I.a corolle bientôt se fane et se détroit
Et l’ceil peut déjà voir les prémices du fhiit.
(Castel, les Plantes, ch* ni*.)
Nous ne pouvons insister ici de nouveau sur tous ces phénomènes, aussi dignes d’exciter notre curiosité que de commander notre admiration et notre reconnaissance. Seulement nous reviendrons sur la circonstance qui les décèle, sur la circonstance qui trahit, en quelque sorte, la modestie de la vigne : cette odeur suave dont l’air se trouve rempli au moment de sa floraison. Les anciens comme les modernes ont fait cette remarque, et tous ont cherché, soit en prose, soit en vers, à exprimer le genre de sensation qu’éprouve l’odorat en cette circonstance.
Dans le Cantique des Cantiques, l’époux engage son épouse à le suivre au jardin : « Les vignes sont en fleur, lui dit-
RESULTATS DU VIGNOBLE
il, et on sent la bonne odeur qu’elles exhalent (i). »
Pline, après avoir dit que la vigne n’était inférieure à aucune autre plante, même à celles qui fournissent les parfums, ajoute : a Aucune odeur n’est comparable à la sienne, quand elle est en fleur (i). a
Le poète Martial, voulant exprimer ce que la réalité et l’imagination peuvent offrir de plus suave en fait d’odeurs, s’exprime ainsi : « Ce qu’exhale le fruit mordu par la bouche d’une jeune fille; le zéphir qui arrive, après avoir passé sur le safran du Coryce;/a vigne, dont les fleurs blanchissent les tendres rameaux ; la prairie, où vient butiner l’abeille, etc... (3) »
Un auteur français du XVI* siècle, du temps où les choses rustiques n’étaient pas encore traitées au point de vue uniquement matériel et où il était fait une petite place au sentiment dont elles abondent, disait, à son tour : «... Mais, à défleurer seulement les perfections superflcielles de la vigne, je m’esbahys de la singularité de son odeur quand elle est en fleur, qui me semble passer les violettes, roses, œillets, jasmins ; jusqu’à croire que , la vénénosité des serpents ne peut porter cette odeur extrême : laquelle aussi, a dit Marsilius Ficinus, passée . en vin, sert de talisman à l’esprit corporel, qu’il n’estime moyen do plus grand efficace, à retenir quelqu’espace de temps une âme preste de partir, que lui baillant à sentir la fumée d'un vin excellent versé dedans un pain chaud (4). »
L’idée que les serpents fuyaient l'odeur de la vigne, faisons-le remarquer aussi, parait avoir eu cours au
(1) Chap. vu, vers. 12
(2) nisl. nat., !.. XIV, ch. 1.
(3) £pigrammes,L. III.
(4) Jao. Gobobdt, Devis sur la vigne, 1649.
moyen âge. Un poète de l’Orléanais, qui chanta également la vigne, nous en fournit la preuve :
Lorsque la vigne est en fleur,
Nul serpent n'y fait son gîte.
Fuyez, serpents, d'ici vite ;
Mes vers ont pareille odeur (I).
Enfin, n’cublions pas, comme ayant exprimé avec le plus de bonheur les charmes de cette fleur, un autre poète français, à qui la langue et l’art de Virgile, au dire des connaisseurs, étaient également familiers. Dans son Prœdium rusticum, le père Vannière dit :
yascentis et uvœ
Flurea lanugo divinum spiral odorern.
Il est à regretter, sans doute, que cette odeur, si douce, si suave de la vigne et qui rappelle celle du réséda,- soit tellement fugace, qu’il n’ait pas encore été possible à l’art de la parfumerie de la fixer et de la faire entrer dans quelqu’une de ses préparations (2).
On comprend sans peine que l’œuvre si délicate de la floraison de la vigne a besoin, pour son accomplissement régulier et féond, de rencontrer, dans le temps, des conditions qui peuvent trop souvent lui manquer, au grand dommage des résultats dont elle est le gage premier et essentiel.
Voilà pourquoi les anciens, observateurs habiles, subordonnaient, en cette occasion, Bacchus à Flore, ainsi qu’on le voit par ce vers, emprunté aux Fastes d’Ovide, et déjà cité :
Si hene floruerit vinea, Barrhus erit.
