‹ La villa impériale de Tibur (villa Hadriana)Chapitre 4 sur 111 · PRÉFACE IX · texte numérisé non relu

PRÉFACE IX

industrie très profitable d'aller les y repêcher. Il nous faut donc remettre dans ces monuments ruinés, dont il ne reste plus guère que des murs croulants, les vases, les candélabres, les mosaïques, et surtout les admirables statues, qui peuplent le Louvre et le Vatican, pour nous figurer ce que devait être la villa d'Hadrien, vers le milieu du second siècle, quand mourut le fantasque empereur qui Tavait construite.

Dirai-je qu'une pensée m'a poursuivi tout le temps que je lisais l'ouvrage de M. Gusman ? En visitant avec lui la villa d'Hadrien, je n'ai pu m'empêcher de songer à Versailles. Ce n'est pas qu'au premier abord ces deux palais, que de puissants souverains ont élevés à si grands frais tout près de leur capitale, paraissent se ressembler beaucoup. Rien ne diffère plus que leur mode de construction. Versailles est une immense et somptueuse bâtisse, où la ligne droite triomphe, et qui cherche avant tout à frapper les yeux par la régularité et la majesté de l'ensemble. Au contraire, dans la villa d'Hadrien, s'entassaient des édifices de toute forme et de grandeur différente, les uns carrés, les autres circulaires, surmontés de toits plats ou de coupoles et qui tirent leur agrément de leur variété. Tandis qu'à Versailles tous les services sont réunis derrière la même muraille, il semble qu'à Tivoli on ait tenu à les isoler les uns des autres, en ne les réunissant que par d'élégants portiques ou des passages souterrains. Il y a pourtant aussi des ressemblances entre les deux palais, et j'imagine que ce serait l'objet d'une étude très intéressante et fort suggestive de les comparer entre eux. Pour n'en dire qu'un mot, contentons-nous de remarquer que les deux princes y ont mis leur marque particulière et qu'on les y retrouve tout entiers. On a dit depuis longtemps que l'on ne connaît bien Louis XIV qu'à Versailles; de même la villa de Tivoli nous donne une idée juste d'Hadrien. C'est bien l'œuvre de cet homme intelligent, bizarre, déconcertant, qui tenait autant à sa réputation d'artiste qu'à son autorité d'empereur, de ce curieux infatigable, qui courut

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