‹ La ville de Québec sous le régime françaisChapitre 13 sur 275 · OÙ ÉTAIT STADACONA DANS LE QUÉBEC ACTUEL · texte numérisé non relu

OÙ ÉTAIT STADACONA DANS LE QUÉBEC ACTUEL

Demandons-nous d'abord ce que signifiait le mot Stadaconé ou Stadacona.

D'après M81- Laflèche, le mot Stadacona (Statakwan) serait d'origine crise et signifierait Y aile.

Le Père Arnaud, oblat de Marie-Immaculée, très versé en langue montagnaise, donne l'origine suivante au mot Stadacona: "Stadacona, Statakostnen, Tatagushtnen, Statakona — endroit où l'on passe sur des morceaux de bois comme sur un pont. Probablement avant l'arrivée des Français, les Sauvages qui faisaient le trajet de Sillery à l'embouchure de la rivière Saint-Charles, soit pour la chasse soit pour la pêche, pour passer le Cap-Blanc au pied duquel les eaux du fleuve venaient battre, étaient obligés de sauter sur des ramassis de bois de marée que les courants tenaient collés contre le cap; de là Stadacona."

Le Père Laçasse, également connaisseur en langues sauvages, confirme absolument l'opinion du Père Arnaud.

D'ailleurs, en étymologie sauvage, les théories ne sont jamais solidement établies, tant de caprices et de raisons président au choix des noms chez les Sauvages.

Et, maintenant, voici une question posée bien des fois, qui n'a jamais été résolue de façon péremptoire, et à laquelle nous ne prétendons pas donner une réponse certaine : où se trouvait, dans le territoire actuel de la cité de Québec, la bourgade de Stadacona, dont Cartier nous parle avec tant de complaisance dans son Récit de 1535 ?

Voyons le texte même de Cartier. Après avoir fait mention de l'extrémité est de l'île d'Orléans, il écrit:

" Et fit le dit capitaine apprêter ses barques pour passer outre, et aller avant le dit fleuve avec le flot, pour chercher havre et lieu de sauveté pour mettre les navires, et fûmes outre le dit fleuve environ dix lieues côtoyant la dite île. Et au bord d'icelle trouvâmes un affour d'eau fort beau et plaisant. Auquel lieu y a une petite rivière et havre de barre marinant de deux à trois brasses,

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que trouvâmes lieu à nous propice pour mettre notre navire à sauveté. Nous nommâmes le dit lieu Sainte-Croix (aujourd'hui la rivière Saint-Charles), parce que le dit jour y arrivâmes." Puis Cartier décrit ainsi Stadacona:

"Auprès d'icelui lieu (c'est-à-dire la rivière Sainte-Croix ou Saint-Charles) y a un peuple dont est seigneur le dit Donnacona et y est sa demeurance qui se nomme Stadacona, qui est aussi bonne terre qu'il soit possible de voir et bien fructiferente, pleine de fort beaux arbres de la nature et sorte de France. Comme chênes, ormes, frênes, noyers, ifs, cèdres, vignes, aubépines, qui portent le fruit aussi gros que prunes de Damas, et autres arbres: sous lesquels croît de aussi beau chanvre que celui de France, qui vient sans semence ni labour. Après avoir visité le dit lieu et trouvé être convenable, se retira le dit capitaine et les autres dedans les barques pour retourner ès navires."

C'est là, absolument, la seule indication de Cartier au sujet du site de la bourgade de Stadacona. Comme on le voit, il est assez difficile, avec un texte aussi vague, d'essayer même de placer une conjecture.

Cependant, M. l'abbé Ferland, dans ses Notes sur les registres de Notre-Dame de Québec, dit:

"Je suis porté à croire que le village de Stadacona était situé sur cette partie du coteau qui s'étend de la porte de la Canoterie à la côte d'Abraham."

Le savant abbé n'avait pourtant pas dû avoir d'autres sources d'informations que les lignes de Cartier que nous venons de citer.

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