‹ La ville de DavidChapitre 24 sur 49 · SI LOI · texte numérisé non relu

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sion de parler d'une autre source qui coulait autrefois à loccident de Jérusalem.

Il y a deux mille ans, les sources étaient donc plus nombreuses dans la Ville sainte qu'elles le sont aujourd'hui, et sous ce rapport, on aurait mauvaise frràce de juger de l'état de la ville primitive par celui de la ville actuelle.

Le Gihon dont Ezéchias « bouchait les sources, » pouvait donc de ce chef n'être pas la fontaine de la Vierge, qui coule au pied de l'Ophel dans la vallée de Josaphat.

Poussant plus avant, les Jébuséens devaient-ils nécessairement s'établir dans le voisinage d'une source? M. Warren le pense, et l'existence d'une source à l'est de l'Ophel devient pour lui la raison la pZu.s forte pour y chercher Sion (Ij. Le R. P. Lagrange remarc[ue à propos que cette fontaine ne pouvait offrir de l'attrait aux anciens habitants de Jérusalem. « En supposant, dit-il, que la ville s'était d'abord établie sur la colline de l'ouest, on ne peut expliquer comment elle est descendue vers la colline orientale. Ce n'est pas pour chercher de l'eau, puisc^u'elle n'est pas allée jusqu'au Bir Eyoub, et qu'en somme la source de la Vierge n'a jamais été d'un débit bien considérable : ou on s'est servi de citernes, ou on a cherché à amener les eaux plus abondantes d'Etam(2). »

En elTet les Chananéens, comme les autres sémites

maniue « une fontaine » dans la vallée centrale au nord de la première enceinte, ol une seconde entre le nord-est du mont Sion et le temple.

(Il Rcjilij lu captain Conder's notes on Zioit, P. E. F. Quart St., 1888, p. i'3.

(2) Op. cit., p. 37.

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de Tvr. de Sidon. de Carthage ( li, ne paraissent ^uère avoir eu f^rand souci de leau de source dans le choix de leurs places fortes. .\ Jérusalem éiji;alement, trouver une position inaccessible à l'ennemi semble avoir été la principale préoccupation. Quant à l'eau, sans aller vers la fontaine de la Vierge, ou au Bir-Avoùb, si tant est que ce puits existait déjà à cette époque, l'approvisionnement se fit à l'origine par le mos'^en de réservoirs alimentés par la pluie. « On reste émerveillé, dit M. Conder à propos du Sion. devant les nombreux travaux exécutés par les habitants, pour assurer la provision d'eau pendant les mois de sécheresse, à l'époque où ses flancs, aujourd'hui inhabités, étaient couverts de maisons à l'intérieur et même à l'extérieur de ses murs (2). » Les longues files de citernes qu'on y a retrouvées, ont été creusées la plupart, comme c'est naturel, avant qu'un ac[ueduc n'amenât les eaux d'Etam au mont Sion et de là à la colline du temple .'i .

Ce n'était donc pas « pour chercher de l'eau » que la ville, située selon nous sur la colline occidentale, est plus tard u descendue vers la colline orientale ». Ce mouvementd'ailleursnepeut être une énigmepour personne, si l'on se rappelle ce que la Bible nous dit des constructions salomonéennes sur cette colline.

(1) Sans déroger à la véracilt^ de la Bible, nous appelons tous ces peuples Séinitf's en raison do leur lanj^ne, d'accord en cela avec la terminologie reçue. Du reste le tableau de la (ienèse (.\i parait devoir être pris « surtout dans le sens goograpîiique. » P. Lagrange, liludes sur lc>> religions f;éiiiitifiurs, Paris, 190."]. p iM, n. 1.

(2) Lirittrnant Condcr's report, P. E. F. (Jiuirt. SI., I87i, p. 100.

(3) Aujourd'hui encore pres(jue toute la population de .lérusalem ne boit que de l'eau de pluie conservée dans les citernes. Celle de la fontaine de la Vierge, légèrement saumiUre, ne sert que pour des usages domesl iqucs.

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I Résumons brièvement notre pensée. L'existence de plusieurs sources à Jérusalem à répocjue préexilienne et encore longtemps après, nous rend peu sensibles aux arguments topographiques basés sur la fontaine de la Vierge, considérée comme «l'unique source d'eau perpétuelle, cVaprcs Tacite, qui soit à Jérusalem (I). » Cela par respect pour le texte sacré, d'ailleurs pleinement confirmé par l'archéologie et la critique historique. Et quand on nous assure que la fontaine de la Vierge est nécessairement le Gihon supérieur d'Ezéchias parce que la seule source des environs de Jérusalem, nous écartons cette considération, comme contraire aux faits et nous opposons à la conclusion un non liquet.

