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LE PREMIER PRESBYTÈRE DE QUÉBEC

" A peine M^de Laval et M. de Bernières furent-ils arrivés au l\ Canada en 1659, écrit M. l'abbé Auguste Gosselin, qu'ils songèrent à se bâtir une résidence, près de l'église paroissiale. Il n'y avait encore là qu'une chétive maison en bois, où logeait le bedeau."

A l'automne de 1660, M. de Bernières, nommé curé de Québec, obtint de l'évêque et de la fabrique la permission de bâtir un presbytère sur le terrain de l'église.

Charles Aubert de la Chesnaye, riche négociant, prêta à la fabrique une somme de six mille livres, sur l'assurance qu'il serait remboursé par la Compagnie des Habitants qui, depuis 1644, avait pareille somme en dépôt pour la dite construction. Cette somme provenait d'un riche convoi de pelleteries conduit à Québec, en 1644, par une vingtaine de soldats qui revenaient du pays des Hurons. Les profits de ce convoi avaient d'abord été en dispute entre la Compagnie des Cent Associés et la Compagnie des Habitants. Un compromis avait terminé l'affaire. On avait décidé de destiner six mille livres pour la construction d'un presbytère.

On avait offert ces six mille livres aux Pères Jésuites à la condition de bâtir le presbytère. Ceux-ci préférèrent laisser l'argent en dépôt entre les mains de la Compagnie des Habitants.

La construction du presbytère fut commencée en 1661. M. de Bernières et ses confrères purent y entrer à l'automne de 1662. Il fut entièrement terminé à l'été de 1663.

" C'était, dit encore M. l'abbé Gosselin, une bonne maison en pierre, parfaitement finie à l'extérieur et à l'intérieur. Le Conseil Souverain, le 21 octobre 1663, nomma une commission de cinq ouvriers, savoir deux maîtres maçons, Jean Monfort et Jean Charlet, un maître charpentier, Jean Lemire, et deux maîtres menuisiers, Jean et Pierre Levasseur, pour le visiter et en établir la valeur. Les experts estimèrent le presbytère à la somme de huit mille cinq cents livres. La somme était assez élevée pour l'époque.

Ce presbytère fut en partie détruit dans l'incendie qui con-

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suma le séminaire de Québec, le 15 novembre 1701. Il fut réparé tant bien que mal. En 1730, on se plaignait déjà que le presbytère de Québec tombait en ruines.

En 1740, il fut sérieusement question de rebâtir le presbytère de Québec. Le sieur Aubin fut même chargé de passer le marché de construction, mais on découvrit que la Fabrique n'avait pas d'argent et l'affaire fut remise à plus tard.

Le 29 décembre 1749, le curé de Québec représentait à ses marguilliers la nécessité de bâtir un presbytère. On proposa d'imposer une taxe générale sur tous les paroissiens pour cette construction. Le projet n'eut pas de suite à cause de son impopularité.

C'est sur ces entrefaites que l'évêque s'offrit de bâtir le presbytère avec l'aide des paroissiens. Le chapitre protesta, prétendant qu'il était propriétaire du terrain où on voulait bâtir. L'évêque de Québec ne s'obstina pas, et abandonna le projet de reconstruction du presbytère.

En résumé, le presbytère de Québec, détruit de fond en comble pendant le siège de 1759, était la maison construite par M. de Bernières en 1661 et 1662. Il avait donc servi un peu moins de cent ans.

Le presbytère de Québec ne fut reconstruit qu'en 1772. C'est le presbytère actuel.

De 1759 à 1772, les curés résidèrent au séminaire de Québec où se tinrent aussi les assemblées des marguilliers.

Le premier presbytère de Québec était précisément sur le site du presbytère actuel de la paroisse de Notre-Dame de Québec, rue Buade. Le Conseil Souverain siégea de temps en temps dans le premier presbytère de Québec. Ceci indique que la maison avait une certaine décence.

Sources: l'abbé Auguste Gosselin, Henri de Bernières, premier curé de Québec; Bulletin des Recherches Historiques, vol. XV (1909), article de M*' Têtu.

Signature de M. l'abbé Henri de Bernières

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