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LA PETITE HERMINE DE JACQUES CARTIER

Au Musée municipal de Saint-Malo on conserve quelques l\ débris d'un vieux navire sur lesquels on lit l'inscription : A la mémoire de Jacques Cartier et des braves marins, ses compagnons.

Débris du navire la Petite Hermine, de Saint-Malo, que Jacques Cartier fut contraint d' abandonner au Canada en avril 1536. La carcasse de ce navire, qui n'était que de 60 tonneaux, a été retrouvée après trois cents ans d'abandon; elle a été recouverte par un mètre 66 cent, de vase.

Souvenirs présentés par la Société Historique de Québec à la ville de Saint-Malo en 1843.

Quand Cartier retourna en France au printemps de 1536, il résolut d'abandonner la Petite Hermine. Il donne lui-même la raison de cet abandon dans son Récit: "Nous étions, dit-il, si affaiblis, tant de maladies que de nos gens morts, qu'il nous a fallu laisser un de nos navires au dit lieu de Sainte-Croix".

En 1843, on retrouvait près de l'embouchure du ruisseau Saint-Michel la carcasse d'un petit navire enfouie dans la vase. Les directeurs de la Société Littéraire et Historique de Québec se rendirent sur les lieux, et après avoir examiné la position du navire, les bois, la ferraille, le caractère des cailloux trouvés sur son fond et qui avaient dû servir de lest, ils en vinrent à la conclusion qu'ils avaient sous les yeux les débris de la Petite Hermine abandonnée par Cartier en 1536.

Plusieurs de ces débris furent envoyés au maire de Saint- Malo. Celui-ci, avant d'accepter ces glorieux fragments, nomma une commission d'experts pour décider s'ils avaient réellement appartenus à la Petite Hermine. Le 13 décembre 1843, les cinq membres de la commission, MM. Ch. Cunat, A. Dépasse, Leguen- Lacroix, B. Michel et M. Gilbert, décidaient que les pièces qu'on leur avait remises avaient bien fait partie du petit navire de Cartier, et ils suggéraient à la ville de Saint-Malo d'assigner un local spécial pour les conserver. On les garde précieusement au

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Musée municipal, depuis cette époque, et les habitants de Saint- Malo sont toujours heureux de les faire voir aux Canadiens qui visitent leur ville.

Les pièces conservées à Saint-Malo sont: 1° un boulon de l'étrave; 2° un morceau de fer; 3° un boulon de liaison; 4° une cadène; 5° un organeau à piston; 6° un manche d'une cuiller à pot; 7° un morceau de cheville; 8° un hameçon; 9° douze clous de vaigrage; 10° un morceau de gabord; 11° un genou en bois; 12° une varangue du milieu; 13° un bordage; 14° un morceau du gabord; 15° différentes pièces de bois; 16° un paquet de mousse pétrifiée; 17° pierres et galets.

Les débris du vieux navire trouvés dans le ruisseau Saint- Michel étaient-ils réellement des restes de la Petite Hermine de Jacques Cartier?

La plupart de nos historiens et archéologues canadiens sont d'opinion que Cartier laissa la Petite Hermine non dans le ruisseau Saint-Michel mais dans la rivière Lairet. Les Sauvages, après le départ de Cartier, auraient-ils pu conduire la Petite Hermine de la rivière Lairet au ruisseau Saint-Michel ? Certainement non.

Dans son étude La "Petite Hermine" de Jacques Cartier, M. N.-E. Dionne, à l'aide du Récit du capitaine malouin, des Relations des Jésuites, des ouvrages du Frère Sagard, etc., a accumulé des preuves qu'il est difficile de détruire contre la théorie de la Commission de Saint-Malo qui décida, en 1843, que les débris du navire qu'on lui avait soumis appartenaient à la Petite Hermine.

Les archéologues de Saint-Malo agirent avec la meilleure foi du monde en rendant leur décision. Seulement, il nous parait qu'ils examinèrent trop les débris qu'ils avaient sous les yeux et pas assez les pages de l'histoire.

Source: N.-E. Dionne, La "Petite- Hermine" de Jacques Cartier et diverses monographies historiques.

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