‹ La villa impériale de Tibur (villa Hadriana)Chapitre 18 sur 111 · Corp. inscr. lai., t. XV · texte numérisé non relu

Corp. inscr. lai., t. XV

2. Il faut, toutefois, noter que les briques, fabriquées souvent en grand nombre, n'étaient pas utilisées tout de suite; que, par conséquent, elles ne peuvent servir qu'à indiquer que le monument où elles ont été employées n'est pas antérieur à la date qu'elles portent; mais il peut être de beaucoup postérieur.

de la barbarie, et tout d'abord aux ive et ve siècles, pendant la guerre gothique; en 534, Totila en fit une forteresse. Du vie au vme siècle, ce fut la guerre des Lombards; au xe siècle, Astolphe dévasta encore les environs de Rome.

Puis, pendant longtemps, la villa d'Hadrien fut oubliée, au point que ses ruines passèrent pour un Tivoli-Vecchio. En 1450 seulement, Flavio Biondos en parle à l'occasion d'une fête jubilaire de cette même année.

Plus que le temps, les hommes ont détruit la villa; son aspect, et c'est l'avis de M. Daumet, a dû peu changer depuis que les architectes et les savants s'en sont occupés, c'est-à-dire depuis 1561, époque où le pape Pie II écrivait ces lignes : « Circa terzo miglio fuori délia città (di Tivoli), cosi egli si esprime ne' commentarj, l'imperadore Adriano edificô una villa splendidissima a somiglianza di un gran castello. Rimangono ancora le volte sublimi e vaste de' tempj, miransi le colonne de' peristilj e

de' portici sublimi, le vestigia délie

piscine e de' lavacri, dove una por-

zione derivato dell'Aniene rinfrescava

un di gli ardori estivi. La velustà

deformô tutte le cose, l'edera veste

ora que' mûri che arazzi dipînti è

drappi tessuti in oro coprirono : gli

spini e i rovi sono cresciuti, dove i

tribuni porporati si assisero, e i serpenti

abitano le camere délie regine; tanto

caduca è la natnra délie cosemortali. » De cette époque, on ne connaît sur la villa aucun travail ; ce n'est que sous Alexandre VI que Ligorio parle de colonnes transportées à Saint-Adrien de Tivoli où avait déjà existé un temple antique. Sous ce pontife, de 1535 à 1538, furent faites les premières trouvailles d'oeuvres d'art que nous connaissions. Au théâtre du Sud, on trouva ainsi les huit Muses assises et Mnémosine; placées au Vatican par Léon X, d'après Bulgarini et Penna qui suivent Ligorio, elles sont actuellement à Madrid. Cependant Clarac, parlant de ces statues, n'est pas en mesure de dire en quel lieu elles furent découvertes.

Giulianos, à la même époque, relate que deux Télamons égyptiens en granit rose, — aujourd'hui à la salle en forme de croix grecque du Vatican, — ornaient la place de Tivoli sous le nom de Cioci.

En 1538, Ligorio, architecte napolitain, non sans mérite, doué de beaucoup trop d'imagination, s'occupa d'explorer la villa d'Hadrien'. Si son témoignage n'est pas

Fig. 51. — Timbres douaires (d'après Penna).

(Magasins de la villa

1. Gobelino, Comm. PU H, lib. V, p. 138, cité par Nibby, Dcscrizione delta villa Adriana, p. 9.

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digne de foi pour les inscriptions qu'il présente, du moins ses travaux sur la villa ont été reconnus justes dans leur ensemble et ont servi de base à toutes les études postérieures sur ces constructions impériales; il faut reconnaître même qu'il est assez véridique en ce qui concerne les provenances des statues.

C'est avec l'aide du cardinal d'Esté, gouverneur de Tivoli, que Ligorio organisa les recherches qui allèrent embellir la villa d'Esté, dont il était l'architecte; il rédigea un mémoire, actuellement à la bibliothèque vaticane sous le numéro 5295, et intitulé : Trattato délie antichità di Tivoli e délia villa Adriana fatto da Pirro Ligorio, Patrezzio napoletano Romano e dedicalo aW Ill'"° e R'"° Ippolito secundo Cardinale da Ferrare. En 1723, la lettre de Ligorio fut insérée dans le tome VIII, partie IV, du Thésaurus antiquilatum et histoviarum Italiae. Entre autres monuments, Ligorio décrit le Natatorium (portique circulaire), véritable lieu de délices; il y découvrit des frises avec amours et animaux, ainsi que des parties provenant d'un « péristyle » de la villa (probablement la piazza d'Oro) et représentant des dieux marins, qui, de 1535 à 1538, furent transportés, soit dans le jardin du cardinal Alexandre Farnèse, à Rome, soit à la villa d'Esté, à Tivoli. En 1562, Aldroandi dit aussi avoir vu, chez Antonio Palori, un cheval en relief, cheval mentionné par Ligorio et découvert à l'est de la villa; on le retrouve dans le haut relief de la villa Borghèse, mais restauré d'une façon blâmable par Curzio. Après le travail de Ligorio, on peut citer, d'après Penna, ceux de Giov. Fabro, de Fulvio Orsini et d'Andréa Scoto, qui ont apporté chacun leur témoignage aux fouilles exécutées au xvie siècle. En 1611, Antonio del Re étudia les villas des environs de Tivoli; mais la villa d'Hadrien le retint fort peu et il n'en parle que d'après Ligorio.

Gontini, qui publia, en 1631, un mémoire des études qu'il avait faites sur la villa, y joignit un plan revu d'après Ligorio. Une édition de ce plan, remise à jour en 1751, avec texte italien et latin, mentionne les noms attribués par plusieurs archéologues à diverses parties de la villa; il est parmi ceux que nous publions (fig. 53-54).

Bulgarini mentionne, mais sans indication de lieu, quelques trouvailles faites en 1655 : un groupe d'Hadrien et de Trajan se tenant par la main symbolise l'adoption ; des bustes de Démoslhène, d'Eschine, d'Aristophane, de Thémistocle, d'ïsocrate, de Carnéade, d'Aristote et autres avec inscriptions grecques, qui figurèrent à la villa de Jules III. Kircher (1668), dans son Vêtus et novum Latium, rapporte quelques inscriptions et copie le plan de Ligorio, revu par Contini, mais ne s'attarde pas à la villa. Spon, dans son Voyage (1678), indique, comme provenant de la villa, deux Isis (?) en granit rougeâtre qui étaient alors sur la place de Tivoli (probablement les Cioci) et deux autres Isis en marbre noir du palais de Maximis, à Rome.

Ce n'est vraiment qu'au xvme siècle que les fouilles exécutées prennent une grande importance. En 1724, le comte Fede, qui avait acheté tous les terrains disponibles, et dont le casino, où il aimait à résider, occupait dans la villa la Palestre et le Nympheum du nord, fit faire des fouilles importantes. C'est lui aussi qui, en 1726, planta ces rideaux d'ifs

Fig. 53. — Plan dressé par Ligorio et revu i

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