‹ La ville de Québec sous le régime françaisChapitre 222 sur 275 · UN PROJET DE M. DE MEULLES · texte numérisé non relu

UN PROJET DE M. DE MEULLES

Dès son arrivée à Québec, l'intendant de Meulles se rendit compte que la basse ville, qui " servait de magasin pour recevoir toutes les marchandises qui venaient de France et qui faisaient tout le commerce du Canada," serait bientôt encombrée, si on ne dressait tout de suite un plan pour la distribution systématique des quelques emplacements qui restaient à concéder.

M. de Meulles fit dresser par le sieur Franquelin, hydrographe du roi à Québec, un Plan géométrique de la basse ville de Québec avec partie de la haute ville pour connaître la disposition du lieu et faire V augmentation qui s'en peut faire jusqu'à la basse marée. Le mémoire de M. de Meulles basé sur le plan de Franquelin, envoyé à la cour en 1683, n'a pas été conservé, mais, heureusement, nous avons une note de Franquelin qui explique son plan et nous fait connaître le projet de l'intendant.

Cette note de Franquelin intitulée " Mémoire à Monseigneur le marquis de Seignelay pour l'augmentation de la basse ville de Québec " disait:

" L'augmentation de la basse ville de Québec, qui est la capitale de la Nouvelle-France, étant ce qui se peut faire de plus avantageux dans le dit pays, tant pour attirer de nouveaux habitants dans la dite ville et la rendre plus marchande, que pour la mettre en état par l'abondance du peuple de résister aux efforts de ceux qui pourraient être capables de faire des entreprises contre cette colonie, la dite basse ville étant bornée d'un côté par une côte fort élevée, et de l'autre par le fleuve de Saint-Laurent, M. de Meulles, intendant de justice, police et finance du Canada, n'a trouvé qu'un moyen, mais très facile pour faire cette augmentation, qui est de prendre un espace qui se découvre à basse marée de deux cents toises de long d'un côté et de cent toises pour le retour qui rend (sic) au Sault-au-Matelot et de quatre-vingts de large depuis la côte jusqu'à la dite basse marée, comme il se peut voir sur le plan ci-joint, au bout duquel espace on bornerait la rivière par une digue ou muraille de la hauteur de douze pieds sur huit

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pieds d'épaisseur par en bas, qui se réduirait à trois pieds par le haut. Cette muraille arrêtant la marée donnerait lieu aux habitants de prendre des places pour les bâtir et la ville se trouverait par ce moyen augmentée de plus d'un tiers et se fortifierait beaucoup, puisque même au bout des dites deux cents toises il y aurait un éperon où on pourrait monter vingt pièces de canon. Cette dépense peut aller à trente mille livres. Si Sa Majesté veut l'entreprendre, elle aura toutes les places qu'elle réunira à son domaine: que si elle ne veut pas entrer dans cette proposition, mon dit sieur de Meulles s'oblige de faire la dite digue en muraille à ses frais et dépens, s'il plaît à Monseigneur le marquis (de Seignelay) de lui obtenir un arrêt de concession de toutes les places vacantes et non bâties contenues dans le dit pays, lui faire accorder dix milles livres par Sa Majesté une fois payée et l'entrée franche au dit pays de trente tonneaux de vin et de quinze tonneaux d'eau-de-vie pour les ouvriers. "

Nous n'avons pas la réponse du ministre de Seignelay à M. de Meulles, mais il est certain que son projet ne fut pas accepté. Malgré l'affirmation de M. Franquelin, trente mille livres pour un projet d'une pareille envergure semblaient bien insuffisantes, et c'est probablement ce qui engagea le ministre à lui refuser son approbation.

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