‹ La ville de Québec sous le régime françaisChapitre 120 sur 275 · LA CONGRÉGATION DE LA SAINTE VIERGE EN · texte numérisé non relu

LA CONGRÉGATION DE LA SAINTE VIERGE EN

ous lisons dans le Journal des Jésuites, à la date du 14

1^ février 1657:

"Le Jour des Cendres, le P. Poncet fit la première assemblée dans sa chambre (au collège des Jésuites de Québec) des congréganistes de Notre-Dame. Ils étaient douze."

Dix jours plus tard, le 24 février 1657, le Journal des Jésuites notait encore:

" M. Vignard (Vignal) dit la première messe dans la chapelle de la congrégation de Notre-Dame, en la première assemblée des congréganistes, où M. de Charni fut recognu le préfet de la dite congrégation."

Cette congrégation, établie le 24 février 1657, existe encore et, disons-le avec joie, elle n'a jamais eu d'interruption.

La congrégation Notre-Dame de Québec fut dirigée par les Pères Jésuites jusqu'à leur disparition du Canada.

En 1790, M81 Hubert confia la direction de la congrégation Notre-Dame à des prêtres séculiers. C'est en 1818, qu'on construisit l'église de la rue Dauphine où les congréganistes se réunissent encore tous les dimanches et jours de fête d'obligation.

En 1849, les Pères Jésuites étant revenus s'établir à Québec, M81" Signai fut heureux de leur remettre la direction de leur ancienne congrégation. Ils l'ont toujours conservée depuis.

Mais la congrégation Notre-Dame de Québec, vieille pourtant de près de trois siècles, n'est pas la première établie au pays.

En 1653, le Père Chaumonot, missionnaire des Hurons réfugiés à l'île d'Orléans, avait établi parmi eux une congrégation de la sainte Vierge qui, il est vrai, n'eut pas une longue existence, mais n'en est pas moins la première fondée dans la Nouvelle- France.

Un an après sa fondation, en 1654, la congrégation des Hurons de l'île d'Orléans envoyait un collier de porcelaine à la congrégation de la maison professe des Jésuites, à Paris, en reconnaissance des secours qu'elle avait donnés aux Hurons dans leur

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détresse. Ce collier devait être placé sur la madone honorée à Paris.

Le collier en question était accompagné de la prière suivante :

" Recevez, ô Dame du Ciel, ce présent que vous offre l'élite de vos serviteurs hurons. C'est un collier plein de mystères : il est composé de nos plus fines perles. Il est animé et enrichi de la voix et du salut que l'ange Gabriel vous a offerts autrefois. Nous n'avons rien de plus précieux dans nos mains, ni rien de plus saint dans notre cœur, pour vous être présenté, et pour obtenir le ciel par votre moyen."

En même temps, les congréganistes hurons avaient dicté au Père Chaumonot, pour leur confrères de Paris, une lettre naïve et touchante. Elle était écrite sur une écorce de bouleau et était signée par Jacques Ouchon, préfet, Louis Faicron, 1er assistant, et Joseph Sandouskou, 2e assistant. Le Père Chaumonot avait joint à la missive huronne une traduction française.

La congrégation des Hurons de l'île d'Orléans portait le nom de congrégation Sainte-Marie.

Signature de M. Vignal

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