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LES ÉCHEVINS DE QUÉBEC EN

N 1673, le gouverneur de Frontenac ressuscita le corps d'é-

chevins qui avait existé à Québec pendant quelques semai-

— nés de 1663.

Les deux premiers articles de son règlement de police pour la ville de Québec du 28 mars 1673 sont consacrés aux échevins:

" 1° — On élira trois échevins dont le premier sera juge de police avec les deux autres pour adjoints, et aura soin que toutes les choses aillent selon l'ordre et les règlements qui seront ci-après faits; laquelle élection se fera pour la première fois de tous les trois ensemble, et ensuite d'un seulement par chaque année, en commençant par le dernier, afin qu'il en reste toujours deux des anciens, et en sorte néanmoins que celui qui aura été élu pour le premier ne puisse être que trois années dans la dite charge, à moins qu'il n'y soit continué par une nouvelle élection et ce pour une fois seulement et ainsi des autres.

" 2° — La dite élection se fera pour cette année seulement le lendemain du jour de Pâques, et les suivantes au jour et fête de saint Joseph, patron de ce pays, par la pluralité des suffrages des habitants de la ville de Québec, mais elle ne sera point valable qu'elle ne soit confirmée par nous ou par ceux qui nous succéderont dans ce gouvernement, lesquels pourront selon qu'ils le trouveront à propos et nécessaire pour le service du Roi les changer et en nommer d'autres en leur place."

Plus loin, le gouverneur de Frontenac traçait une partie de la besogne dont les échevins seraient chargés.

" Le juge de police avec les échevins," disait-il, "fera tous les mois sa visite dans toutes les maisons pour voir si les choses ordonnées s'exécutent de la manière qu'elles sont prescrites, et pour visiter tous les poids et mesures, lequel aussi aura soin d'empêcher les cabaretiers de vendre à heure indue, fera tenir les rues nettes et nous avertira s'il y a dans la ville des gens sans aveu et de mauvaise vie afin de recevoir nos ordres pour les expulser."

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Dans l'article 35e du même règlement, M. de Frontenac disait encore: .

" Lorsqu'il y aura des deniers communs et appartenant à la ville, les échevins n'en pourront faire l'emploi qu'après en avoir communiqué et pris notre consentement, et à la fin de chaque année ils seront tenus de dresser un compte de la recette et emploi des dits deniers, pour être par nous en la présence des échevins et notables de la ville alloué et arrêté."

Quels furent les trois échevins élus à Québec en 1673 ? Nous ne trouvons leurs noms nulle part. Les délibérations du Conseil Souverain, pour 1673, sont absolument muettes à leur sujet.

Pourtant, il y eut élection d'échevins pour Québec en 1673. Nous en avons la preuve certaine dans une ordonnance signée par M. de Frontenac le 15 avril 1673.

Cette ordonnance dit :

" Sur ce qui nous a été représenté par les échevins de cette ville de Québec que dans les règlements de police par nous faits les 23 mars 1673. . . "

Plus loin dans la même ordonnance nous lisons encore:

" Nous ayant égard à la dite remontrance et que les dits échevins ne pourraient subvenir aux dépenses qu'il leur conviendra faire journellement sans avoir des deniers communs à l'instar des autres corps des villes de la France ..."

Il y eut donc un corps d'échevins à Québec en 1673, mais il est probable qu'il ne vécut pas longtemps.

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