‹ La ville de Québec sous le régime françaisChapitre 240 sur 275 · LE DOCTEUR MICHEL SARRAZIN · texte numérisé non relu

LE DOCTEUR MICHEL SARRAZIN

ON a qualifié le docteur Michel Sarrazin: un savant égaré dans la Nouvelle-France. En effet, au temps de Sarrazin notre pays pouvait être un champ d'exploration superbe pour un savant mais, sûrement, il ne pouvait lui donner la subsistance. Aussi le savant docteur Sarrazin vécut et mourut pauvre.

Sarrazin était né à Nuits-sur-Beaune, Côte-d'Or, le 5 septembre 1659, du mariage de Claude Sarrazin et de Madeleine de Bonnefon. Il arriva à Québec, en 1685, en qualité de chirurgien dans les troupes.

La capacité et les mérites du jeune chirurgien ne tardèrent pas à être connus. Le 12 septembre 1686, Michel Sarrazin était nommé, par MM. de Denonville et Bochart Champigny, chirurgien-major des troupes. Cette nomination fut ratifiée par brevet de Sa Majesté du 16 mars 1691. Le roi voulait sans doute récompenser Sarrazin des services qu'il avait rendus pendant le siège de Québec par Phipps l'année précédente.

En 1694, Michel Sarrazin passait en France. Un de ses frères était prêtre dans sa ville natale. Il semble que le docteur Sarrazin voulait embrasser le même état. Il renonça bien vite à ce projet, et prit le titre de docteur en médecine, à Reims. En 1697, il revint dans la Nouvelle-France à bord de la Gironde, en même temps que M81 de Saint- Vallier. Une épidémie se déclara à bord de ce vaisseau et Sarrazin sauva la vie de l'évêque de Québec et de bon nombre de passagers. A son arrivée dans la capitale, il donna ses soins aux malades de l'Hôtel-Dieu et rendit de grands services, ce qui lui valut, en 1700, le brevet de médecin des hôpitaux de la Nouvelle-France.

L'intendant Bochart de Champigny écrivait au ministre à peu près vers ce temps, que Sarrazin en revenant au Canada n'avait pas seulement l'intention de traiter les malades, mais voulait s'appliquer aux dissections des animaux rares ou à la recherche des plantes inconnues. En effet, en 1699, Sarrazin, étant devenu membre correspondant de l'Académie des Sciences, commença dès

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lors à rédiger ses mémoires sur la botanique, la biologie, l'anatomie, la physiologie, etc, qui firent l'admiration des savants de la vieille France.

Le 17 juin 1707, Sarrazin était nommé par le roi, membre du Conseil Supérieur de la Nouvelle-France. Il remplaça, comme garde des sceaux du Conseil, le 19 février 1733, le sieur de Lino, décédé.

Le docteur Sarrazin s'essaya aussi dans les affaires. Il avait découvert une ardoisière sur le fief du Grand-Étang, dans la baie des Chaleurs. Il voulut exploiter cette ardoisière, mais il perdit, dans cette affaire, toutes ses économies. Un peu plus tard, il tenta une exploitation de pêche en société avec Robert Drouard. Cet essai fut également désastreux pour lui et sa famille. Evidemment, il n'était pas fait pour les affaires.

Michel Sarrazin décéda à l' Hôtel-Dieu de Québec le 8 septembre 1734. Le registre mortuaire de cet hôpital dit: "Il avait exercé son art en ce pays plus de 45 ans, avec une rare charité, un parfait désintéressement, un succès extraordinaire, une adresse surprenante, une application sans égale, pour toutes sortes de personnes qui lui faisaient faire avec joie et avec grâce tout ce qui dépendait de ses soins pour le soulagement des malades qu'il traitait. Il était aussi habile chirurgien que savant médecin, comme les belles cures qu'il a faites en sont la preuve. Il faisait part à MM. de l'Académie des Sciences des connaissances qu'il acquérait en ce pays et ses dissertations étaient fort estimées partout. Il était âgé de 73 ans. Il fut inhumé le lendemain de son décès dans le cimetière des Pauvres qu'il avait aimés et servis toute sa vie."

Sources: Arthur Vallée, Un Biologiste canadien, Michel Sarrazin; l'abbé J.-C. Laflamme, Michel Sarrazin.

Signature de Michel Sarrazin

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