(t) X'Hcrcrde Guespin, par Rouzeau, d'Orléans, IfiOS.
(2) Ici, cependant, nous pourrions faire observer que les anciens, plus habiles ou plus raffinés que nous sur ce point, savaient extraire et con-
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ElTectlvement, pour que Bacchus puisse être, pour qu’il y ait des raisins et que l'on puisse faire du vin, il faut, comme première et indispensable condition, que la vigne fleurisse bien ; que, durant cet acte capital, rien ne la trouble : ni excès, ni défaut do température, ni excès, ni défaut d’humidité, ni accident météorologique quelconque, ni contact des hommes ou des animaux.
Cette œuvre capitale et décisive est tout entière du ressort de la nature. C’est sous son influence directe que la plante l’accomplit ; ce sont ses agents qui, seuls, la secondent dans cet accomplissement. Tout ce qu’a pu faire le vigneron, c’est de préparer, de faciliter, par 1a façon donnée en mai, le concours des forces vitales appelées à agir en cette circonstance; c’est, dans quelques cas exceptionnels, l’enlèvement de certaines feuilles, pouvant gêner la circulation de l’air, pouvant priver les boutons du contact avantageux de ce précieux agent de la vie des animaux et des végétaux.
Tout ce qu’il peut faire encore et ce qu’il faisait dans un temps où la foi plus vivo avait des pratiques plus nombreuses, c’est d’invoquer l’assistance et la protection de Celui qui fut et sera toujours le maître de toutes les choses, le dispensateur de tous les biens. Dans les campagnes du Bordelais, l’usage s’est encore conservé, sur quelques points du Médoc, de la Benauge, etc., de placer les vignes sous le patronage de saint Marcellin, et d’attacher aux échalas, le jour de la fête de ce martyr, le 26 avril, des rameaux d’aubépine {Cratœgus oxyacanlha), alors en fleur.
server le parfum de la fleur de vigne, de la fleur de vigne sauvage (Vxtis s'jkestris labrusca). Sans autres détails, on peut trouver celte preuve dans Pline. L. XII, cli. 28,
Ici encore, nous l’avons dit, il y aurait un si^e facile à constater, pour savoir si la coulure sera le partage de la vigne. On a remarqué, dit le père (fotte, célèbre météorologiste, que la coulure de la fleur du Sureau {Sambucus rùgra) annonçait assez ordinairement la coulure de la fleur de la vigne.
Or l’arbrisseau dont il s’agit est très-commun dans les Jiaies des environs de Bordeaux, et sa floraison a lieu vers la ûn du mois d’avril.
Mais voici, pour le vigneron, le temps d’entrer de nouveau dans ses vignes et de reprendre ses travaux. Le ciel lui a été favorable, la nature a accompli son œuvre ; de cet ensemble si délicat et si gracieux de la fleur, il ne reste plus que l’ovaire, fécondé par les étamines et grossi au point de former le verjus, le grain du raisin. La période de la maturation va bientôt commencer. Des phénomènes de la plus haute importance vont s’accomplir dans ce grain, dont le grossissement a pu être favorisé par une pratique consistant à retrancher l’extrémité des sarments qui le nourrissent, à débarrasser ceux-ci de la portion herbacée qui les termine et dans laquelle pourraient s’égarer des sucs qu’il importe avec discernement d’assurer au fruit.
Le troisième et dernier des grands mouvements admis par les anciens dans la vio annuelle de la vigne, est sur le point de se manifester, et, pour celui-ci également, le vigneron ne doit épargner ni ses soins, ni ses peines. D’ailleurs, bien plus encore qu’à la saison précédente, il lui sera donné d’en apprécier les résultats en quelque sorte sans délai; car la maturation, dès son début, lui montrera les raisins comme il les cueillera bientôt, avec la transparence, la couleur, le duvet qui donnent à ce fruit un aspect si gracieux.
