‹ La ville de DavidChapitre 8 sur 49 · XXIV INTRODUCTION · texte numérisé non relu

XXIV INTRODUCTION

selon ses vues d'apolo*jfie, tandis que nous admettons tout ce qu'il dit avoir vu 1 1 1. »

Peut-être saisira-t-on difficilement en quoi l'emplacement de la « cité de David » sur la colline occidentale décèle une tendance apologétique.

Quand, ensuite, le R. P. Lagrange admet des assertions de Josèphe « tout ce qu'il dit avoir vu », plus d'un lecteur se demandera si Josèphe n'avait pas sous les \'eux le monument élevé par Hérode sur le sépulcre de David? I.e fait est qu'il en parle en témoin.

Il est aussi regrettable que l'article de l'éminent Directeur de la Revue biblique soit tellement court que plusieurs textes scripturaires importants et de remarquables découvertes topographiques y soient passés sous silence...

On excusera cependant le Révérend Père de son laconisme, puisqu'il ne fait que revêtir d'une forme brillante une théorie amplement développée en Allemagne et en Angleterre, notamment par le chanoine anglican Birch. l'ardent champion delà théorie de Sion à l'Ophel. Un vulgarisateur de talent ne s'en réfère-t-il pas implicitement à ceux dont il fait connaître les idées ?

La haute réputation faite à l'illustre Directeur de VEcole biblique à Jérusalem donna une grande vogue, en France surtout, à la théorie qu'il prit sous son patronage.

Et de fait, elle avait revêtu sous sa plume un

aspect si séduisant, qu'elle finit, pour ainsi dire, par

avoir raison du culte de la tradition et fut enfin

agréée par ceux mêmes, qui d'abord s'étaient émus

\\] Op. cit., p. 25.

IN'JKOIJICTION XX\'

de sa nouveauté. \ ^a. Revue biblique consiaicxiiniiguirc ce mouvement, et M. J.-B. Pelt pouvait dire en lîJO'i « que l'opinion des partisans de l'Ophel tend à prévaloir (I). » Même aux 3'eux de tel recenseur de la docte Revue elle a déjà prévalu ; car à propos d'un ouvrage du U. P. Nivard Schlœgel (2i, il avoue naïvement : « Nous ne nous attendions pas à trouver Schlœgel parmi les tenants de l'opinion surannée qui veut placer Sion sur la colline sud-ouest ;3j. » Quant aux professeurs de Notre-Dame de France, basant leur localisation des cités et des souvenirs « sur l'examen des faits et des lieux, et aussi sur la tradition authentique étudiée à la lumière des plus anciens témoignages ('11, » l'opinion qui fait commencer Jérusalem sur l'Ophel leur semble « ne pas pouvoir laisser de doute (5i. »

Cette confiance optimiste étonne chez des auteurs familiarisés avec les productions de la science contemporaine. Involontairement on doute de la théorie avancée comme une vérité incontestable, quand on lit la réfutation détaillée qu'en ont faite plusieurs érudits et notamment un professeur de l'Université de Fribourg, M, Ch. Rûckert (Ol, et quand on considère la multiplicité des s^'stèmes divergents, défendus encore aujourd'hui au nom de la Bible et des découvertes archéologicj^ues par des savants de renom.

Peut-être même est-il d'autant plus important de se méfier des conclusions hâtives sinon prématurées,

(1) Histinre de l'Ancien Teslainenl, i' éd.. Paris, l'.tO't, t. H. p. 3o.

(2) Die Bûcher Samuels, Vienne, 190i.

(3) Revue biblique, 190i, Recensioii, p. 010.

(i) La Palestine, Paris, 1904, .\vanl-Propos, p. v. (o) Id., p. -56.

(6) Op. cit.

XXVI INTRODICTION

qu'il s'agit dans l'occurrence d'une question fort importante. Toute la topographie de Jérusalem sera différente selon qu'on mettra son point initial sur le Sion, sur l'Ophel ou en quelque autre endroit.

L'authenticité des sanctuaires traditionnels à son tour en subira les conséquences. Ainsi, M. Caspari mettant la « ville de David, la sainte Sion, » au Moriah cherche le Saint-Cénacle dans les environs du temple Ij. M. C. Conder (2), M. S. Bergheim ,3) et d'autres déduisent de leurs théories que le saint Sépulcre de Notre-Seigneur appartient en réalité au tombeau des anciens rois hébreux, situé au sein de la « ville de David. »

Enfin, une question de méthode se pose ici. Est-il critique de rejeter en bloc le témoignage de la tradition alors surtout que la diversité des systèmes, tous basés sur la Bible et sur le résultat des fouilles, démontre que ces sources d'information manquent d'ampleur et de précision pour terminer le débat?

Néanmoins, nous n'entendons pas faire l'étude de la tradition du mont Sion, ni prendre celle-ci comme base de notre discussion. Tout simplement nous passerons en revue les différents arguments bibliques et archéologiques mis en avant, et nous essayerons d'en analyser la valeur (4i. Le résultat de notre enquête permettra déjuger du bien fondé de l'opinion traditionnelle.

(1) Op. cil., p. 316-317.

(2) Thr holy Sepukhre, P. E. F., (Juart. St., 1883, p. 73.

(3) Op. cit., toc. cit.

(4) Nous nous occuperons particulièrement de la théorie qui place Sion à l'Ophel, parce que la plus accréditée, et nous nous référerons volontiers à l'étude du R. P. Lagrange qui a exposé le nouveau système avec le plus de talent.

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Equidistance 20 mètres — Echelle 1:15 000.

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