I.I-: fiifioN sui'i':KiraK I)'i';/i':cihas PiT
appel le p/.sc/nt' supcricurc (VII, .'{), et qu'elle est aussi le (Jihon supérieur |1 [ Par. XXXII, 30). Aujourd'hui on l'appelle ]3irket-Mamillah ([). »
C'est là l'idée de M. Trochon (2i, et de MM. I'»..binson, (iregg, Merill, dont nous avons rapporté les découvertes, ainsi cjue de beaucoup d'exéo^ètes {3j.
Parmi ceux qui suivent l'hypothèse qu'Ezéchias est l'auteur du tunnel de Siloé, plusieurs se voient contraints d'admettre deux sources portant le même nom : le < Ciihon supérieur » à l'occident de la ville et le " (lihon in coiivallc » à la fontaine de la Vierge (4). « Il faut distinguer cette source, dit par exemple M. Guérin, d'une autre source de même nom, qui alimentait la piscine du Gihon supérieur, le Birket-Mamillah de nos jours (5i. » M. l'abbé Lesêtre reconnaît également qu'Ezéchias détourna les eaux du (iihon supérieur, de la piscine Mamillah, pour les diriger dans la piscine neuve « à l'occident de la ville et qui porte encore le nom d'étang d'Ezéchias (6). »
Quelque grandiose que puisse paraître ce travail, il pouvait cependant être mené assez rapidement ; car, exécuté à ciel ou\ ert, on pouvait y employer « une grande multitude 7i. »
L'explication parait de tout point satisfaisante ;
(1) Connu, iii Isaiain, païf! jirior, Paris, ISSi, p. ■iii-ii'.'i.
[2) M. Trochon remarque ijuc la piscine supérieure, dont on anicnail l'eau dans un hassin neuf, pouvait à juste litre ôlre appelée par opposition (( piscine ancienne, d (Let: ])roi)he!i(':> d'Isaie, Paris, ISTlî, p. 123.)
3) Voir : Clair, Le livre ilcx /?0(.v, t. Il, p. '62j.
(i) Nous verrons au parai,'raphe suivant ce qu'il faut entendre par ce (îihon.
ri) Jénisali'in, p. ioi. n. — Ctr. /«/. . p. i'M.
(G) Vif,'ourou.N, I)irt. dr tu Uihh\ t. I, col. 803, art .i'jiirduc.
(7) // Par., XXXIl, i.
cependant on s'est demandé si elle répondait à la donnée biblique « à l'ouest de Igi ville de David ? »
Remarquons d'abord que la piscine de Siloé, à laquelle on voudrait donner la préférence, est au sud plutôt qu'à l'ouest de lOphel. Remarquons ensuite que « à l'occident de la ville de David » est rendu « au milieu de sa ville » par le fils de Sirach. Voici le texte : « Ezéchias fortifia sa ville, et conduisit l'eau au milieu d'elle et creusa le rocher avec le fer et il boucha des montagnes en réservoir (1). » Ce n'est donc pas au milieu de la ville telle que l'a laissée le roi-prophète en mourant, que furent introduites les eaux déviées à l'approche de Sennachérib; mais elles furent conduites dans la ville telle qu'elle était constituée au temps d'E/.échias. C'est dans .sa ville, c'est-à-dire celle de David. qu'Ezéchias, à l'exemple de Salomon, venait d'élargir par une nouvelle enceinte, et c'est précisément ce nouveau quartier qu'il avait à pourvoir d'eau.
Même remarque pour l'expression « ville de David ». Le R. P. Lagrange lui-même reconnaît qu'elle n'est pas toujours prise dans un sens restreint (2^ et que par extension elle s'applique souvent à la ville de Jérusalem tout entière. Ainsi le prophète Isaïe dit aux habitants de la Ville sainte : « Vous inspecterez ccst-à-dii'C vous reparerez) toutes les brèches de la ville de David (3). » Le pro-
(1) lùcli., XLVIII, 19, d'après les fragments du texte hébreu. Voir Clermont-Canneau, Recueil d'arcli. or., Paris, 1904, t. VI, p. 108. — De toutes les variantes de ce passage, le texte original est encore celui qui nous autorise le moins A cherchor les travaux d'Ezéchias au fond d'une vallée.
