L'HÔPITAL GÉNÉRAL DE QUÉBEC
MGR de Saint- Vallier avait toujours aimé les pauvres. Il avait ouvert à la haute ville une maison pour recevoir les vieillards délaissés et les invalides. Il nomma cet hospice la Maison de la Providence. Mais il comprenait que cette œuvre ne pourrait survivre si elle n'était transportée ailleurs, et confiée à des religieuses spécialement vouées aux soins des malades et des infirmes.
Il acheta des Pères Récollets leur monastère de Notre-Dame des Anges et y fit conduire les pauvres hébergés à sa Maison de la Providence.
Il s'adressa ensuite aux Hospitalières de l'Hôtel-Dieu pour prendre la direction de cette œuvre nouvelle. Les Mères Marguerite-Marie Bourdon de Saint- Jean-Baptiste, Louise Soumande de Saint-Augustin, Geneviève Gosselin de Sainte-Madeleine et la Sœur Madeleine Bacon de la Résurrection furent désignées pour la fondation de cet hospice ou hôpital.
Le 1er avril 1693, les Mères Hospitalières se rendirent à Notre-Dame des Anges qui prit dès lors le nom d'Hôpital général.
Les religieuses trouvèrent la maison dans un grand dénûment : pour quarante-deux personnes, il n'y avait que six pains, deux livres de beurre, dix-huit harengs et un minot de blé. C'était presque la famine. Mais elles ne se découragèrent pas, se confiant à la sainte Vierge, qu'elles avaient proclamée la fondatrice et première supérieure du monastère.
En 1694, les Hospitalières commencèrent à mettre en pratique un point de leurs constitutions qui veut que chacune de leurs maisons soit indépendante, et une supérieure fut nommée par l'Hôtel-Dieu pour le monastère de Notre-Dame des Anges, dans la personne de la Mère Louise Soumande de Saint-Augustin. Toutefois le nouveau monastère n'eut son indépendance absolue qu'aux premières élections, en 1699.
En 1700, les Hospitalières apprirent avec peine que la cour désapprouvait formellement les nouveaux établissements au
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Canada et leur enjoignait de retourner à l'Hôtel-Dieu. Mais Mp de Saint- Vallier était là. Il passa en France et, après bien des démarches, il obtint du roi que sa fondation vivrait.
En 1725, pour rendre service à la population et en même temps augmenter leurs ressources si peu fortes pour les œuvres qu'elles avaient entreprises, les Mères de l'Hôpital général ouvrirent un pensionnat. Les cours donnés par les Hospitalières furent bientôt appréciés et très renommés. Ce pensionnat ne fut fermée qu'en 1868.
Les fièvres malignes qui sévirent dans le pays de 1746 à 1757 donnèrent aux Mères de l'Hôpital général l'occasion de montrer leur courage et leur dévouement. Elles reçurent plus de sept cents malades qui occupaient toutes les pièces du monastère même l'église. Les religieuses cédèrent même leurs lits aux pestiférés. Quatre aumôniers et dix religieuses furent victimes de leur dévouement.
Le siège de Québec par les Anglais, en 1759, donna une nouvelle occasion aux Mères de l'Hôpital général de se sacrifier.
" Le 13 juillet 1759, dit leur récit, nous reçûmes à bras ouverts nos chères Mères de l'Hôtel-Dieu. Le lendemain, nous vîmes les Mères Ursulines qui venaient à pied, saisies de frayeur; les bombes avaient percé leurs murailles. Autrefois, les fils de saint François et de saint Ignace avaient vécu sous ce même toit, s" 'édifiant mutuellement par leur régularité et leur union fraternelle." Maintenant, c'étaient les filles de saint Augustin et de sainte Angèle qui, après avoir confondu leurs voix dans la prière, se partageaient le soin des blessés. Français et Anglais furent reçus et traités sans distinction."
Après la bataille de Sainte-Foy, la plupart des blessés furent également transportés à l'Hôpital général. On en reçut plus de cinq cents. Les religieuses leur donnèrent tout ce qu'elles avaient. Elles se dépouillèrent même de la toile qui leur couvre le front pour panser les blessés.
La Conquête avait presque ruiné l'Hôpital général. Il fut sauvé par M*1 Briand et l'abbé des Bergères de Rigauville qu'on appelle avec raison le second fondateur de l'Hôpital général.
Source: M& de Saint-Vallier et le monastère de V Hôpital général de Québec.
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