‹ La ville de Québec sous le régime françaisChapitre 101 sur 275 · LES SYNDICS À QUÉBEC · texte numérisé non relu

LES SYNDICS À QUÉBEC

N 1647, le roi établit le Conseil de Québec et lui confia la

réglementation du trafic et de la finance. En même temps,

— il ordonnait la nomination de syndics pour les postes de Québec, Montréal et Trois-Rivières, syndics élus " par les habitants desdits lieux chacun an par scrutin." Ces syndics avaient entrée en séance au Conseil, sans voix délibérative, pour y représenter les droits de leur charge et l'intérêt de la communauté. En 1648, le roi modifia la composition du Conseil en y faisant entrer deux habitants du pays, choisis par les membres réguliers du Conseil dans une assemblée où se trouvaient les syndics . . .

" Sous l'ancien régime, le syndic était l'officier élu par les membres d'un corps ou d'une communauté pour veiller aux affaires communes. Il présentait les demandes et les vues de la communauté aux autorités qui, de même, le chargeaient de faire connaître à ses mandataires leurs décisions et leurs volontés. Le syndic restait constamment sous l'œil de l'administration. Il fallait une permission officielle pour tenir l'élection qui avait lieu devant le commandant ou le juge, et le résultat était proclamé et confirmé par l'autorité. De plus, le syndic était très limité dans ses fonctions. Il devait toujours solliciter la permission, s'il voulait tenir une réunion de la communauté. Il ne devait signer aucun document en qualité de syndic, ni faire signer des requêtes, sans l'autorisation du juge ou du commandant. Il pouvait être suspendu de ses fonctions par les autorités. Ce fut l'arrêt de 1647, établissant le Conseil de Québec, qui créa les premiers syndics canadiens. Ils jouirent alors d'une assez grande influence puisqu'ils avaient entrée et séance au Conseil, pour y représenter l'intérêt de leur communauté. Pendant qu'ils continuaient d'exister à Montréal, les syndics furent supprimés à Québec, en 1661, par ordre du gouverneur d'Avaugour, " sans ordre de justice observée." Mais, en 1663, après la création du Conseil Souverain, ce dernier permit, à la suite de représentations, d'élire, non pas un syndic, mais un maire et deux échevins. L'institution n'eut pas l'heur de plaire et le Con-

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seil, cinq semaines plus tard, décida de rétablir le syndic. Mais des dissensions se produisirent, une première élection, en juillet 1664, fut mise de côté et ce ne fut qu'en septembre de cette année qu'un nouveau syndic fut élu, qui prêta le serment d'office devant le Conseil Souverain.

" Dès lors, le syndic de Québec joua un rôle actif et important. Exerçant consciencieusement sa charge de représentant de la communauté, il venait fréquemment devant le Conseil Souverain exposer les demandes de ses concitoyens, leurs plaintes et même leurs suggestions de tout ordre et de toute nature. Et son rôle était d'autant plus important et plus utile que le Conseil, durant cette brève période, tint effectivement en main l'administration de la colonie. En 1665, au cours de la querelle Mézy-Laval et de la réorganisation du Conseil Souverain qui fut des mois sans se réunir, le syndic disparut de la vie publique. Mais le système avait donné de si bons résultats que les citoyens en demandèrent au Conseil la réinstallation, ce qui se fit en 1667. Et le syndic reprit auprès du Conseil son rôle d'interprète de l'opinion publique, faisant des représentations au sujet du prix des marchandises, de l'établissement d'une brasserie, du tarif du castor, et la liberté du commerce, la suppression des droits sur les liqueurs, et toutes questions intéressant la petite communauté. Là-dessus arriva un nouveau gouverneur, Frontenac, bientôt laissé seul à la tête du pays sans intendant. Il convoqua, en octobre 1672, une réunion des citoyens, à Québec, qu'il divisa en quatre ordres, le Clergé, la Noblesse, la Justice et le Tiers-État, à qui il fit prêter le serment de fidélité. En mars 1673, en place du syndic de Québec, il établit trois échevins. . ."

Source: Revue Trimestrielle Canadienne, 15*™ année (1929), article de Gustave Lanctôt.

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