‹ La ville de DavidChapitre 22 sur 49 · I. ()iMii:i · texte numérisé non relu

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Iruclions des premiers rois, au moins par tenir compte des renseignements rares, sans doute, mais précieux, que les Livres sacrés nous fournissent sur le premier développement de la A'illo. Autrement on risque bien de faire prévaloir une opinion fausse dans une question fort importante pour la topoi;raphic de Jérusalem.

Essayons maintenant de synthétiser les résultats de cette première enquête sur le Sion et l'Ophel.

Lont;temps on a cru que le mont Sion traditionnel avait porté la primitive « cité de IJavid ». Dans les anciens temps cette opinion était soudée à un monument : le tombeau de David et de ses successeurs; or selon l'Ecriture sainte ils furent ensevelis tlans la « cité de David ». Donc, conclut Flavius Josèphe, qui a le monument sous les yeux, la « cité de David » se trouvait sur la colline sud-ouest de Jérusalem. Encore aujourd'hui elle s'appelle « Sion ».

Que Josèphe soit de cet avis, tout le monde l'accorde. Pouvait-il en savoir quelque chose ? Et dans ce cas nous met-il dans ses confidences ? Après ce que nous avons dit de ce que toute la u maison d'Israël » est censé connaître, nous serions tentés de conclure par le cliché un peu l^anal : poser la question, c'est la résoudre.

Et les savants, qui le traitent d'historien fantaisiste, accommodant Thistoire à ses vues d'apologétique, ne sont pas encore tombés d'accord sur l'emplacement de la ville jébuséenne, de la ville basse, de l'Acra, etc. Serons-nous dès lors accusés de conservatisme exagéré, si nous attendons pour

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les suivre contre Flavius Josèphe, qu'ils se soient entendus pour nous dire ce qu'ils mettent à la place de sa théorie topographique?

Du reste, une étude attentive du terrain sur lequel est bâtie Jérusalem nous fait comprendre sa description de l'ancienne ville. Nous retrouvons ainsi la ville haute et la ville basse sur les deux plateaux d'inégale altitude, qui se partagent le Sion, réservant pour le temple le Moriah, devenu troisième colline.

Ceci une fois admis, nous pouvons sans trop de difficultés localiser les données bibliques touchant la prise de la cité jébuséenne par David, et les travaux des anciens rois hébreux : David s'empara du haut plateau de l'ouest, admirablement fortifié par la nature, et le rattacha au plateau voisin du nord-est, défendu par son fort de Millo. Salomon s'étend vers l'orient, fait du Moriah, la troisième colline inférieure aux deux autres, le quartier du temple et du roi, qu'il relie à son tour à la " ville de David ».

Au temps des Machabées, celle-ci joue un rôle important. C'est dans la « ville de David » que les Syriens se retranchent, bravent les efforts des Juifs, maîtres du Moriah et d'une bonne partie du pa^'s, et accueillent les apostats hellénisants. C'est de là qu'ils commandent les avenues du temple, et trouvent mo3'^en de molester ceux qui s'y rendent. Quand enfin la famine les a réduits, ils abandonnent la place, et Simon, en homme prudent, démolit leur forteresse et abaisse la colline qui menace le sanctuaire. Tout cela se conçoit très bien si on met avec Josèphe l'Acra ou ville basse sur le plateau nord-est du Sion.

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Le siège de Jérusalem par Titus vient à son tour confirmer notre induction. Les Romains, maîtres de Tenceinte d' Agrippa, de celle d'Ezéchias, enlèvent l'Antonia, puis le temple. Après avoir promené la torche sur l'Ophel jusqu'à Siloé, ils s'emparent de la ville basse et arrivent enfin devant le quartier aristocratique, la ville haute, qu'ils enserrent de l'angle nord-est à l'angle nord-ouest, l'attaquent vigoureusement sur toute cette ligne. Cette tactique se conçoit fort l)ien, si le plateau nord-est du Sion forme la ville basse, située elle aussi en deçà de la plus ancienne enceinte.

En somme, tout ce que nous savons du rôle de Sion sous David, sous les rois, à l'époque postexilienne et au début de l'ère chrétienne, reçoit une explication très satisfaisante dans notre théorie.

A leur tour, les fouilles et les études topographiques la confirment. Ville haute et ville basse sont à cherclier à l'intérieur de la première enceinte. Or celle-ci, supposé que la cité jébuséenne soit à l'ouest du Sion et la ville basse à l'est, se démarque naturellement au nord par la vallée transversale, comme Josèphe l'affirme. De fait, c'est au sud de cette vallée et dans sa parallèle qu'on a retrouvé les anciens restes de murs et de tours, appartenant, de l'aveu des archéologues, à la première enceinte.