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Il entrera donc dans la vigne pour lui donner une troisième fa/çan , pour réveiller l’activité de ses racines, pour rétablir les relations nécessaires de l’atmosphère et de la terre, pour faciliter à celle-ci l’absorption de la fraîcheur des nuits, la pénétration et la circulation dans son seio des' agents destinés aux solutions et aux combinaisons qui doivent s’y accomplir, dans l’intérêt de la plante (I).
Il y entrera aussi pour détruire les herbes qpe la belle saison avait favorisées, et que la terre est toujours disposée à traiter en bonne mère; pour détruire non-seulement celles qui nuiraient par leur abondance, leur exigence et leur transpiration excessive, mais surtout celles dont le voisinage et le contact pourraient répugner à la vigne et imprégner son fruit, à ce moment critique, de goûts et d’odeurs également désavantageux : ainsi la Mercuriale {Mercurialis annua), si commune dans nos vignobles des Graves, et si remarquable par son odeur urineuse; l’Aristoloche {Aristolochia clemalitis), plus particulière aux terrains argileux et à odeur non moins désagréable, etc...
:(t) Nous avons déjà vu que les anciens, comme nous, donnaient i leurs vignes trois labours ou façons. Nous avons vu également que ce nombre, ils l'appuyaient sur les phénomènes de la nature. Ici faisons remarquer qu'à l’égard de ce nombre encore il en était de même pour les terres à blé, qui recevaient également avant les semailles, trois labours. Cet usage encore suivi dans les contrées où la Jachère fait partie du système de culture, remonte bien haut, témoin ce passage de la Théogonie d'Ilésiodo. a Gérés, divinité puissante, goûta les charmes de l'amo-ar « avec le héros Jasius au sein d'un champ labmri trois fuis, dans la férir tile Crète; là elle engendra le bicnfai.snnt l’lutus qui, parcourant toute « la terre et le vaste dos de la mer, prodigue, aux mortels que le hasard « amène sous sa main, la richesse et un bonheur immense. » Sans nous arrêter à cette sinijuliére idée, de faire la déesse de l’agriculture, mère du dieu des richesses, rappelons encore que ce nombre de trois labours Otait indiqué, au dire d’Aratus, p.ar la triple récolte de fruits que donnait, dans la même année, le Lentisque (l’istachier, Pistacia Icutisciis) . Ou bien, au dire de Pline, par le Narcisse {Nardssus) qui fleurissait trois fois, montrant ainsi quand il fallait labourer.
11 y entrera enfln pour ramener à la surface du sol les fragments minéraux, silex ou autres, ordinairement abondants dans les terres à bon vin ; pour les mettre en position de réfléchir les rayons solaires vers les parties inférieures du raisin; pour placer celui-ci, nous l’avons dit, en quelque sorte entre deux soleils, comme cola a lieu notamment dans les Graves de Bordeaux, du Ciron et du Médoc:
C'est U que les cailloux, par les labours froissés.
Jettent d'utiles feux vers la souche élancés .
(L'Aj/nc., ch* II*).
Heureux de voir, à la suite de ce travail et sous l’action d’une chaleur de plus en plus forte, et aussi de plus en plus tempérée par l’humidité répandue dans l’air et par la fraîcheur des nuits, approcher le moment du début de la maturation, le vigneron n’épargne pas à sa vigne la surveillance si nécessaire en ces jours décisifs, le bénéfice de l’œil du mailre; cette influence salutaire qui la fait croître sans la toucher, au dire d’Olivier de Serres :
L'ombre du bon maistre Fait la vigne croistre.
S’il s’aperçoit que quelque raisin se trouve privé du contact direct do la lumière et des rayons du soleil il viendra à son secours; car ces rayons doivent, non-seulement le frapper, l’envelopper, l’immerger, mais aussi le pénétrer, entrer et se fixer dans son intérieur, comme l’a dit un ancien poète :
Le nectar du Dieu de Naxos Doit être un composé d'amour et de lumière.
Je veux que le raisin dont il fut exprimé Ait reçu du Midi l'influence puissante.
Et que, dans sa grappe naissante.
Un rayon du soleil ait été renfermé (1).
(1) Ces vers sont une traduction, par François de Neufehiteau, de l'ouv.agc de Prosper Kandella, publié i Vtnise, en 1U20, sous le titre de : Viiiea, ■Vtjidemia et Vi«o.