(2) Op. cil., p. 30.
(3) Is., \\U, 9.
Lp; (iiiioN sLi'i':i<iEUR d'kzkciiias I'iÎI
phète entend évidemment les murs de la ville tout entière, sans exclure ceux qui renfermaient le temple et le quartier royal depuis le règne de Salomon. Puis, Ezéchias, non content de réparer les brèches, construisit une nouvelle enceinte pour protéger le faubourg extérieur cjui s'était formé au nord. Sous le règne suivant, la ville fut prise et saccagée par les Chaldéens, et Manassès, dit l'auteur des Chroniques, « rebâtit le mur extérieur de la ville de David (1). » C'est le mur construit par Ezéchias. Ce qui est la ville de David pour un écrivain sacré est la ville d'Ezéchias pour un autre et « la ville de Jérusalem » pour un troisième, u Comment il fit une piscine, dit l'auteur du IV'' livre des Rois en parlant d'Ezéchias, et un aqueduc et comment il introduisit l'eau dans la ville, cela n'est-il pas écrit dans le livre des annales du roi de Juda (2) ? »
Et puis, pourquoi l'auteur sacré aurait-il voulu spécifier, en termes d'ailleurs fort vagues, que le roi amena l'eau à l'occident de la ville jébuséenne. On ne voit point en quoi cela pouvait intéresser la gloire du pieux monarque, ou l'édification du peuple juif. En tout cas, il faudrait démontrer que cette distinction était dans la pensée de l'écrivain, et la démonstration reste encore à faire ^3;.
(1) H Par., XXXIIl.
(2) IV (II) Reg., XX, 20. — Retenons (|ue dans tous ces passades l'eau est introduite dans l'intérieur de la ville. La piscine de Siloé se trouva toujours à l'extérieur, comme on verra plus loin.
(3) Voici comment le R. P. Lagrange prouve que ces mots a à l'occident de la ville de David )> signilient a à l'ouest de l'antique Sion » : « On a déjà vu quelque chose de ses rapports [Ceux de Gthon) avec la cité de David. C'est de cette cité qu'il s'agit lorsque l'Ecclésiastique nous dit : (( Ezéchias fortifia sa cité et introduisit Gog au milieu d'elle » (XLVIII, 9), puisque le passage parallèle des Paralipomoncs indique que les eaux ont
IT)!) LA \iLLi-: i)i: david
Venons-en au deuxième mur construit par E/échias. Isaïe, d'abord, parle du nouveau bassin construit « entre les deux remparts il i. » Les Chroniques disent qu'Ezéchias avait élevé « à l'extérieur un nouveau mur 2). » La Bible ne détermine pas le tracé de cette nouvelle enceinte. Mais Josèphe nous apprend qu'elle prit son point de départ de la première enceinte à la porte de Gennath, enveloppa la région septentrionale et 5>e prolongeait jusqu'à l'Antonia 3/.
La porte de Gennath ou des Jardins, se trouvait, d'après le sentiment commun des savants, dans le voisinage de la Tour de David. En 188(). on découvrit au nord de la caserne turque les vestiges d'un antique rempart dont le prolongement passe à l'ouest de la piscine d'Ezéchias /i . Ce même mur fut retrouvé sur plusieurs autres points au sud et à l'est du monticule de Golgotha{5 , de mènie qu'on a constaté l'existence d'un fossé hors de l'ancienne porte appelée
été amenées à l'occident de la cité de David » {II Par., XXXII. 30). (>ii. cit., p. 33. — Comme démonstration, c'est peu I
(1) la., \.\II. 11.
(2) // l'or., XXXII, o.
(3) Itell. jiid., V, IV, '2.
(il Le 11. P. Lagmane {op. cit., p. 23 prétond ijue la second enceinte prit son point de départ sur la première, « probabiemont à mi-chemin entre la porte de .lalla et l'enceinte du llaram. » Il insinue p. 21 (jue le Birket llammiin el lîatrak, (( piscine située aujourd'hui dans la ville », se trouvait à l'orifjine hors des remparts. 11 aura sans doute chanf^é d'opinion, depuis (jue le R. V. Vincent titt (l('U.riènie enreitttr de Jénisalrtn, Ilenie Bihlinue, i!)02. p 3i 3'.>i a démontré que ces doux hypothèses sont insoutenahlos.