Au temps des Romains, et déjà longtemps auparavant, des ponts reliaient la ville basse et par elle la ville haute à la colline de Moriah. Or les cu^ches de Wilson et de Robinson sont, assurent les hommes compétents, les restes de ces grandioses travaux. Mais puisqu'ils rattachent l'Haram es Schérif au plateau nord-est de Sion, c'est donc que celui-ci for-

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niait la ville basse et, ensemble avec la ville haute, l'ancienne « cité de David ».

Au sud-ouest de Sion, les fouilles ont révélé des fortifications : murs, tours, fossés, escarpes d'époques différentes. Les plus anciens travaux occupent l'angle sud-ouest et la partie la plus élevée du ])lateau. Il est donc à présumer que de ce point la ville partit pour se développer peu à peu à l'est et au nord. Dans ce cas, la citadelle jébuséenne est sur l'occident du Sion traditionnel.

Enfin grâce à la configuration du terrain et à la survivance des noms, nous pouvons retrouver le TN'ropéon de Josèphe. qui sépare la ville haute de la ville basse et se termine à Siloé. 11 s'agit de suivre la dépression, qui malgré les travaux des Asmonéens et les débris accumulés par les temps, coupe encore aujourd'hui le Sion en deux plateaux, l'un long et élevé à l'occident, l'autre plus bas et arrondi à l'orient.

Passons à la contre-épreuve !

L'Ophel, où beaucoup de modernes voudraient placer le point initial de la « ville de David ». est dépourvu de tradition, puisqu'il y a à peine cinquante ans personne encore ne songeait à lui. La théorie suppose même chez les Juifs postexiliens une confusion invraisemblable : Du vivant de ceux qui avaient vu les splendeurs de l'ancien royaume hébreu, on aurait, soit ignorance, soit indifférence, attribué à des gens, qui rappellent les Ilotes de Sparte, le quartier le plus vénérable de la ville, celui qui était son berceau .sacré, conservait le tombeau de son fondateur, le souvenir de ses rois et le plus antique séjour de l'arche d'alliance dans ses

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nuirs ! A Rome, où ];i xille desccntlit vers le F(M'um et où le Capitole porta le temple de la relif^non of(ic'ielle, on n'oublia jamais les gloires du Palatin et remplacement de la vieille cité de Romulus. Les palais et les temples qu'on y a exhumés, témoignent comment encore sous l'empire on se souvenait des plus lointaines origines. Et les Juifs après l'exil vécurent des souvenirs de leur passé, qu'ils espéraient obstinément voir retourner!... Ils vivaient, eux, dans cet Orient que l'on dit immuable et où les traditions locales surtout défient, en fermeté, celles de l'Occident.

C'est en vain aussi, que sur l'Ophel on a recherché les vestiges d'anciennes constructions militaires. Rien, à part ciuelques bouts de mur au sud du ilaram, et des ruines muettes autour de Siloé. Nous en reparlerons plus loin. De plus, aucune trace de la vallée profonde, de cette défense naturelle, qui rendait la « ville de David » inexpugnable. Du côté du nord, au contraire, une pente douce qui va de la colline de Jérémie au Bé/étha, du Bézétha au Moriah, du Moriah à l'Ophel sans qu'on s'en aperçoive. Aussi est-ce par là qu'autrefois l'ennemi entrait dans la ville; aussi est-ce le temple situé au Moriah qu'il fallait défendre, et tours, murs, tranchées, rien ne fut épargné pour suppléer au défaut de la nature.

b'nfin, l'exiguïté de l'Ophel ne permet pas d'y localiser la « ville de David », telle que nous la reconstitue la critique historique. La théorie ne tient qu'à ce prix : faire û de l'histoire et des vraisemblances, contester aux sources autorisées leur valeur, ou contraindre, contre l'analogie des autres

villes antiques en terrain accidenté. Jérusalem à remonter par une suite de développements depuis le fond des vallées jusqu'aux points les plus élevés de son périmètre.

Il semble donc bien que les résultats de notre première enquête sur le Sion et l'Ophel, n'enlèvent aux assertions de Josèphe rien de leur valeur. Encore moins forcent-ils à renoncer aux données traditionnelles sur l'emplacement de la « ville de David ».

Mais, dira-t-on, pourquoi tous les savants ne partagent-ils pas cette conviction ?

La réponse se trouve dans certains textes bibliques, où Ton a cru trouver des preuves décisives contre l'opinion ancienne. Siloé, le Oihon, les travaux d'Ezéchias, de Manassès, de Néhémie, sans parler d'une certaine terminologie un peu étrange au premier aspect, ont créé des objections dignes d'être examinées.

C'est donc la liible, qu'il convient maintenant d'interroger à la lumière des découvertes modernes et de tous les secours que nous ménage la connaissance de l'antique Orient.

Fin. /,'. — Kmuék i)K la komaink dk la Vierc.e. Aï.n HiMiF.i

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