Mais on peut faire valoir d'autres raisons. L'Ecriture sainte, dit-on, semble attribuer à Ezéchias la construction du canal de Siloé, or celui-ci partait du (îihon supérieur dont ce roi « boucha les sources ». Donc nous voilà ramenés à la fontaine de la Vierge.

Examinons cet argument. L'Ecriture attribue-t-ellc à Ezéchias la construction du canal de Siloé? Nous ne le croyons pas, car le raisonnement cju'on nous oppose ne paraît guère concluant. Un travail comme celui de Siloé n'a pu être passé sous silence par la Bible, objecte-t-on; or celle-ci attribue à Ezéchias un travail de ce genre, puisqu'il amena l'eau dans le bas, à l'ouest de la ville de David.

l^h bien 1 franchement, pour qui est tant soit peu au courant de la littérature biblique, voilà une induction qui étonne. Car s'il est vrai que les annales du royaume 2 ne pouvaient guère passer sous

(I) Les professeurs de Xolrc-Damc de France, la Palr>:tine, p. 178, n. I. {'2 (( Nous savons que la fonclion d'historiographe royal ou de clironi-

silence une œuvre extraordinaire pour l'époque, il n'est plus vrai que les Livres saints dussent eux aussi en conserver le souvenir. Les livres historiques de la Bible li n'ont pas été écrits pour reproduire telles qu'elles d'autres sources, profanes surtout, existant encore à leur époque. Et la preuve, c'est que les auteurs des Chroniques, par exemple, y renvoient continuellement leurs lecteurs pour un supplément d'information.

Les auteurs inspirés poursuivant un but religieux se soucient quelquefois si peu de pareils détails, que le livre des Rois i2),en racontant la délivrance de Jérusalem du péril assyrien au temps d'Ezéchias, omet la notice intéressante que les Chronici'ues ont conservée dans leur récit parallèle. Et cependant cette prudente mesure de soustraire l'eau à l'ennemi n'était guère déplacée sous la plume de l'historien, d'ailleurs fort favorable au pieux monarque. La Bible peut donc parfaitement passer sous silence l'aqueduc de Siloé, son auteur et les circonstances de sa construction. Et ce qu'elle dit d'Ezéchias peut bien

queur olliciel existait a la cour de David, de Salomon, d'Ezéchias et dé .losias, et nous pouvons supposer qu'il en fut de même sous les autres princes, bien que l'Ecriture sainte n'ait pas l'occasion de le sip;naler. » P. Prat, La Bible cl l'/nstnire, Paris, 1904, p. 49.

il) 0 Ce caractère spécial de nos Livres saints, élevés par leur objet propre au dessus des ouvrages profanes, n'avait pas échappé aux docteurs delà Synagogue. 11 est à noter qu'ils n'ont pas fait dans leur canon une place à part aux livres historiques. Los plus anciens de ces écrits, Josué, les .luges, Samuel, les Rois, sont rangés parmi les prophètes ; les derniers, Esdras, Néhémie, Esther, les Paralipomcnes. sont comptés au nombre des Maktiïbiin ou hagiographes. à côté de .lob, des Psaumes, des Proverbes et du Canti(iue des cantiques. Ce n'est pas pour déroger à leur caractère historique, mais pour faire entendre (ju'ils ont une fin plus haute, que ce ne sont pas de simples manuels d'histoire. » P. Prat, op. cil., p. 2.0.

(2) n'iUReg., XV-III XiX.

d' inr, |„|)

Fkj. m. — Piscine dk Siloé. — -Minaret tcki: a l'emplacement

DE l'ancienne église.

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viser quelque autre entreprise, d'autant plus que des travaux hydrauliques considérables abondent dans l'ancienne Jérusalem. Nous l'avons dit déjà et nous aurons à v revenir.

//. — Le canal de Siloé.

Et puisque nous voilà sur le terrain scripturaire, il nous semble qu'lsaïe exclut même l'hypothèse d'une œuvre d'Ezéchias dans le canal de Siloé, puisque longtemps avant son règne, le prophète fait déjà allusion aux « eaux de Siloé, qui coulent doucement. « Il les oppose aux eaux de l'Euphrate « larges et puissantes », comme un symbole de la protection divine, garantie par la foi et bien différente de la protection d'Assur, impétueux et dévastateur malgré « toute sa majesté ».

Au début du règne d'Achaz (735), Phacée, roi d'Israël, et Rasôn, roi de Damas, ligués contre Juda, A^oulaient renverser la d3mastie de David au profit du fils de Tabéel. Le père d'Ezéchias, inc^uiet pour son trône, appela au secours Téglatphalasar, le puissant roi d'Assj^rie. C'était aux yeux disaïe solliciter une intervention périlleuse pour l'indépendance du royaume et injurieuse à Jahvé, le protecteur de la nation.

Et Jahvé me parla encore et dit :

« Puisque ce peuple a méprisé

les eaux de Siloé qui coulent doucement. Et qu'il tremble devant Rasôn

et le fils de Romélie :

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