‹ La ville de Québec sous le régime françaisChapitre 233 sur 275 · ROBERT DE VILLENEUVE, INGÉNIEUR DU ROI · texte numérisé non relu

ROBERT DE VILLENEUVE, INGÉNIEUR DU ROI

I'est au commencement de l'été de 1685 que Robert de Villeneuve, ingénieur du Roi, fut envoyé dans la Nouvelle- France.

Dès son arrivée à Québec, le gouverneur de Denonville lui fit préparer les plans d'un magasin pour recevoir les poudres. Jusquelà ces matières si dangereuses avaient été déposées dans des maisons qui n'étaient pas à l'épreuve du feu.

Le 8 mai 1686, M. de Denonville écrivait au ministre de Seignelay: " J'ai dessein d'envoyer à Niagara cette année le sieur Dorvilliers avec le sieur de Villeneuve, dessineur (sic) que vous m'avez donné, afin d'en lever le plan, et après que j'aurai vu les Iroquois à Villemarie, en l'île de Montréal, et que nous saurons à quoi nous en tenir avec eux, je verrai si je ne pourrai point moimême y aller faire un tour pour pouvoir vous en rendre compte plus sûrement, car pour s'en fier au sieur de Villeneuve, seul, il est très bon, très sûr et très fidèle dessinateur, mais pour le reste il n'a pas l'esprit assez arrangé, et l'a trop court pour pouvoir donner aucunes vues pour l'établissement d'un poste, et pour en avoir la conduite de son chef. "

Effectivement, Villeneuve s'occupa en 1686 à faire les plans du fort de Niagara.

En 1687, M. de Denonville lui fit préparer des plans pour entourer d'enceintes fortifiées La Prairie de la Madeleine et Chambly.

Villeneuve avait porté certaines accusations contre M. Provost, major de Québec. Le 8 juin 1687, M. de Denonville écrivait à M. de Seignelay à propos de ces accusations :

" Notre ingénieur est un fou, un libertin, un débauché, dont il faut souffrir parce que nous en avons affaire. Vous ne devez pas ajouter aucune foi à tout ce qu'il vous écrira contre qui que ce soit ne faisant rien que par caprice. C'est un panier percé. Cependant il travaille admirablement bien de la main et fort vite quand il veut. M. de Vauban vous peut bien rendre compte de son carac-

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tère d'esprit. Si je ne l'avais logé chez moi et ne le nourrissais pas, je n'en aurais jamais pu rien tirer, devant partout. M. l'intendant vous rendra compte de la manière qu'il a fait couvrir notre magasin, la couverture de pierre faite en pavé n'ayant pas été suffisante pour empêcher l'eau de pénétrer dans les jointures outre que la chaux et le ciment qu'on y a employés ne résistent point du tout à la gelée en ce pays."

En 1688, le roi rappela Villeneuve en France.

Il faut croire que là-bas Villeneuve fit jouer certaines influences puisqu'au mois de mars 1691 il se rembarquait pour la Nouvelle-France.

L'intendant Bochart de Champigny ne lui fit pas une trop belle réception. Villeneuve s'en plaignit amèrement à M. de Pontchartrain et en attribua la cause " à ce que pendant les cinq années précédentes qu'il avait demeuré au pays en qualité d'ingénieur du roi il s'était toujours opposé aux dépenses superflues qui s'y faisaient tant pour la construction de l'Intendance, qu'autres ouvrages que M. l'intendant faisait faire par des gens incapables.

Le 1er mars 1693, Villeneuve était remplacé comme ingénieur du roi, à Québec, par Jacques Levasseur de Néré. Il retourna en France à l'automne de la même année.

On a de l'ingénieur de Villeneuve:

Plan de la ville et château de Québec, fait en 1685.

Carte des environs de Québec en la Nouvelle-France, mesurée sur le lieu très exactement en 1685 et 1686.

Carte de la comté de Saint- Laurent, en la Nouvelle-France, mesurée très exactement en 1689.

Plan de Québec et de ses environs, en la Nouvelle-France, assiégé par les Anglais le 16 d'octobre 1690 jusqu'au 22 du dit mois qu'ils s'en allèrent après avoir été bien battus par M. le comte de Frontenac, gouverneur général du pays.

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