VAUBAN A-T-IL TRACÉ LES FORTIFICATIONS DE
QUÉBEC
IE Moniteur de l'armée, de Paris, reproduit par le Journal de Québec du 23 janvier 1858, disait: " Une circonstance fortuite vient d'attirer l'attention sur des faits historiques peu connus et qui méritent d'être rappelés. En exécutant des travaux de réparation aux fortifications de Québec, ville du Bas-Canada, on a découvert, dans les fondations d'un ancien bastion, une médaille d'or renfermée dans une boîte de plomb, scellée dans l'intérieur d'une pierre. En examinant cet objet précieux on a trouvé le médaillon de Louis XIV gravé sur un des côtés, et sur l'autre, une inscription ainsi conçue: "Le 25 avril 1687, sous la direction de M. Denonville, gouverneur, et sur les plans de M. de Vauban, commissaire général des fortifications du royaume. " Cette découverte établit l'existence d'un fait particulier qu'un grand nombre de bibliographes paraissent avoir ignoré.
" A l'exemple de ses prédécesseurs, Louis XIV s'intéressa au Canada et il fut en cela vivement secondé par Colbert, qui voyait dans nos possessions transatlantiques un aliment puissant pour notre marine et pour notre commerce. A sa mort, son fils et son successeur, le marquis de Seignelay, continua l'exécution des projets de son père et porta toute son attention sur le Canada. En 1684, craignant qu'une guerre avec l'Angleterre venant à surgir un jour, ne mit la colonie en péril, il envoya le sieur Denonville pour donner son avis sur les postes fortifiés qu'il conviendrait d'y établir et sur les ouvrages de défense qu'il serait opportun d'ajouter à la ville de Québec. Denonville montra la plus grande activité dans l'exécution de sa mission, et il adressa au ministre un rapport détaillé dans lequel il traitait toutes les questions qui lui avaient été posées.
" Le marquis de Seignelay fit connaître ce rapport au Roi, et, par son ordre, il chargea Vauban de dresser le plan des postes fortifiés et des ouvrages qui devaient compléter les défenses de Qué-
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bec. Vauban s'acquitta immédiatement du nouveau travail qui lui était confié, en donnant ses plans à M. de Seignelay."
Il y a beaucoup de fantaisie dans ces lignes. L'écrivain du Moniteur de l'armée semble ignorer que le marquis de Denonville ne vint pas ici en qualité d'ingénieur mais comme gouverneur de la Nouvelle-France.
Le seul travail militaire qui se fit à Québec pendant l'administration de M. de Denonville fut un magasin à poudre dont les plans furent dressés par Robert de Villeneuve. Cette inscription trouvée vers 1858 dans les fondations d'un ancien bastion n'aurait-elle pas rapport au magasin à poudre en question ? Le nom de Vauban pouvait fort bien se trouver sur cette médaille, attendu sa qualité de commissaire général des fortifications.
Quant à Vauban, s'il n'a pas tracé les fortifications de Québec, il est certain qu'il a examiné et peut-être corrigé les plans de l'ingénieur Levasseur de Néré qui fut le premier à travailler d'une façon systématique et un peu sérieuse à doter la capitale de murs fortifiés.
Nous en trouvons la preuve dans une lettre de Vauban au ministre en date du 30 mars 1700.
" J'attendais, écrivait-il, à vous parler de M. Levasseur, ingénieur du Canada, que sa santé se fût entièrement rétablie, mais comme j'apprends que vous désirez qu'il y repasse cette année, je lui ai conseillé de se présenter devant vous afin que vous voyiez vous-même qu'il n'est guère en état de soutenir les fatigues d'un grand voyage sur mer. Il doit vous présenter un plan de Québec que j'ai examiné et dont je dois avoir l'honneur de vous parler la première fois que j'irai à Versailles. J'ai cru devoir vous dire toujours d'avance que les ouvrages qu'il propose de faire me paraissent nécessaires, à quelques petites corrections près dont je puis convenir avec lui et qu'il serait très important pour le service du Roi que vous fissiez quelques fonds pour les commencer."
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