‹ La ville de Québec sous le régime françaisChapitre 142 sur 275 · SAINT VINCENT DE PAUL ET QUÉBEC · texte numérisé non relu

SAINT VINCENT DE PAUL ET QUÉBEC

es Hospitalières de l'Hôtel-Dieu de Québec conservent avec

grand soin une précieuse relique de saint Vincent de Paul.

— C'est une lettre autographe que le saint écrivit à la Mère Saint- Joseph, supérieure de cette institution, et dans laquelle il rend un glorieux témoignage au dévouement des premières Hospitalières de Québec.

Nous transcrivons ici cette lettre du grand saint en respectant scrupuleusement l'orthographe:

" Ma révérende mère,

" La grâce de Notre-Seigneur soit avec vous pour jamais.

** Il est vrai que ceux qui m'ont fait l'honneur de vous rapporter l'estime que je fais des missions du Canada ont eu sujet de le faire; car, en effet, je regarde cette œuvre comme l'un des plus grands qui se soient faits depuis quinze cents ans, et ces saintes âmes qui ont le bonheur d'y travailler, comme des âmes vraiment apostoliques qui méritent l'approbation et le secours de l'Église, particulièrement vous et votre communauté qui contribuez à l'assistance spirituelle et corporelle des pauvres et des malades, qui est le comble de la charité chrétienne, et en quoi je tiendrai à singulière bénédiction de vous aider, s'il plaît au bon Dieu de m'en faire la grâce quelque jour. Quant à présent, ma chère mère, cela m'est du tout impossible, à cause des misères de ce pays icy provenants des guerres passées, et des divisions présentes de ce royaume qui réduisent les provinces dans une entière désolation, à quoy plusieurs personnes charitables de Paris tachent d'apporter quelque remède contribuant de leurs soins et de leurs aumônes pour empêcher que le monde périsse de pauvreté. Mais ces aumônes ne pouvant suffire; il servirait de peu de leur parler des besoins du Canada. Je ne doute pas, ma chère mère, que ceux de votre hôpital ne soient grands, après les pertes que les Iroquois vous ont fait

De Paris, ce 20 avril 1662.

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souffrir de delà et la diminution notable du revenu que vous avez ici sur les coches, dont je suis bon témoin, pour ce que plusieurs de nos maisons y ayant leur petite subsistance, ont peine d'en tirer la moitié de ce qu'elles en tiraient ci-devant, je prie Notre-Seigneur, ma révérende mère, qu'il suscite quelques bonnes personnes qui vous donnent moyen de lui continuer vos services en ses pauvres membres, et c'est ce que j'ose espérer de sa paternelle providence qui est adorable partout. J'ai une particulière confiance en vos prières; bien que je sois indigne d'y participer, je vous les demande néanmoins avec toute l'humilité que je le puis, et avec désir qu'il plaise à Dieu me faire la grâce de vous servir qui suis en son amour,

Ma révérende mère,

Votre très humble

et obéissant serviteur,

Vincent de Paul, Ptre,

de la Mission.

A ma Rde Mère,

La Mère Supérieure des Religieuses de la Miséricorde de l'Hôtel-Dieu de Kébec,

A Kébec.

Cette lettre de saint Vincent de Paul à la Mère Saint- Joseph est d'autant plus précieuse qu'elle n'a pas été incluse dans le recueil des lettres du saint publié en France il y a quelques années.

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