LA STATUE DE NOTRE-DAME DE PROTECTION À L'HÔPITAL GÉNÉRAL
Ie jour même de leur arrivée à Notre-Dame des Anges, le 1er avril 1693, les quatre fondatrices de l'Hôpital général avaient installé dans leur chapelle une petite statue de neuf pouces de hauteur, d'un travail très artistique, et représentant la sainte Vierge tenant entre ses bras l'Enfant Jésus.
Cette statue apportée de Bayeux dans la Nouvelle-France, en 1648, était en grande vénération à l'Hôtel-Dieu parce qu'elle lui avait été donnée par la Mère Marie-Catherine de Saint- Augustin. " Jamais, disent les annales de l'Hôpital général, on n'eût consenti à la laisser sortir du monastère de l'Hôtel-Dieu, si ce n'avait été en considération de la nouvelle fondation."
La tradition rapporte que la petite statue de la Vierge, une fois installée à l'Hôpital général, ne voulut jamais en sortir. Rapportée à l'Hôtel-Dieu, elle fut trouvée, le lendemain, retournée dans sa niche, semblant regarder l'Hôpital général. Le même phénomène s'étant reproduit trois fois, la Vierge de la Fondation fut enfin transportée dans la nouvelle communauté pour n'en plus sortir.
La petite Vierge accorda tant de faveurs, et aux Mères de l'Hôpital général, et à tous ceux qui s'adressaient à elle, qu'on la considéra bientôt comme première supérieure de la nouvelle communauté.
" Dans toutes les circonstances difficiles de leur existence, les religieuses de l'Hôpital général ont eu recours à cette protectrice et elles assurent que jamais leurs prières n'ont été vaines. Jamais un incendie de quelque importance n'a encore affecté cette maison près de trois fois séculaire; et en plusieurs occasions il est arrivé, au monastère, qu'un danger qui semblait imminent a été conjuré par une puissance surnaturelle qu'on semble bien avoir raison d'attribuer à Notre-Dame de Protection."
C'est surtout dans les incendies que Notre-Dame de Protection exerce ses glorieuses prérogatives. En 1916, l'église de Limoi-
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lou était détruite par le feu. Le couvent des Pères Capucins attenant à l'église fut sauvé des flammes grâce à la protection de la sainte Vierge. Le gardien du couvent, le Père Ernest-Marie, lui en rendait le témoignage quelques jours plus tard, en écrivant: " Il nous est doux de rendre publiquement nos actions de grâces à Celle qui vient une fois de plus de justifier son titre de Notre-Dame de Protection."
En 1919, après l'incendie d'une grande partie du couvent des Ursulines de Roberval, la Mère Saint-Stanislas disait: " Les religieuses attribuent pour une grande part la conservation des meilleures parties de leur bâtisse à la présence d'une image de Notre- Dame de Protection."
Mais la madone de Notre-Dame de Protection ne borne pas aux seuls incendies son secours efficace. Depuis quelques années, la dévotion à Notre-Dame de Protection a pénétré un peu partout. On a répandu plus de deux cent mille médailles frappées à son effigie et plus de trois cent mille de ses images. Les religieuses de l'Hôpital général possèdent déjà bon nombre d'attestations de faits miraculeux dus à son intercession.
En 1914, le cardinal Bégin a accordé deux cents jours d'indulgence pour la récitation de l'invocation: Notre-Dame de Protection, priez pour nous. Le 6 mars 1928, un décret de la sacrée Pénitencerie concédait à tout le diocèse de Québec une indulgence de trois cents jours attachée à l'invocation qui se lit au revers de la médaille de Notre-Dame de Protection: 0 Marie, contre le fléau de l'incendie et contre tous les maux de l'âme et du corps, protégez-nous.
Source: Madones du diocèse de Québec, article de l'abbé T.-L. Tremblay.
