‹ La ville de Québec sous le régime françaisChapitre 100 sur 275 · LE CHAUFFAGE DE L'ÉGLISE PAROISSIALE · texte numérisé non relu

LE CHAUFFAGE DE L'ÉGLISE PAROISSIALE

Aujourd'hui, toutes nos églises sont chauffées. Nous assisl\ tons aux offices religieux, confortablement assis, sans sentir le froid qui règne au dehors. Il n'en était pas ainsi sous le régime français. Aucune église n'était chauffée.

M. Benjamin Suite, écrit dans son Histoire des Canadiens français :

" Les églises furent privées de poêles jusque vers l'année 1800. Le prêtre qui célébrait tenait une chaufferette sur l'autel; quelques paroissiens avaient des chaufferettes sous les pieds. Les poêles des forges de Saint-Maurice, qui datent de 1730 au moins, attendirent près d'un demi-siècle le privilège d'entrer dans la maison du bon Dieu."

On réchauffait l'église paroissiale de Québec en y plaçant des chaudières un peu avant l'office. Ces chaudières, chauffées au bois, laissaient échapper un peu de fumée mais elle montait à la voûte et la braise des chaudières tempérait un peu le froid de l'église. Le Journal des Jésuites parle, à différentes reprises, de ces chaudières.

Au sujet de la messe de minuit du 25 décembre 1645, il dit: "... Il y avait en outre deux grandes chaudières fournies du magasin pleines de feu pour échauffer la chapelle; elles furent allumées auparavant sur le pont. On avait donné ordre de les ôter après la messe ; mais cela ayant été négligé, le feu prit la nuit au plancher qui était au-dessous de l'une des chaudières dans laquelle il n'y avait pas au fond assez de cendre ..."

Le Journal des Jésuites, à la date du 25 décembre 1647, porte encore: "Il y avait trop de chaudières à l'église à la messe de minuit, deux suffisent avec celle de M. le gouverneur, et elles furent allumées trop tard, de sorte qu'il les fallut faire ôter; il y en avait 5 ou 6."

L'année suivante, 1648, l'hiver fut si doux, qu'on ne fut pas obligé de se servir de chaudières dans l'église de Québec pour la messe de minuit.

Dans ce même Journal des Jésuites, à la date du 14 février 1646, on lit:

" Le 14e jour des Cendres, on sonna trois coups pour la grande messe, le premier à 6 heures, qui fut aussi le signal de la première messe basse, où on fit la bénédiction des cendres more solito Socielatis, le dernier à sept heures; à l'issue de la grande messe, après la communion, on donna des cendres. On avait été averti qu'elles ne se mettraient ni sur les calottes ni sur les coèffes des femmes, mais qu'il fallait présenter les cheveux; on y manqua, mais il est facile au prêtre de suppléer en les mettant dessous la coëffe."

Ce passage du Journal des Jésuites nous laisse entendre que, dans l'église paroissiale de Québec, pour se protéger des atteintes du froid, les hommes se mettaient des espèces de calottes sur la tête et les femmes des coiffes épaisses. Il ne faut pas oublier, en effet, que les casques, portés par les dames, ne furent admis dans les églises qu'après 1759. Quant aux prêtres, ils avaient pour protéger la tête et les épaules contre les morsures du froid, l'aide de leur épais camail.

Page 196

Page 1