PRÉVUS
Repos extérieur.
Production de racines, etc.
IHPRÉVUS.
Destruction par le froid.
Souffrances par l'humidité.
Mime lorsque le cep, privé de sa parure.
Cède aux froids aquilons un reste de verdure. Déjà son maître y court et, reprenant le fer. Aux. trésors de l'automne aspire dés l'hiver.
(VinciLe : G-wjf. Ch. II.)
Pendant l’hiver, et malgré les apparences contraires, le repos de la végétation n’est pas complet, toute vio n’a pas entièrement cessé chez la plante. Loin de là, il est en
(1) Comme les météorologistes et pour la plus grande simplicité des calculs, nous composons chaque saismi de trois mois justes.
(2) Les chiffres dont nous faisons u.sage sont les résultats des douze an* nées, de 18SS à 1806, que nous avons observées nons-mème; risnltats qui du reste et à très-peu de cliosu pré.s, s'accordent avec ceux que 1 ou connaissait déjà.
Pour nous en servir et pour rendre facilement saisissablcs les rapports qu'ils ont entre eux, suivant les saisons, nous exprimous par 100, aussi bien le total de la chaleur que celui de l'humidité annuelle et nous répartissons ce total proportionuellement sur chacune des saisons.
LA VIGNE DANS LE liORDELAIS
elle des organes qui continuent à fonctionner, des phénomènes vitaux qui continuentèse produire; en un mot, ces êtres ne sont pas morts : circonstance que démontre la physiologie et que confirmeront plus tard d’incontestables résultats.
Parmi ces derniers, en voici quelques-uns d’une appréciation plus facile, d’une constatation en quelque sorte pratique et que l’on peut citer :
1° Un grossissement notable des boutons pendant cette .'aison ; grossissement qui ne peut être que la conséquence du mouvement vital qui les forma d’abord, quel que soit d’ailleurs l’alTaiblissement de ce mouvement;
2^ Un plus grand grossissement encore de ces boutons et une plus prompte foliation au printemps, chez l’arbre taillé à l’automne : l’hiver ayant accumulé dans ses parties ainsi réduites une quantité de nourriture, nécessairement mojns disséminée que chez le sujet taillé seulement au printemps;
3» Une pousse plus prompte de l’arbre planté à l’automne: de l’arbre qui aura eu plus de temps, par conséquent, pour pomper des sucs que lui afournis la terre pendant l’hiver;
4“ L’émission pendant l’hiver, conformément aux observations de Duhamel, des petites racines dont se garnissent les arbres dans cette saison de repos ; émission qu’a pour but de favoriser la première façon, la façon la plus énergique annuellement donnée à la vigne.
Faisons remarquer, d’ailleurs, qu’il no s’agit en ce moment que d’une existence extrêmement réduite; d’une existence essentiellementpassive et rigoureusement indispensable, pour prévenir la rupture complète que paraîtraient accuser les circonstances extérieures, les phénomènes apparents, entre l’existence active quia précédé ce repos et celle qui le suivra.
RÉSULTATS DO VIGNOBLE 649
Ce qui se passe ici, par rapport aux plantes, n’est pas sans exemple non plus chez les animaux. Il en est eiïectivement, parmi ces derniers, que l’on dirait morts durant certaines saisons de l’année, l'hiver parliculièrement. Chez eux également, les fonctions de la vie ne sont plus exercées que par les organes les plus indispensables et les plus intérieurs et sans que rien au dehors en trahisse le jeu.
La vigne, qui appartient à la grande division des plantes ligneuses et de plus à la catégorie de ces plantes dites à feuilles caduques, est une de celles qui subissent le plus régulièrement cette mort apparente; une de celles dont la transformation, pendant l’hiver, est la plus profonde et la plus complète.
A peine les vendanges sont-elles terminées que l'on voit SC produire chez elle les circonstances diverses qui devront amener ces changements. Par un phénomène de végétation expliqué ailleurs, ses feuilles prennent d’abord une teinte variant du jaune au rouge plus ou moins vif; en même temps elles se dessèchent, elles se roidissent de plus en plus, au point que bientôt le moindre vent, la moindre secousse, suffiront pour les détacher des sarments.
Mais la saison qui marche et se fortifie tous les jours, l’hiver, a des moyens bien plus énergiques encore et bien plus sûrs pour déterminer cette chute et pour la rendre générale. Qu’une première gelée se manifeste, et le changement est complet, et le vignoble tout entier n’offre plus que des troncs noircis, des sarments dépouillés, tout à fait en harmonie avec l’état des jours sombres, pluvieux et froids, à cette époque de l’année.
Aussi, avertis par leur instinct, les hôtes nombreux qui habitaient ces lieux, insectes, oiseaux, etc. .., et s’en étaient
fait un refuge, les ont-ils abandonnés. La grive elle-niêaie a suivi cet exemple, n’y trouvant plus le fruit dont bien à tort, au dire des naturalistes, on lui reproche d’abuser (i). Tout au plus, quand le soleil lance encore ses pâles rayons, y rencontre-t-on le pinson, suivant sans obstacles les nombreuses évolutions, du tronc au sarment, du sarment à l’échalas ; le pinson dont l’oreille saisit avec plaisir le cri joyeux ; comme un souvenir de la saison qui a vu finir les beaux jours, comme une espérance de celle qui les ramènera.