LE PALAIS ÉPISCOPAL DE Mp DE SAINT- VALLIER
ANS Y État présent de l'église et de la colonie française publié
en 1688, 1VP de Saint- Vallier dit que le roi lui accorda de
quoi payer non seulement ses bulles mais encore une maison épiscopale qu'il avait achetée pour loger à l'avenir ses successeurs, afin de ne pas être à charge au séminaire où de Laval et lui avaient fait jusque-là leur résidence.
Cette maison achetée par 1VF de Saint- Vallier était la résidence de M. François Provost, major de Québec. Le contrat d'achat n'en fut signé que le 12 novembre 1688 mais il y est dit que l'évêque avait pris possession de la maison dès le commencement de l'été de 1688.
M8* de Saint- Vallier commença dès lors à faire des acquisitions de terrain pour agrandir sa propriété. Deux ans plus tard, il était l'unique propriétaire de tout le plateau, aujourd'hui connu sous le nom de Parc Montmorency-Laval.
Le 10 janvier 1693, Mgr de Saint- Vallier accordait à Claude Baillif, architecte et entrepreneur de bâtiments, le contrat de la construction d'un vaste palais qui devait remplacer la maison Provost qu'il occupait depuis 1688. La pierre angulaire du corps principal de cet édifice fut posée en 1694.
de Saint- Vallier passa en France à l'automne de cette même année 1693, et il ne revint à Québec qu'en 1697. Il prit aussitôt possession de son nouveau palais.
A cette époque, toutefois, la chapelle et le corps principal, seuls, étaient construits. Ce ne fut qu'à l'automne de 1697 que M** de Saint- Vallier donna à l'entrepreneur-maçon Joseph Mailloux le contrat pour une aile au palais épiscopal qui devait couvrir le site de l'ancienne maison Provost et d'une partie du premier cimetière de Québec.
Bacqueville de la Potherie, en 1700, fait la description suivante du palais épiscopal de M*1 de Saint- Vallier :
" Le palais épiscopal est sur la côte. C'est un grand bâtiment de pierre de taille, dont le principal corps de logis avec la chapelle
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qui doit faire le milieu, regarde le canal; il est accompagné d'une aile de soixante-douze pieds de longueur, avec un pavillon au bout, formant un avant-corps du côté de l'est. Et dans l'angle qui fait le corps de logis avec cette aile, est un pavillon de la même hauteur, couvert en forme d'impériale, dans lequel est le grand escalier. Le rez-de-chaussée de la principale cour, étant plus élevé que les autres cours et le jardin, fait que dans cette aile, le réfectoire, les offices et la cuisine sont en partie sous terre, tous voûtés de brique, et ne prennent jour que du côté de l'est. La chapelle est de soixante pieds de longueur; son portail est de l'ordre composite, bâti de belle pierre de taille qui est une espèce de marbre brut. Ses dedans sont magnifiques par son retable d'autel, dont les ornements sont un raccourci de celui de Val-de-Grâce. Il y aurait peu de palais épiscopaux en France qui pussent l'égaler en beauté, s'il était fini. Tous les curés de campagne qui ont des affaires particulières à la ville, y trouvent leur chambre, et mangent ordinairement avec monsieur l'évêque, qui se trouve presque toujours au réfectoire."
En 1705 et en 1713, le palais épiscopal fut occupé pendant l'absence de IVP de Saint- Vallier en Europe, par les intendants et le Conseil Souverain chassés du Palais de l'intendance par l'incendie.
A son retour d'Europe, dans l'été de 1713, IVF de Saint- Vallier, trop pauvre pour habiter son palais, se retira à l'Hôpital général où il vécut jusqu'à sa mort.
Le palais épiscopal fut, après la disparition de M81" de Saint- Vallier, occupé par ses successeurs, M81" Dosquet et M87 de Pontbriand. Celui-ci l'occupa de 1743 à 1759.
Dans une lettre de l'automne de 1759, M81- de Pontbriand parle des dégâts causés à son palais par le bombardement des Anglais.
" Le palais épiscopal est presque détruit et ne fournit pas un seul appartement logeable; les voûtes ont été pillées."
Source: Mf Henri Têtu, Histoire du palais épiscopal de Québec.
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