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LES RÉSIDENCES DE M81- DE LAVAL

A son arrivée à Québec, comme il n'y avait pas encore de maison épiscopale ni même de presbytère, IVP de Laval fut l'hôte des Pères Jésuites. Il resta quelques semaines avec

eux.

Mp de Laval se transporta ensuite chez les Hospitalières de l'Hôtel-Dieu. " Chez les Hospitalières, dit M. de Latour, il se logea dans un appartement dépendant de l'hôpital. Il y demeura près de trois mois."

Au mois de novembre 1659, M*1" de Laval et ses prêtres prirent leur logement dans le pensionnat sauvage des Ursulines qui portait alors le nom de Séminaire. Dans une de ses admirables lettres, la vénérable Mère de l'Incarnation dit, parlant de Mp de Laval: " Nous lui avons prêté notre séminaire qui est à un des coins de notre clôture et tout proche de la paroisse. Il y aura la commodité et l'agrément d'un beau jardin, et afin que lui et nous soyons logés selon les saints canons, il a fait faire une clôture de séparation."

Dans un rapport envoyé au Saint-Siège en 1660, M*1" de Laval dit au sujet de la petite maison louée des Ursulines: " Nous la trouvons assez riche parce qu'elle suffit à notre pauvreté. Nous avons avec nous trois prêtres, qui sont nos commensaux, deux serviteurs, et c'est tout."

A la fin de 1661, M81 de Laval quitta les Ursulines pour aller passer l'hiver avec les Pères Jésuites.

Au printemps de 1662, Mgr de Laval, ayant acheté une vieille maison bâtie, à peu près sur le site du presbytère actuel de la haute ville, il s'y logea avec ses prêtres.

Le 12 août 1662, Mgr de Laval s'embarquait pour la France. Pendant son absence, M. l'abbé de Bernières, curé de Québec, fit détruire la vieille maison que l'évêque venait de laisser, et la remplaça par un édifice qui coûta huit mille cinq cents livres.

A son retour à Québec, le 7 septembre 1663, 1VF de Laval prit possession de la maison construite par M. de Bernières. Il lui

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donna le nom de séminaire. Dans un rapport fait au Saint-Siège en 1664, l'évêque écrit: " J'ai établi mon domicile dans mon séminaire; il y a là avec moi huit prêtres, que j'envoie, suivant les besoins et à ma discrétion, dans les différentes missions de mon vicariat, ou que j'occupe sans relâche à d'autres fonctions ecclésiastiques."

Le 15 novembre 1701, vers une heure et quart de l'après-midi, le feu se déclarait dans le séminaire de de Laval. Tout l'édifice fut détruit. L'évêque, retenu à sa chambre par la maladie, fut sauvé difficilement et transporté chez les Pères Jésuites. Il y resta jusqu'à la Saint-François-Xavier.

Mp de Saint- Vallier avait acheté quelques années auparavant la maison du sieur Provost (dans le parc Montmorency-Laval actuel) pour la transformer en évêché. Les travaux de construction et de réparation n'étaient pas terminés. Mgr de Laval se fit aménager quelques chambres dans cette maison, et y resta une couple d'années.

Il retourna ensuite au séminaire de Québec où on lui donna une salle appelée l'infirmerie.

Le 1er octobre 1705, le feu chassait encore une fois M*1- de Laval de son logement. Les étages supérieurs du séminaire furent détruits. Pour la troisième fois, Mp de Laval reçut l'hospitalité des Pères Jésuites. Il y demeura deux mois.

Dans l'intervalle, on s'était hâté de préparer un appartement à de Laval dans la partie du séminaire que les flammes avaient épargnée. Cette aile du séminaire portait alors le nom de porterie. C'est dans cette pièce que décéda Mp de Laval le 6 mai

Récapitulons: de 1659 à 1708, Mp de Laval avait habité: 1° chez les Jésuites; 2° à l'Hôtel-Dieu; 3° chez les Ursulines; 4° chez les Jésuites; 5° petite maison de la rue Buade; 6° séminaire de la rue Buade; 7° chez les Jésuites; 8° maison de la côte la Montagne; 9° au séminaire de Québec; 10° chez les Jésuites; 11° au séminaire de Québec.

