‹ La ville de DavidChapitre 38 sur 49 · V. — La dédicace des ronparls · texte numérisé non relu

V. — La dédicace des ronparls

Dans lantiquité. toute ville était considérée comme un sanctuaire. Sa fondation était en conséquence un acte sacré, toujours marqué par une cérémonie religieuse et des sacrifices, auxquels tout le peuple prenait part après purifications préalables.

Jérusalem ne venait pas d'être fondée ; elle était simplement restaurée. Mais Néhémie s'occupa aussi du bien moral et religieux de la communauté juive, et lui fit renouveler l'alliance avec le Seigneur. Il assimila donc la restauration de la Ville sainte à une seconde fondation et en ordonna la dédicace. Les prêtres et lévites se purifièrent, et purifièrent ensuite le peuple, les portes et les murs.

C'est cette solennité que l'écrivain sacré décrit en

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quelques traits, pour rappeler à la postérité que la nation s'étant réconciliée avec Dieu, pouvait compter de nouveau sur sa puissante protection.

Le gouverneur organise deux chœurs de chantres suivis d'une procession. Les deux montent sur le rempirt à l'ouest de la ville, où ils se séparent, se dirigeant l'un vers le nord, l'autre vers le sud, afin de se rejoindre à l'est, devant le temple.

Le premier chœur, le seul dont la marche nous intéresse ici (l), se rend à la porte Sterquiline, puis « à la porte de la Fontaine. Et devant eux, ils montent sur les degrés de la ville de David, à la montée du mur au-dessus de la maison de David et jusqu'à la porte des Eaux, à l'orient (2'. » L'écrivain sacré omet de dire que la procession poursuivit son chemin depuis la porte des Eaux jusqu'au temple. Tout le monde sait déjà que ce point est le terminus de la dédicace.

Bien que le R. P. A^'incent ait identifié la piscine de Sélah avec un Adeux canal de la vallée de Cédron, il ne réussit cependant pas à concilier ce passage avec la théorie de la cité de David à l'Ophel. « Le texte, écrit-il, offre ici des difficultés insurmontables. La perturbation éclate au premier coup d'œil en comparant les Versions. Le texte massorétique très développé et bien ordonné en apparence, révèle des lacunes à l'examen, des tournures fautives et des raccords artificiels qui rendent impossible une

(1) Le second chœur se dirigea à gauche, par-dessus la tour des Fours, la porte d'Ephraïm, la porte des Poissons, la tour Hananéel, la porte Frobaliquo, et s'arrêta devant le temple à la porte de la Surveillance (Neh., XII, 38-40).

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interprétation correcte du récit (1). » Tout d'un coup il se ravise et dit : « Les données topographiques, qui seules nous intéressent, demeurent toutefois assez indépendantes de ce problème > topographique), au moins dans l'ensemble. Comparées à celles de II, 3 et m, 1-22, elles se contrôlent et s'éclairent les unes par les autres i2i. »

Cette dernière réflexion est très juste, l.a procession, une fois organisée sur le rempart, suit celuici dans tout son développement indiqué au chapitre m, sans le quitter jusqu'à son arrivée devant le temple. Les principaux repères sont assez bien tracés, et les incorrections que traducteurs ou copistes ont pu glisser dans la rédaction, sont aisément rétablies dans leur forme originale, grâce aux renseignements fournis dans les chapitres précédents ou même par le contexte.

De la porte Sterquiline, la procession se rend à celle de la Fontaine, d'où elle remonte vers le nord sur le mur retrouvé entre la piscine de Siloé et le mont Sion. Elle arrive ainsi « aux degrés qui descendent de la ville de David ». Le chœur liturgique ne gravit pas cette rue en escalier, puisque rien ne l'autorise à descendre du rempart et à traA'erser la ville. Le pourtour de l'enceinte était rétabli sans interruption, et chaque section demandait à être purifiée.

De là, la procession continue à suivre le mur restauré par les quatre groupes nommés au chapitre 111, 17, IS. et arrive » à la montée vers le mur ». qui n'est pas différente de « la montée de

1) Op. cit., p. 71.

a, Id., Ibid.

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