LE SIEUR FRANQUELIN, HYDROGRAPHE DU ROI À
QUÉBEC
En 1678, l'on voit pour la première fois le nom de Jean-Baptiste-Louis Franquelin comme habitant de Québec, mais il était dans le pays depuis quelques années. Il était originaire de Saint-Michel-de-Villebernin, archevêché de Bourges, et fut envoyé dans la Nouvelle-France pour y travailler à la carte du pays.
Le 13 novembre 1686, le gouverneur de Denonville écrivait au ministre :
" Je croirais encore, Monseigneur, qu'il serait d'une utilité fort grande au service du Roi d'avoir ici un maître pour montrer les premiers principes de la navigation. Je crois que l'on trouverait ici de bons sujets. Il y a ici un homme très capable d'enseigner nommé Franquelin, qui fait des cartes ici. Il sait bien des bonnes choses. Il serait très utile que vous eussiez la bonté de lui faire donner quelque subsistance. Il enseignerait à écrire, à dessiner, la navigation et l'arithmétique. Nos Canadiens ont assez de dispositions à être bons pilotes, en leur donnant le moyen d'apprendre."
M. de Denonville ajoutait:
" Les Canadiens sont tous grands, bien faits et bien plantés sur leurs jambes, accoutumés dans les nécessités à vivre de peu, robustes et vigoureux, mais fort volontaires et légers, et portés aux débauches. Ils ont de l'esprit et de la vivacité."
Le ministre se rendit à la suggestion de M. de Denonville, et fit nommer Franquelin hydrographe du roi à Québec, aux appointements de quatre cents livres par année. Son brevet de nomination fut signé par le roi dans les premiers mois de 1687.
Nous lisons dans une lettre adressée à M. de Lamet par le Père Chabaud, datée de Québec le 29 novembre 1688:
" M. Franquelin, notre mathématicien, va à la cour; il emporte une carte considérable que vous pourrez voir chez M. de Seignelay. "
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C'est pendant le séjour en France de l'habile cartographe, en mars 1689, qu'il soumit au ministre deux mémoires qui prouvent que, dès cette époque, il était préoccupé de cette mer de l'ouest à la recherche de laquelle Gaultier de la Vérendrye devait, quelques années plus tard, consacrer sa vie.
En 1689, on offrit à Franquelin la charge d'ingénieur du roi laissée vacante par le départ du sieur de Villeneuve. Mais Franquelin était plutôt un cartographe qu'un ingénieur, et il n'accepta pas l'offre du ministre du roi. Il se consacra dès lors à faire la carte des parties du nord de l'Amérique. L'attaque de Phipps contre Québec en 1690, et les malheurs des temps empêchèrent Franquelin de travailler comme il l'aurait voulu à cette œuvre importante.
A l'automne de 1692, Franquelin s'embarquait de nouveau pour la France, envoyé par le gouverneur Frontenac. Il revint au pays dans l'été de 1694.
Franquelin se rembarqua pour la France tard à l'automne de 1694 ou dans le premier vaisseau qui fit le trajet de Québec en France, au printemps de 1695. Il ne devait pas revenir dans la Nouvelle-France.
En 1701, il fut de nouveau nommé hydrographe du roi à Québec, mais il resta en France et Jean Deshayes eut la charge qu'il ne voulut pas accepter.
Franquelin avait épousé, pendant son séjour à Québec, une veuve chargée de huit enfants. Cette union mal assortie le chargea de dettes et fut la cause de tous ses malheurs.
Nous avons de Franquelin plusieurs cartes renommées. Parmi ces cartes, toutes finement travaillées, deux intéressent Québec :
1° Carte du fort Saint-Louis de Québec — 1683.
2° Plan géométrique de la basse ville de Québec avec partie de la haute ville pour connaître la disposition du lieu et faire voir l'augmentation qui s'en peut faire jusqu'à la basse marée — 1683.
Source: Pierre-Georges Roy, Un hydrographe du roi à Québec: Jean- Baptiste- Louis Franquelin.
Signature de Jean-Baptiste-Louis Franquelin
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