Sources: l'abbé Auguste Gosselin, Vie de M& de Laval; M*r Henri Têtu, Histoire du palais épiscopal de Québec.

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LA MUSIQUE AU TEMPS DE Mgr DE LAVAL

""1% /f GR de Montmorency-Laval paraît avoir eu un goût très IY/1 prononcé pour l'art musical. Lorsqu'il arriva à Québec avec M. de Mézy, au mois de septembre 1663, il apportait avec lui un orgue acheté en France, destiné à la " grande église " qui devait plus tard devenir sa cathédrale. Inauguré vers la fin de l'année 1664, cet instrument (qui servit de modèle pour la fabrication d'autres orgues construites dans la colonie par un ecclésiastique), fut sans doute détruit pendant le bombardement de

" Quatre jeunes élèves du collège de Québec, — quatre "officiers de musique" comme parle le Journal des Jésuites, — paraissent avoir été spécialement remarqués et protégés par le premier évêque de la Nouvelle-France: c'étaient Germain Morin, le premier prêtre canadien ordonné parle vénérable prélat; Charles- Amador Martin, le deuxième prêtre canadien dans l'ordre chronologique, fils du "pilote royal " Abraham Martin dit l'Écossais, qui donna son nom aux célèbres Plaines d'Abraham, et le premier compositeur de musique dont il soit fait mention dans nos annales historiques ; le sympathique Pierre de Repentigny de Francheville, né aux Trois-Rivières en 1649, ordonné prêtre, en 1676, et décédé en 1713; et, enfin, Louis Jolliet, qui, après avoir porté pendant quelques mois l'habit ecclésiastique, devint le voyageur, l'explorateur et l'hydrographe illustre que chacun sait, et ajoutait à ses autres talents celui de virtuose.

" Louis Jolliet, le premier de nos organistes canadiens, était de trois ans plus âgé qu'Amador Martin, le premier de nos compositeurs. Tous deux étaient nés à Québec.

" Amador Martin est surtout connu pour avoir écrit la musique de la prose Sacrae Familiae, qui est très remarquable. L'historique de l'office de la Sainte-Famille nous entraînerait à parler de la part que prirent à sa composition (à la demande de Mgr de Laval) M. Ango des Maizerets, M. Henri de Bernières, le R. P. Jean Dablon et le R. P. Martin Bouvart, de la Compagnie de

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Jésus; puis, subséquemment, les poètes Sauteuil et Gourdan, de l'abbaye de Saint- Victor, de Paris . . .

" Ces lignes incomplètes le seraient davantage si je n'ajoutais que les chants que l'on entendait à Québec au dix-septième siècle n'ont pas cessé de faire partie de notre héritage national. Ce sont nos chansons populaires, les vieux cantiques que l'on chante encore dans nos églises ou au sein de nos familles, les mélodies de la mélopée grégorienne. Mais il est remarquable qu'il n'existe plus aucune trace des airs sur lesquels l'on dansait à Québec, dans les réunions profanes, sous le régime français.

" Nos annales parlent bien des violons qui se firent entendre chez Guillaume Couillard aux noces de Jean Guyon, le 27 septembre 1645 (elles ne parlent ni de vielles ni de binious), mais elles ne font aucune mention des airs ou des danses exécutés par les virtuoses et les chorégraphes d'antan. On ne saura jamais au juste ce que fut le ballet auquel assista la ** petite Marsollet " dans la maison des Cent Associés, le 27 février 1647; et les chercheurs du vingtième siècle devront s'en tenir à de simples conjectures sur le côté artistique du grand bal — le premier bal au Canada, — donné par Louis-Théandre Chartier de Lotbinière, le 4 février 1667."

Source: Souvenir des fêtes du 21-23 juin 1908, article de Ernest Gagnon.

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