‹ La ville de Québec sous le régime françaisChapitre 190 sur 275 · EN · texte numérisé non relu

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ur la fin de juillet 1670, les délégués de plusieurs tribus iro-

quoises, algonquines, huronnes, etc, se rencontrèrent à Qué-

bec pour y faire régler par le gouverneur de Courcelles une grave question qui menaçait la paix entre les Iroquois et les Algonquins. Il y eut trois réunions importantes. Le principal orateur à chacune de ces assemblées fut le célèbre Garakontié, chef des Iroquois d'Onnontagué. Il avait toujours été l'ami des Français et s'était fait instruire dans la religion catholique. Il n'avait pas, cependant, encore voulu recevoir le baptême.

Garakontié termina son dernier discours par une profession de foi qui plut à tous. Quant à la foi, dit-il, qu'Onnontio désire tant voir se répandre partout, je la professe publiquement parmi ceux de ma nation, je n'adhère plus à aucune superstition, je renonce à la polygamie, à la vanité des songes et à toutes sortes de péchés.

Mgr de Laval, que les Jésuites des cantons iroquois tenaient depuis longtemps au courant des bonnes dispositions du chef Garakontié, jugea qu'il ne devait pas le laisser retourner dans son pays sans lui administrer le baptême.

Le chef iroquois, pressenti, accepta avec plaisir de recevoir l'eau régénératrice.

La cérémonie eut lieu dans la cathédrale de Québec en août 1670. M61" de Laval voulut bien conférer lui-même de ses propres mains les sacrements de baptême et de confirmation à Garakontié. Le gouverneur de Courcelles s'offrit pour être le parrain et choisit comme marraine mademoiselle de Bouteroue, fille de l'intendant de Bouteroue.

Le concours de peuple qui assistait à la cérémonie ne pouvait être plus grand et Garakontié eut le contentement de voir autour de lui les chefs de presque toutes les nations qui habitaient la Nouvelle-France: Hurons, Algonquins, Outaouais, Mahingans, Agniers, Onneyouts, Onnontagués, Tsonnontouans, Etionnontates, etc, etc.

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Garakontié, sous le rapport de la politesse et des bonnes manières, aurait pu en remontrer à bien des Français. Après la cérémonie, il remercia IVP de Laval de lui avoir ouvert par les deux sacrements qu'il venait de lui conférer, la porte de l'église et du paradis, et lui témoigna sa résolution de vivre désormais en bon chrétien. Il se rendit ensuite au château Saint-Louis pour remercier M. de Courcelles de l'honneur qu'il venait de lui faire en lui donnant son nom sur les fonts du baptême.

M. de Courcelles, qui tenait à lui être agréable, le reçut comme un prince. A son entrée dans l'enceinte du château, il fut salué par la décharge de tous les canons du fort et de toute la mousqueterie des soldats qui étaient disposés en haie pour le recevoir.

La fête se termina par un magnifique festin préparé par les soins du gouverneur où Garakontié régala tous les délégués sauvages réunis à Québec.

Les festins sauvages ressemblaient aux dîners français en ce sens que les discours n'y manquaient pas. Un orateur huron parla de Garakontié dans les termes suivants: Nous voici tous assemblés au festin. C'est Daniel qui nous y traite. Daniel est celui que nous avons connu jusqu'ici sous le nom de Garakontié. Il nous convie à son festin pour nous assurer et prendre à témoin qu'il a embrassé la foi chrétienne et qu'il n'est pas un enfant pour s'en dédire: il en fera profession solennelle devant tous ceux de sa nation lorsqu'il sera retourné chez lui et vous n'entendrez jamais dire que Daniel ait manqué de parole en ce qu'il vient de promettre en son baptême.

Le chef huron ne se trompait pas. Garakontié fut jusqu'à sa mort un chrétien exemplaire.

Le brave Garakontié décéda au milieu des siens, à Onnontagué, en 1678. Il avait demandé à être enterré à la française, c'està-dire dans une tombe, et il avait également prié les Jésuites de dresser une croix près de son tombeau afin que ses compatriotes n'oubliassent pas qu'il avait été chrétien.

Le Père de Lamberville, missionnaire à Onnontagué, lors de la mort de Garakontié, écrivant à son supérieur à Québec, le Père Dablon, fait les plus beaux éloges de ce constant et habile ami des Français.

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