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RESULTATS DU VIGNOBLE
8i la saison se trouve pluvieuse et que des nuages troublent la transparence de l’air : dans tous ces cas, le vigneron, d’une main intelligente et discrète, vient encore au secours du fruit de la vigne, en enlevant les feuilles qui pouvaient le priver du bénéfice précieux de toutes ces atteintes.
Nous disons d’une main intelligente et discrète, parce que l’opération de VeffeutUage ne saurait admettre des règles rigoureuses et fixes : le temps et les circonstances étant de nature à la modifier d’une infinité de manières, à la rendre avantageuse ou inopportune.
Tous ces travaux, tous ces soins, toutes ces sollicitudes sont sur le point d’obtenir leur juste récompense. Le soleil n’a que d’utiles feux , une humidité suffisante en tempère l’émission ; la transparence, la sérénité de l’air n’opposent aucun obstacle à la diffusion de la lumière et des signes, dont l’observation a démontré la valeur, annoncent la dernière et capitale transformation du raisin, sa véraison, son changement de couleur. Parmi ces signes, nos praticiens admettent la maturité du fruit de la grande Ronce des haies {Rubus fruclicosus).
Ici encore un moment d’arrêt, un instant de repos, sont imposés au vigneron et la vigne, comme elle a fleuri seule, veut aussi seule mûrir son raisin et le pourvoir des matériaux précieux qu’elle sait lui donner aux grandes années ; aux années qui font époque en ce genre, et dont l’histoire ne dédaigne pas de conserver le souvenir.
Ce dernier repos toutefois n’est pas aussi complet, pour le vigneron, qu’on pourrait le penser, et les occupations qui doivent le remplir ne sont pas non plus, de bien s’en faut, étrangères à l’ensemble de ses travaux, au but constant qu’il se propose. Conformément aux conseils de Caton, il emploie le temps que ne réclame plus sa vigne aux
LA VlüNE DANS LE BORDELAIS
préparatifs nombreux et importants exigés par la grande, la capitale, la joyeuse opération qu’amèneront les premiers jours de l’automne. « Ayez soin de faire préparer tout ce qui sera nécessaire pour la rendange, de faire nettoyer les instruments du pressoir, raccommoder les paniers, enduire de poix les futailles et tout ce qui aura besoin de cet apprêt ; profitez des temps pluvieux pour préparer et raccommoder les paniers, etc. (1). »
Il est èi remarquer qu’en réalité la nature, pendant tout l’été, a beaucoup plus fait pour la vigne que l’art, dont l’action, dans ce genre de culture, comme du reste dans toutes les autres, n’est vraiment décisive que lorsqu’il faut préparer un produit quelconque, et lorsqu’il ftiut le récolter. Entre les grands travaux, les travaux qui marquent ce début et cette fin, le reste ne consiste plus qu’en une sorte d’entretien, une expectative, une surveillance des grands phénomènes et des transformations successives auxquels la plante, la terre et l’atmosphère travaillent à l’envi. Voilà pourquoi l’homme des champs, appréciateur intéressé, et de la puissance qu’il exerce en certain cas, et de l’impuissance absolue à laquelle il est réduit en certains autres, se montrera toujours mieux dis. posé pour le sentiment qui encourage, qui console ; pour le sentiment religieux. Plus que tout autre, il sent la nécessité d’appeler à son aide un pouvoir qui lui manque, et l’expérience lui a appris combien le sien serait insuffisant pour vaincre toutes les difficultés qu’il rencontre, pour atteindre tous les avantages qu’il ambitionne. '
Cet accroissement, cette réalisation du produit attendu pour la vigne, c’est bien à l’été qu’on le doit, à l’été qui voit fleurir la plante, nouer la fleur, grossir le verjus et mûrir
(I) De Rc rnstim, ch. XXIIl.
RÉSULtATS DU VIGNOBLE
le raisin, et si, sous tous ces rapports, les choses se passent convenablement, c’est l’été qui assure et la quantité et la qualité du vin; le proverbe l’a dès longtemps proclamé ;
Juin
Al Ion bin.
