pproche davantage de celles qui marquent les degrés les plus élevés, de part et d’autre (l).
( I ) Ici SC rencontre une nouvelle démonstration de la difficulté capitale qu'offre la conciliation, en agriculture, de la qualité et de la quantité. Cette difficuUé, dans son principe, le monde au surplus nous la présente de toute part, aussi bien dans l'ordre physique que dans l'ordre moral.
Elle est eu mécanique, où la vitesse à produire est exclusive de la force à obtenir et réciproquement.
Elle est et nous la constatons trop souvent, dans le caractère des hom-
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Au surplus et des deux côtés, ces variations, conséquences principales de l’action météorologique, sont la conGrmation éclatante du sens profond exprimé par ces paroles du poëte-astronome grec, Aratus, et souvent répétées après lui :
Anitus frudificat non terra.