TROIS VALEUREUX CITOYENS DE QUÉBEC
Si le gouverneur de Lauzon ne fut pas populaire à Québec, par contre, ses trois fils qui s'établirent dans le pays remplirent des rôles utiles qui les firent estimer et admirer de tous. Dès son arrivée à Québec, le gouverneur de Lauzon s'occupa de placer l'administration de la justice sur un pied plus régulier. La Compagnie de la Nouvelle-France avait décidé que la justice ordinaire aurait pour chef un grand sénéchal avec juridiction sur tout le pays, un lieutenant général civil et criminel, au siège de Québec, et un lieutenant particulier civil et criminel pour rendre la justice en première instance. Le gouverneur accorda la charge de grand sénéchal à son fils Jean de Lauzon.
Le grand sénéchal de Lauzon, si estimé à Québec, finit sa courte carrière de façon héroïque. Sa mort ressemble jusqu'à un certain point au sacrifice de Dollard qui sauva Montréal d'une destruction certaine.
Jean de Lauzon fut tué à l'île d'Orléans, le 22 juin 1661, avec quelques compagnons, en se défendant vaillamment contre les Iroquois qui les avaient pris dans une embuscade.
Le grand sénéchal était fort aimé dans la colonie. Très gai, il savait tempérer le commandement par une douce familiarité qui ne nuisait pas à son autorité. Toujours prêt à courir sus à l'ennemi, la jeunesse le suivait avec ardeur. Il était respecté de tous pour sa bravoure, son dévouement, sa piété. Sa fin tragique fut considérée comme une calamité, et chacun le pleura comme un proche parent.
Louis de Lauzon de la Citière ne fut pas moins estimé que son frère Jean de Lauzon. Possesseur de grandes étendues de terre, il était venu au pays pour y " vivre et mourir," c'est-à-dire devenir un vrai Canadien. Les motifs d'un des actes de concession qui lui furent consentis nous donnent les vraies raisons de son passage au Canada. Il avait la volonté bien arrêtée de " s'habituer en la Nouvelle-France et de faire défricher, déserter et ensuite habiter le plus de familles qu'il lui serait possible afin de peupler cette
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vaste province et de la fortifier contre ceux qui la voudraient attaquer, aussi la résolution du dit seigneur de Gaudarville de construire quelques réduits pour défendre ces lieux exposés, par l'éloignement de tout secours, aux irruptions des Iroquois et menacés d'un abandon complet par la mort ou la captivité de quelques-uns de ceux qui s'y étaient établis et la désertion des autres."
Malheureusement Louis de Lauzon de la Citière ne put donner sa pleine mesure. Il se noya le 5 mai 1659, comme il revenait en canot de l'île d'Orléans. Un grand vent de nord-est fit chavirer son embarcation et son cadavre ne fut jamais retrouvé. Il avait épousé Catherine-Marie de Fossembault.
Charles de Lauzon de Charny, que son père avait fait grand maître des eaux et forêts de la Nouvelle-France, avait épousé une des filles du premier seigneur de Beauport, Robert Gifïard. Il était aussi brave que ses frères et ne manquait pas de courir aux endroits dangereux aussitôt que les Iroquois étaient signalés. C'est à lui que son père confia le commandement intérimaire de la Nouvelle-France lors de son départ du pays en 1656.
Le 30 octobre 1656, Dieu frappait rudement M. de Lauzon de Charny en lui enlevant sa jeune femme. Il avait toujours eu beaucoup de piété. Il passa en France, se fit recevoir prêtre, et revint au pays au mois de juin 1659, en même temps que M** de Laval. Celui-ci s'attacha à l'abbé de Lauzon de Charny, le fit son grand vicaire et lui accorda toute sa confiance. Les luttes que dut subir M^ de Laval avec les hauts fonctionnaires du Canada fatiguèrent beaucoup M. de Lauzon de Charny, qui était d'un caractère doux et paisible. De son union éphémère avec Louise Giffard, il avait eu une fille qui entra à l'Hôtel-Dieu comme religieuse, puis passa aux Hospitalières de La Rochelle. C'est dans cette ville qu'il décida d'aller finir ses jours, loin du bruit et des honneurs. M. de Lauzon de Charny vivait encore en 1689.
Signature de M. de Lauzon de Charny
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Signature de M. de Lauzon de la Citière