LA MÈRE CATHERINE DE SAINT-AUGUSTIN
"X"\ ien de plus extraordinaire que la vie de Catherine de Saint- Augustin. A trois ans et demi, elle éprouve déjà des désirs ardents de faire en toutes choses la volonté de Dieu; et comme elle entend dire par un Jésuite, le Père Malherbe, que c'est dans la souffrance, et surtout dans la souffrance endurée pour le prochain, que l'on est le plus sûr de faire cette volonté, elle ressent déjà ces transports de charité qui lui feront un jour accepter héroïquement de se charger des péchés du prochain pour les expier par la pénitence.
" A dix ans, elle signe de son sang un acte de donation de sa personne à la sainte Vierge et fait vœu de la regarder toujours comme sa mère, de ne jamais commettre aucun péché mortel, et de vivre en perpétuelle continence.
" A quatorze ans et demi, elle prend l'habit religieux au couvent des Hospitalières de Bayeux. A seize ans, elle fait profession ; puis elle part pour le Canada, après avoir vaincu par ses prières les résistances de son pieux et digne père M. de Longpré.
" La voilà entrée dans le monastère de l' Hôtel-Dieu de Québec. C'est alors que commence pour elle cette vie étonnante de souffrances intérieures, de croix et d'épreuves de toutes sortes, accompagnées de dons surnaturels.
" Au milieu des dons surnaturels dont Dieu l'honorait, elle était d'une humilité exemplaire, et ne voulait se distinguer de personne en quoi que ce soit. Dans la maison," écrit sa supérieure, "elle était la première au travail, et des plus ferventes à se mortifier en tout ce qui regardait sa personne, choisissant toujours pour soi les choses les plus incommodes, supportant tout des autres, excusant tout, sans jamais s'excuser soi-même, mais plutôt désirant que ses défauts fussent connus de tout le monde. "Bon Dieu," disait-elle souvent, "puisque nous ne sommes que ce que nous sommes devant Dieu, pourquoi cherchons-nous à paraître autrement aux yeux des hommes."
" Nous savons en quelle estime MKr de Laval tenait cette
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religieuse que l'on a justement appelée la Catherine de Sienne du Canada. Bien des fois, il se rendit au parloir des Hospitalières pour se recommander à ses prières ferventes, et l'intéresser au succès des affaires les plus importantes de son vicariat apostolique.
" La Mère Marie de l'Incarnation écrivait au sujet de Catherine de Saint- Augustin : "J'ai entendu de M8* notre prélat que cette bonne mère était l'âme la plus sainte qu'il eût connue. Il en pouvait parler avec connaissance, dit-elle, car c'est lui qui la dirigeait. . ."
" Catherine de Saint- Augustin s'éteignit doucement le 8 mai 1668. "Elle avait rempli tout le Canada de l'odeur de sa sainteté, dit Charlevoix; et le temps n'a encore rien diminué de la vénération qu'on avait pour elle de son vivant."
" Ma très-chère Mère," écrivait Mgr de Laval à la supérieure des Hospitalières de Bayeux, "il y a grand sujet de bénir Dieu de la conduite qu'il a tenue sur votre Sœur Catherine de Saint-Augustin. C'était une âme qu'il s'était choisie pour lui communiquer des grâces très grandes et très particulières. Sa sainteté sera mieux connue dans le ciel qu'en cette vie; car assurément elle est extraordinaire. Elle a beaucoup souffert avec une fidélité inviolable, et un courage qui était au-dessus du commun. Sa charité pour le prochain était capable de tout embrasser, pour difficile qu'il fût. Je n'ai pas besoin des choses extraordinaires qui se sont passées en elle pour être convaincu de sa sainteté; ses véritables vertus me la font parfaitement connaître . . . Dieu a fait une faveur bien particulière à nos Hospitalières de Québec, et même à tout le Canada, lorsqu'il y a envoyé cette âme qui lui était si chère."
Source: l'abbé Auguste Gosselin, Vie de M«r de Laval.
Signature de Catherine de Saint-Augustin
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