‹ La ville de DavidChapitre 37 sur 49 · LE LIVRE DE NEHEMIE · texte numérisé non relu

LE LIVRE DE NEHEMIE

même « à la piscine construite ». De la « piscine construite » jusqu'au temple le travail est réparti entre treize groupes d'ouvriers. L'un d'eux répare le

Fig, 23. — Enceinte de Néhémie.

Ancinne enceinte ; enceinte actuelle. Echelle i : 15000.

mur depuis la porte des Eaux jusqu'au temple, distance qui ne peut être inférieure à 200 mètres. Les douze autres auraient restauré l'enceinte depuis la porte des Eaux jusqu'à la piscine construite,

ID'j I.A VII. I.i: DF. DAVID

distance qui ne saurait être plus du double de la précédente. Chaque groupe aurait donc mis cinquante-deux jours à réparer les brèches d'une muraille sur une longueur de 30 à 35 mètres. Et ce serait là le fait mémorable que l'écrivain sacré transmet à la postérité, à la gloire des villes ou des princes qui ont fourni les ouvriers?

Ne nous arrêtons pas aux difficultés que soulève le récit de Néhémie commenté par la théorie de rOphel. Si on ne lui demande que les données topographiques qu'il comporte, il ne brillera pas, sans doute, par la clarté, mais il ne sera pas non plus d'une obscurité aussi profonde qu'on le prétend parfois. Si ensuite on le rapproche fidèlement des découvertes archéologiques, — avantage qui manquait aux anciens exégètes. — il s'éclaircit : Les repères apparaissent assez bien définis et les chantiers échelonnés sur le pourtour de l'enceinte sont coordonnés avec intelligence \ .

Sellum restaure la porte de la Fontaine et le mur qui se replie vers le nord le long des deux piscines, et arrive « aux degrés qui descendent de la cité de David ».

Au nord de la piscine de Siloé, M. Bliss rencontra une rue qui monte sur la colline occidentale dans la direction du nord-ouest, et constata les vestiges d'une autre, un peu plus au sud, qui monte vers l'ouest. Or, sur le liane du mont Sion, au-dessus de ces vestiges, fut mise à jour « une rue en escalier »,

(1 .\ en juger des s.oclions plus ou moins rapprocliécs sur les divers points de I enceinte, le mur avait le plus bcs<)in de réparation au nordouest de la ville et au fond de la vallée centrale, et le moins au sud et à l'ouest du mont Sion. Cela s'explitiue aisément.

i.K i.nru; de nfîhiômik 19.")

suivant l'expression des professeurs de Notre-Dame de France, descendant vers l'orient.

Néiiémias, ensuite, répara l'enceinte en face « des tombeaux de David », et jusqu'à la piscine construite et la maison des Forts.

La maison des Forts ou des Héros est-elle le château de Millo, l'Acra des Septante, où David loi^ea sa garde ? Est-elle « la Maison de Millo, près de la descente de Silla )>, où Joas tomba victime d'une conjuration? Dans ce cas, le mur s'avançait jusqu'au pied de la colline nord-est du mont Sion, et dans ces parages encore inexplorés, mais où l'eau devait abonder autant que dans le voisinage, on s'attend bien à rencontrer une piscine.

De ce point, quatre groupes d'ouvriers furent occupés au mur C|ui croisait la vallée et qui, d'après Josèphe, se repliait vers le sud jusqu'à l'endroit occupé de son temps par le palais de Monobaze. On est arrivé (( sur la montagne » ; on rencontre <» le tournant, l'angle», qu'il ne faut pas chercher dans un mur tiré en ligne droite de la porte des Eaux à la pointe de la colline. Depuis la prison ou la tour du palais des rois de Juda jusqu'au temple, l'enceinte fut partagée en quatre sections.

Sur la colline orientale, à iGO mètres au sud du lïaram, M. Guthe a retrouvé un pan de mur avec une escarpe. Mais entre cette ligne et la pointe de rOphel distante de 250 mètres, on n'a retrouvé, malgré des recherches réitérées et savamment conduites ([), aucune trace de fortification. 11 est à

(Il 1,0 penchant méridional de l'Ophel fut li'autant mieux exploré, ijuil est à peu prés inhabité, et que longtemps on a nourri l'espoir d'y découvrir le sépulcre de David.

I1)G LA VILLE 1)I-: DAAII)

présumer que l'enceinte ne s'étendait guère plus bas.

Xéhémie, nous le répétons en terminant, ne s'était pas proposé de laisser aux générations futures une description des murs de Jérusalem ; il voulut simplement rappeler au peuple juif la part glorieuse que les diverses localités prirent à la restauration de la Ville sainte. Ses données peuvent nous paraître obscures, surtout dans l'état où nous est parvenu le texte ; mais elles cadrent assez bien avec l'histoire et les découvertes archéologiques, et d'aucune façon on ne saurait y trouver un argument positif contre le site traditionnel de la « ville de DaA'id ».

Page 1