('.')] Voir Sélah Mérill. Recrut discoreiirs itt Jpni><iilpiii, P. /;. F. (Juarl. St.. 188G. p. 21-2'.. — C. Schick, T/ic srcoiid Wall, Kl., i8S7, p. 217-221.
— .\('U- cvcacattons, ht., l,Sil3, p. 1!ll-r.)3. — Sotca, M., ISOi, p. l'iG-t'iT.
— Grâces à ces découvertes, il est scicnliliquement constaté qu'avant Ilérodc AuTjppa le (iolgotha traditionnel so trouvait en dehors de la ville.
LE GiHON sui'i;i<n-;rR d i:/.i;t iiias l.)l
Jitdicidirc par les cli rétiens (1) et une contre-escarpe taillée dans le roc un peu plus au nord (2).
La piscine traditionnelle d'h^zéchias se trouve donc littéralement « entre deux remparts », l'enceinte du mont Sion d'un côté et la deuxième enceinte d'un autre coté. Celle-ci est l'œuvre d'Kzéchias, puisque son fils, comme nous le verrons au paraj^raphe suivant, la restaura depuis la porte des Poissons \'A> qui, d'après Néhémie (4) et Sophonie i.ï)!, occupait l'angle nord-ouest du deuxième rempart.
Mais le R. P. Lagrange fait remarquer qu'un siècle plus tard, pendant que les Chaldéens pénétrèrent en ville par le nord, le roi Sédécias s'enfuit par le sud, « par la porte qui est entre le mur double donnant sur le jardin du roi (6i. » Que faut-il entendre par une (( porte qui est entre un mur double v ? Le docte professeur ne le dit pas ; mais oubliant les informations fournies par la Bible sur le mur septentrional, et ne tenant pas compte des travaux exécutés depuis la mort d'Kzéchias jusqu'à la fuite de Sédécias, pas
(1) Voir Fr. Liévin de Ih/mmo, Ihiidc Iitdlcntciir dr T. S., \' éd., t. I, p. loG.
(2) Voir Wilson, Carlr Inp. de Jénisalriii, 1000. — Du mur septentrional de la douxicme cncein'e on n'a encore découvert aucune trace, aucune fouille n'ayant été entreprise jusqu'ici dans ers parages. iM. Warren (7"/"' rcrorerij of Jenisiilpin, p. 281-àSi), puis M. Clermont-tîanneau Airhii'olofjical rescarclirs, t. I, p. o7, 78-8i) ont seulement constaté que ce mur ne passait pas au sud de l'Hospice austro-hongrois. Nous savons par le livre de Xéhémie qu'avant l'exil déjà le mur septentrional était muni de la porte des Poissons vers l'ouest, de celle des Troupeaux vers l'est et d'une tour nommée Hananéel entre les deux. Kntre l'enceinte et le temple existait la tour Birah. la Hàres de Joséphe, dont Hérode lit la forteresse .\ntonia.
(3^ II Par., XXXIII. 11.
Cl) yeli., III, 3 : — XII. 38 : — XllI, 10.
(5) Snph., I, 10.
(G) Up. cit., p. 33.
ir)2 LA AILLE DE DAVID
même de ceux de Manassès, il affirme à plusieurs reprises que le mur extérieur élevé par Ezéchias passa au sud de Siloé (1) et il conclut de ses affirmations que le canal et la piscine de ce nom sont l'œuvre du pieux monarque.
Malheureusement, nous savons par Josèphe que la piscine de Siloé n'était pas renfermée dans la ville (2) ; le livre de Néhémie nous apprend de même que le mur méridional passait au nord de la piscine (3j. Les fouilles de M. Bliss vinrent confirmer ces données et montrer la « porte entre le double mur », l'unique porte au sud-est de la ville, au pied du mont Sion, dans la première enceinte de Josèphe i/f . L'épisode de Sédécias a donc été introduit assez maladroitement dans le débat 5i.
C'est donc au nord-ouest de la cité qu'il faut chercher le mur extérieur élevé par Ezéchias [G,. Dans
(1) Op. cit., p. 32. 33. 3i.
{il Uell.jud., V, IV, 2. — V, ix, 4.