Voilà l'œuvre de la nature, voilà le résultat des moyens dont elle dispose pour agir sur la végétation : moyens bien puissants sans doute, mais dont l’action, cependant, résulte beaucoup moins de la valeur et de la force de chacun d’eux que des nouveaux rapports établis entre ces forces respectives; ce qui explique pourquoi, de la part de la nature, les causes paraissent si restreintes et les ellets si grands, si divers et si muitipliés. En cette circonstance, eOectivement, qu’a-t-il fallu à la main puissante du Créateur pour changer d’une manière si complète l’aspect de la végétation ; pour remplacer l’activité par le repos, la joie par la tristesse, la vie par une mort apparente? A-t-il fallu changer les moyens employés? Evidemment non, iis sont restés les mêmes : c’est toujours la chaleur et l’humidité ; seulement il a suffi d’altérer l’état de leurs rapports précédents, d’abaisser proportionnellement la chaleur, d’élever proportionnellement l’humidité; il a suffi de faire succéder l’hiver à l’automne.
Durant cette mort apparente de ia plante à laquelle il prodigue ses travaux et ses soins, le vigneron, qui n’a cessé de s’en occuper quelques jours que pour faire subir
(I) Nona avons va, ci-dessus, combien ce reprocdie itait peu fondé.
RÉSULTATS DU VIGNOBLE
à son fruit la transformation capitale d’où résulte le vin; le vigneron, que ses souvenirs et ses affections rappellent auprès d’elle, prend de nouveau le chemin du vignoble. Les choses y ont bien changé depuis le moment où, plein de joie et de reconnaissance, il cueillait ce fruit précieux. Les haies qui le protégeaient sont ouvertes de toutes parts, les échalas sont ébranlés, les sarments sont détachés ou cassés, une épaisse couche de feuilles couvre le sol et comme un vaste ossuaire retentit sous ses pieds. Tout cela néanmoins ne saurait le rebuter : l’expérience lui a appris que c’est ainsi que finissent et commencent ses années de labeurs : comme le père de famille qui prête à ses enfants des qualités qu’ils n’ont pas encore, son imagination lui représente déjà tous les charmes que feront renaître le printemps et l’été; son espérance lui montre en perspective les trésors dont le comblera l’automne; ainsi son courage se trouve raffermi, ainsi son ardeur prend une nouvelle force. Tant il est vrai qu’il faut à l’homme, jusque dans ses œuvres les plus précises et les plus mathématiques, des illusions, de la poésie : Dieu merci, l'agriculture ne manque ni des unes, ni de l’autre!
il va donc cet homme, tout à la fois, de la veille, du jour et du lendemain, car en agriculture encore toutes les pratiques se commandent, s’enchaînent et sont solidaires les unes des autres ; il va donc procéder aux opérations que comporte la saison : d’abord à celles qui sont d’une impérieuse obligation et qu’il faut répéter chaque année ; puis à celles qui, de temps à autre, doivent les compléter.
Parmi celles auxquelles le vigneron ne peut se soustraire, nommons, ou plutôt rappelons : la tailîe, qui devra harmoniser le cours de la sève et en utiliser le produit; qui devra assurer la paix, une paix féconde, là où se
seraient sans doute établies une lutte entre les parties du végétal appelées à profiter de cette sève, une prédominance en faveur de produits autres que ceux recherchés par la culture; Vechalassement, le liage, etc... qui devront assurer aux sarments un appui toujours utile, souvent indispensable.
Parmi celles qui sont purement facultatives ou réglées par certaines nécessités, certaines périodicités, nommons aussi le nettogage, qui débarrassera le cep de germes d’insectes et de végétation cryptogamique; Vébarbage, qui lui enlèvera des racines, ou mal placées, ou sans utilité; la fumure, qui ajoutera aux sources d’alimentation dont la terre était déjà pourvue (1).
Pour le bon accomplissement, pour l’efficacité de ces deux natures d’intervention, il est encore certaines conditions que doit offrir l’hiver; certains excès dont il doit s’abstenir.
Le froid, les gelées font partie de ces conditions; de môme qu’une humidité convenable, due aux pluies, à la neige, aux brouillards.
Parmi les excès dangereux, il faut citer des froids poussés au point de détruire la vigne, comme ceux notamment de 1709, 1789, 1830. Des froids, avec des alternatives trop fréquentes, trop subites et sans neige, de gel et de dégel : danger grave et tout à fait particulier à nos localités. Il faut citer encore une humidité trop abondante et trop constante, susceptible de détremper la terre jusque dans ses plus grandes profondeurs; de gorger la vigne de sucs tout à fait prédisposants à l’action destructive des ge-
(I) En nous occnpaut ci-dessus spécùilement de la fumure, nous avons omis de signaler les travaux de J. Gindre d'ilxasson (Basses-Pyrénées) pour l'application de la potasse aux vignes, au moyen du feldspath.
RÉSULTATS DU VIGNOBLE
lées printanières. Toutes circonstances dont nous nous sommes déjà occupés en météorologie.
Il faut surtout faire attention que l’hiver et successivement toutes les autres saisons, agissent sur celles qui les suivent, en bien ou en mal, et selon ce qu’elles ont été elles-mémeu. Cette solidarité, qui est incontestable, existe aussi entre les années, ainsi que nous l’avons signalé, notamment en traitant de la coulure et de ses causes. — Elle existe même entre les mois et presque entre les jours : la végétation et ses résultats étant la conséquence de phénomènes tout à la fois passés et présents.
Art. II. — VÉGÉTATIOX PRINTANNIÈRE DE LA VIGNE.
(Mais, avril, mai.) ACTIONS DÉTEUM INANTES :
DES HéTÊORES.
Chaleur de la saison. 2ii/100
Humidité 25/100
Rapport de la chaleur à l’humidité. . : : 2,5;2,S
DE LA CDLTDBE.
Première façon.
Relèvement.
Ebourgeoimcinent.
Seconde façon.
RESULTATS