‹ La ville de Québec sous le régime françaisChapitre 66 sur 275 · DESCENDANTS DE CHAMPLAIN · texte numérisé non relu

DESCENDANTS DE CHAMPLAIN

M Adolphe de Puibusque, un écrivain français de mérite, voyageant au Canada il y a trois quarts de siècle, eut • une longue conversation avec une brave femme qui tenait une modeste auberge à l'Ancienne-Lorette.

" La mère G., écrit-il, écartant avec fierté l'incognito que lui infligent son nom et sa profession, nous a confié qu'elle descend en ligne directe du fondateur de Québec."

La mère G. dont parle M. de Puibusque n'est pas un cas isolé. Combien de braves MM. de Champlain ont affirmé et affirment encore avec la plus parfaite bonne foi qu'ils descendent du fondateur de Québec! Tous ou presque tous se sont plaints des Anglais qui les auraient dépossédés des terres et seigneuries ayant appartenu à leur illustre ancêtre !

Le fondateur de Québec n'eut pas d'enfants. Il est vrai que Sagard parle de mademoiselle de Champlain que ses Hurons avaient vue à Québec vers 1620. Mais ceux qui ont conclu de ce passage de Sagard que Champlain avait eu une fille, oubliaient que sous le régime français les femmes de la petite noblesse étaient qualifiées de damoiselle. C'est donc madame de Champlain que les Hurons avaient vue à Québec vers 1620. Répétons avec l'abbé Ferland:

" Pour nous, descendants de ses compagnons, qu'il regardait comme ses véritables enfants, nous pouvons dire, avec vérité, en changeant un mot à l'épitaphe de l'architecte Wren: " Sijamiliam quaeris, circumpspice," si vous cherchez sa famille, regardez autour de vous. Voyez ces villes populeuses, ces nombreux villages échelonnés sur toute la longueur du grand fleuve, ces campagnes fertiles et prospères; voyez sur les bords du Saint-Laurent ce peuple laborieux, intelligent et honnête; voilà l'héritage de Champlain; voilà sa véritable famille qui ne pourra s'éteindre et qui transmettra son nom de génération en génération."

Les familles de Champlain de la province de Québec ne peuvent réclamer aucune parenté avec l'illustre Champlain. Elles

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ont cependant le droit de vanter avec orgueil la pureté de leur origine.

Ces familles de Champlain descendent de deux souches différentes.

Les familles de Champlain de la région des Trois-Rivières ont eu pour auteur Étienne Pezard de la Touche. Les de Champlain établis sur la rive droite du bas Saint-Laurent, à Rimouski, Pointe-au-Père, Sainte-Luce, etc., descendent de François Volant de Chamblin, capitaine de navire.

Coïncidence assez curieuse: ni l'un ni l'autre des ancêtres des Champlain canadiens ne portaient le nom de Champlain. Voyons comment ces familles ont adopté le nom de Champlain.

Étienne Pezard de la Touche obtint, le 8 août 1664, une seigneurie d'une lieue et demie de front, à prendre sur le grand fleuve Saint-Laurent, depuis la rivière Champlain en montant sur le dit fleuve vers les Trois-Rivières. La plupart des seigneurs canadiens donnaient leur nom à leur seigneurie. M. de la Touche, probablement par modestie, désigna sa seigneurie sous le nom de Champlain. Les fils du premier seigneur de Champlain prirent peu à peu le nom de la seigneurie de leur père. Aujourd'hui, les descendants de Étienne Pezard de la Touche ne sont plus connus que sous le nom de Champlain.

François Volant de Chamblin, le premier ancêtre canadien des Champlain du bas Saint-Laurent, vint dans la Nouvelle- France quelques années avant la conquête. Il était capitaine de navire et s'occupa de la traite avec les Sauvages. Le 30 janvier 1764, sa veuve, née Claire Jolliet, se remariait avec Nicolas-Gaspard Boisseau. Les fils qu'elle avait eus de son premier mariage furent connus sous le nom de Volant de Chamblin. Ce nom de Chamblin se transforma bientôt en Champlain. Les familles qui descendent de François Volant de Chamblin se comptent aujourd'hui par centaines.

Source: Pierre-Georges Roy, Les Petites Choses de notre histoire, première série.

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