‹ La ville de DavidChapitre 7 sur 49 · III, I · texte numérisé non relu

III, I

(i) F.n Orient, le blé est f^énéralemenl battu par le.s bucufs (|iii le foulent aux pieds en marcbant dessu.s dans tous les sens (ÛPiit. XXV, i|. l ne fois broyc^, on le lance en l'air avec des pelles en bois pour le vanner. Le f,'rain, plus lourd que la paille, en est séparé sous l'action du vent. C'est pourquoi l'aire est située à un endroit exposé à tous les vents, de préférence au sommet d'une colline.

INTaODLCTION XXI

uns au Moriah, les autres à l'Ophel, amènent quelques palestinologues au nord du temple (I . autour du Golgotha [2j et même à la tour de (loliath {'A , qui certes appartient à l'enceinte d'Ilérode Agrippa. Il en est enfm, qui en vertu des mêmes textes s'arrêtent au site traditionnel et placent la « ville de David » sur le mont Sion actuel {\).

En 1882 M. Birch compte nci^/" théories topographiques sur l'emplacement de la « ville de David », et dans sa nomenclature ne figurent que les systèmes écrits en langue anglaise lo).

A son tour le site du Millo, la ville basse réunie

(1)1. Olshiuisen, Topograp/iir dex alleu Jenif^nlcm, Kiol, 1833, puis Fcryusson en IcSiT et Thrupp en 18;i3 (Zimmermann, Restaurirte Stitdlplitiw, BjUc, IS78j. — E. Clarkes, Trarels. . in Europe, Asia, etc., Londres, ISll, plaça le mont Sion au mont du .Mauvais Conseil. Ces théories ne Irouvèi-ent alors pas d'écho.

(i) M. Warrcn, The coiuparalive lioliness of Mouuts Zioii aud Moriah. P. !■. F. Quart. St., 18G9, p. 80. — The tomb of David, Id. 1875, p. 102, place le mont Sion au nord de la ville et suppose que les carrières des Grottes royales formairnt le tombeau de David. — M. C. Conder, Jeru- .•<alein topography, P. E. F. Quart. St., 1873, p. 152, laisse Jébus au mont Sion actuel ; mais il étend le Millo, la ville basse ou l'Acra, sur le (iolj^'otha, et voit dans le tombeau dit de Joseph d'Ànmathie, derrière la rotonde du Saint-Sépulcre, un reste du tombeau de David.

(3) Samuel Bergheim, Ideuti/icatiou of the attj of David. P. E. F. Quart. St., IS'.Ki, p. 120-I2.<. — Cette tour, appelée Kala'ut el Djaloud est communément prise pour la tour Pséphiua dont parle .losèphe, Bell' jud. V, IV, 3.

(4) Ed. Hobinson, Bihlical researches, Doston, 1851. — G. Schullz. Jérusalem, Berlin, ISii. — G. Williams, The holy Cil y. Londres, I8W. — T. Tobler, Topographie von Jérusalem, Berlin, 18o3. — 0. Thcnius, Das vore.vilische Jérusalem unil dessen Tempel, Leipzig. 1849. — Lewin, (V. Zimmermann, op. cit.). — Melchior de Vogué, Les églises de la Terre sainte, Paris, 1800: — Syrie, Palestine, Paris, 187G. - De Saulcy, Diction, topogr. de la Terre sainte, Paris, 1877. — Victor Guérin, Jérusalem, Paris. t8S0. — SouUier, Le mont Sion et la cité de David, Tulle, 180j. — G. Galt, Die Iliigel von Jérusalem, Fribourg en Br., 1897 : — Zion in Jérusalem, Bri.xen. 1000. — C. Rûckerf, Dir Lage des Berges Sion, Fribourg en Br., 1808. — .Mommert, op. cit.

(5) The Valley ofHinnom ud /ion, P. E. F. Quart. St., 1SS2, p. 00-06.

XXII INTRODIXTION

par David à la ville haute prise aux Jébuséens, donne lieu aux combinaisons les plus variées. En 1897, M. G, Gatt en énumère dix-neuf ([].

Et que tous ces savants aient exactement interprété la Bible, dont cependant ils se réclament, ce n'est guère croyable. Aussi rien d'étonnant si l'opinion se montre sceptique et considère comme quelque peu subjectives des théories présentées au nom de la science objective et de la haute critique.

Comme les textes bibliques habilement maniés se tournent dans tous les sens, ainsi les découvertes archéologiques, faites à Jérusalem ces dernières années, se prêtent-elles aussi aux interprétations les plus diverses.

Aux \'eux du R. P. Germer-Durand par exemple, « la commission anglaise du Palestine Exploration Fund... s'est obstinée à chercher Jébus et la ville de David sur la colline occidentale [le mont Sion actuel' 2i, ramenant toujours à cet objectif des fouilles dont la conclusion devrait fatalement aboutir à prouver le contraire (3). »

Et cela non plus n"a pas de quoi surprendre. Qui entreprend des fouilles dans un endroit quelconque de la ville, obéit, parfois, à une préoccupation. Ses études l'ont amené à un résultat qu'il veut contrôler. Aussitôt, il creuse et il cherche là où, selon sa lecture des textes, doit se trouver un mur, un canal, un escalier, etc. Quelle tentation dès lors à voir dans la moindre trouvaille la confirmation de son h^^po-

(1) Die Hiigel van Jerusalrni, p. 11.

(2) Lorsque nous ajoutons un mot d'éclaircissement aux textes que nous citons, nous le niellons entre parenthèse et en lettres cursives.

(3; Jopographif de Jn usaient. Echos d'Orient, 1903, p. U.

INTRODUCTION XXHI

thèse ! Il est si pénible de chercher en vain et de voir s'écrouler faute de données positives un système péniblement échafaudé et paternellement aimé ! C'est pourquoi les découvertes archéologiques soulèvent souvent plus de problèmes qu'elles n'en résolvent.

Si les nouvelles théories topographiques sur Jérusalem eurent le don de passionner vivement les spécialistes d'Allemagne, d'Angleterre et d'Amérique, elles n'émurent pas sensiblement les savants de France. Du reste, la littérature de la question est presque exclusivement anglaise et allemande, et les rares écrivains français, qui, avec M. Victor Guérin et M. Souiller, se sont occupés du problème, se prononcèrent en faveur du site traditionnel.

Il était réservé à la Revue biblique de faire mieux connaître parmi les lecteurs de langue française ces intéressants débats. Le premier fascicule du savant périodique publia sur la topographie de Jérusalem un article magistral, signé par le R. P. Lagrange (1).

Lui aussi entend s'en tenir aux seules données bibliques, et sans détours il écarte la tradition qui <( ne remonte guère au-delà du iv*" siècle de notre ère (2). » Après ce que nous avons dit du tombeau des rois de Juda dans la « cité de David », ce rajeunissement d'une tradition biblique surprend sous la plume du docte exégète.

Soucieux des droits de la critique, le Révérend Père met « en suspicion un renseignement qui ne se trouve pas dans la Bible, et que l'historien (Flavius Josèphe) ne nous dit pas avoir puisé ailleurs, parce qu'il est avéré qu'il accommode l'histoire ancienne

(1) Topographie de Jérusalem. Revue biblique, 1802, t. I, p. 17-38. {■>) Op. cit., p. 37. — Cfr. Reçue biblique, 1898, Bulletin, p. 422.

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