Août
Al ion goût (i).
Les praticiens vont même jusqu’à dire que le sucre est l’œuvre de la première quinzaine d’août, et la couleur de la seconde.
Mais ici encore combien d’accidents peuvent surgir que d’excès, que de défauts peuvent se produire, que de désastres peuvent être redoutés I
Nous avons déjà mentionné les insectes, parce que le printemps les voit naître, parce qu’il peut plus particulièrement leur fournir les aliments qu’ils recherchent; maiSilne les voit pas toujours mourir, et, d’ailleurs, beaucoup d’entre eux ont la faculté de renaître et de se perpétuer indéfiniment. Certains mêmes, comme le Cochylis ds lagrappe {Cochylis omphaciella), attaquent le fruit déjà formé.
Cette fleui', dont nous signalions la délicatesse ci-dessus, combien de fois ne la voit-on pas troublée dans ses fonctions et manquer le but essentiel qu’elle doit atteindre ; combien de fois ne la voit-on pas avorter, en totalité ou en partie I
Cet ovaire qu’elle doit féconder et dont elle doit faire un grain de raisin, combien de fois ne le voit-on pas se flétrir, se dessécher et tomber sans résultat utile; combien de fois ne voit-on pas la vigne couler I
(I) , Juin
Fait le vin.
Août
Fait le goût;
La chaleur, nécessairement dominante en été, peut trop souvent, surtout sous nos climats, se laisser emporter, agir sans le contre-poids salutaire de l’humidité, et alors deux accidents également redoutables sont à craindre.
Il peut se faire effectivement que le raisin soit grillé, comme cela s’est vu trop souvent, et notamment en 1861, les 26 et 27 juillet ; ou bien qu’il éprouve un accident de maturation nommé échaudure et particulièrement funeste à la qualité du produit.
Enfin il peut se faire encore que la chaleur devienne nuisible par sa durée, par sa persistance. Alors les accidents sont, il est vrai, moins immédiats, moins tranchés, mais leurs conséquences sont également funestes : ce sont celles de la sécheresse, si justement redoutée dans tout le Midi, où la liturgie catholique a des prières pour invoquer son terme; où elle fut de tout temps regardée comme une des terribles manifestations de la colère divine :
Les ^ix par lui fermés et devenus d’airain.
Et la terre trois ans sans pluie et sans rosée (1)!
L’humidité, à son tour, peut nuire et par sa quantité et par sa durée. Le ciel peut rester voilé et également impénétrable pour la chaleur et pour la lumière du soleil. L’eau peut abreuver la terre jusque dans ses plus grandes profondeurs, verser dans la plante une sève trop abondante et dépourvue, d’ailleurs, des éléments assimilables exigés par le fruit à celte époque de l’année. Dans le premier cas, le raisin voit sa maturation arrêtée ; dans le second, les matériaux qu’il renfermait déjà s’altèrent, se décomposent et tombent en pourriture.
'I) Expression empruntée de l’Ecriture ; Domiiius claudai cuclum.
RÉSULTATS DU VIGNOBLE
Enfin de formidables orages peuvent se former. L’électricité dopt l’air est chargé dans la saison chaude, et dont l’influence cependant sur la maturation des fruits parait avoir été prouvée, peut donner lieu h des tempêtes destructives, à des grêles auxquelles rien ne résiste. En un moment, par ce terrible météore, tout peut être perdu : la récolte que l’on croyait tenir, le bois qui la portait, même celui qui aurait donné la récolte suivante.
Ah! pour se faire une idée de la promptitude et de la grandeur de pareils événements, il faut les avoir vus ; il faut avoir été témoin delà force,''dela pompe, de la solennité que déploie la nature dans ses exécutions, pour en apprécier les conséquences, pour en cîmprendre les désastres ; il faut avoir parcouru la campagne frappée, avoir vu son désordre et sa tristesse, avoir entendu les plaintes de ceux qui ont tout perdu en quelques instants : la réalité et l’espérance.
Art. IV. — VÉGÉTRTIO!» AUTOHNAI.E DE I.A VIGNE. (Septembre, octobre, novembre.)
ACTIONS DÉTERMINANTES