‹ La ville de Québec sous le régime françaisChapitre 167 sur 275 · LE GOUVERNEUR DE COURCELLES À QUÉBEC · texte numérisé non relu

LE GOUVERNEUR DE COURCELLES À QUÉBEC

M Daniel Rémy de Courcelles fut nommé gouverneur et lieutenant général en Canada, Acadie et île de Terre- • Neuve le 23 mars 1665. Sa commission disait: " Ayant résolu de retirer le sieur de Mézy de l'emploi de gouverneur et notre lieutenant général de Canada, et d'établir en sa place une personne en la suffisance et fidélité de laquelle nous nous puissions reposer de la conduite de nos peuples du dit pays et du soin d'y accroître le christianisme, d'y améliorer le commerce et d'y augmenter les colonies, nous avons, pour remplir cette charge, fait choix de notre cher et bien-aimé le sieur de Courcelles, notre lieutenant au gouvernement de Thionville, qui a donné plusieurs preuves de son expérience et de sa valeur, et que nous savons avoir toutes les qualités nécessaires pour se dignement acquitter des devoirs de la dite charge."

L'histoire n'a pas conservé le souvenir des " preuves de l'expérience et de la valeur " données par M. de Courcelles avant sa nomination au gouvernement de la Nouvelle-France.

M. Talon avait été nommé intendant de la Nouvelle-France, en même temps que M. de Courcelles en recevait le commandement général. Ils arrivèrent ensemble à Québec, le 12 septembre 1665. Ils avaient fait la traversée sur le navire le Saint-Sébastien.

L'entrée de M. de Courcelles dans la capitale passa presque inapperçue. Le lieutenant général de Tracy était alors à Québec et cet important personnage jetait le gouverneur un peu dans l'ombre. Ses lettres de nomination furent enregistrées par le Conseil Souverain, le 23 septembre. M. de Courcelles assistait à cette séance du Conseil, mais il n'y tenait que le second rang, tous les honneurs allant à M. de Tracy. D'ailleurs, pendant son séjour dans la Nouvelle-France, M. de Tracy assista à presque toutes les séances du Conseil Souverain et il tint à les présider lui-même chaque fois.

Au mois de janvier 1666, M. de Courcelles se mit à la tête d'une expédition composée de soldats du régiment de Carignan

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et de miliciens canadiens, pour aller attaquer les Agniers et les Onneyouts dans leurs propres cantons. Dans son impatience d'atteindre les ennemis, il commit l'imprudence de ne pas attendre ses guides algonquins, et il se rendit jusqu'à six lieues d'Albany pour apprendre que les Agniers étaient absents de leur bourgade. Sa petite armée eut cependant quelques escarmouches sans importance avec des Sauvages errants. M. de Courcelles fut de retour à Québec le 17 mars 1666. M. de Courcelles ne montra pas de grandes qualités militaires dans cette expédition, mais il prouva tout de même aux Iroquois que, même en hiver, les Français pouvaient aller détruire leurs bourgades.

L'expédition organisée par M. de Tracy un peu plus tard et à laquelle M. de Courcelles prit part, mieux conduite, eut plus de succès. Elle força les Iroquois à demander la paix.

Après le départ de M. de Tracy pour la France, M. de Courcelles, laissé à lui-même, semble avoir eu avec M. Talon des différends qui engagèrent probablement l'intendant à repasser en France.

M. de Courcelles retourna en France, à l'automne de 1673.

Le gouverneur de Courcelles, dit Charlevoix, était doué de grands talents administratifs, mais il manquait quelquefois d'activité. Il s'était quelque peu laissé prévenir contre le clergé, et le ministre dût lui faire dire de se conduire avec douceur envers tout le monde et de ne point blâmer publiquement la conduite de Mp de Laval et des Jésuites, mais de lui faire part de ses griefs afin d'y remédier.

A son retour en France, M. de Courcelles reçut le commandement de Toulon. Il conserva ce poste jusqu'à sa mort, survenue le 24 octobre 1698. Il mourut donc juste un mois avant M. de Frontenac qui lui avait succédé comme gouverneur de la Nouvelle- France.

Signature de M. de Courcelles

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