‹ La ville de Québec sous le régime françaisChapitre 71 sur 275 · OÙ ÉTAIT LE PREMIER CIMETIÈRE DE QUÉBEC · texte numérisé non relu

OÙ ÉTAIT LE PREMIER CIMETIÈRE DE QUÉBEC

MN.-E.-Dionne écrit dans Samuel Champlain, fondateur de Québec et père de la Nouvelle-France, au sujet des pre- • miers cimetières de Québec :

" L'habitation ou le magasin de Québec à la basse ville avait son petit champ mortuaire au pied du cap. Le couvent des Récollets avait aussi son cimetière public. Il n'y en eut point d'autre jusqu'à la prise de Québec par les Kirke, en 1629.

" Les Sauvages chrétiens étaient inhumés dans un petit cimetière à leur usage près du jardin du Père Denis Jamet, Récollet. Cependant plusieurs Sauvages baptisés reçurent l'honneur de la sépulture dans le cimetière de la basse ville. Le Frère Sagard parle de l'enterrement solennel qui s'y fit, en 1626, d'un enfant deCaquemisticq, auquel assistaient le Père Joseph Le Caron, Récollet, le Père Lalemant, Jésuite, le Frère Charles (Pierre Langoissieux), Récollet, le Frère Jésuite François (Charton), Louis Hébert et d'autres Français, selon l'ordre qui leur était ordonné, non si gravement mais moins modestement que ce Sauvage père, qui tenait mine de quelque signalé prélat."

"Il n'était donc pas encore question du cimetière de la Montagne."

M. Dionne fait erreur ici, croyons-nous.

Le premier cimetière de Québec se trouvait bien dans le terrain triangulaire qu'on voit, à droite de la côte la Montagne, en montant, à peu près vers son coude. La carte de Champlain publiée dans l'édition de 1613 de ses Voyages et reproduite dans ses Œuvres publiées par l'abbé Laverdière, ne laisse aucun doute sur ce point.

Quand, le 11 juin 1636, M. de Montmagny, successeur de Champlain, qui venait de débarquer du navire qui l'avait amené ici, montant la Grande Côte ou la côte la Montagne d'aujourd'hui, pour se rendre à Notre-Dame de Recouvrance, se jeta à deux genoux devant l'image du crucifix, c'est bien la croix du petit cimetière de Québec qu'il voulait saluer. Pourquoi aurait-on élevé une

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croix dans le tournant de la côte ? Au dix-septième siècle, comme aujourd'hui, on plaçait les croix sur le sommet des côtes et non au milieu ou dans les tournants.

Avec le temps le cimetière de Québec était devenu trop exigu. Aussi, le 9 mai 1655, le gouverneur de Lauzon, en vertu du pouvoir à lui donné par la Compagnie de la Nouvelle-France, concédait à la fabrique de l'église paroissiale de Québec " toute l'étendue de terre qui se rencontre entre l'emplacement d'Anne Gasnier, veuve de M. Clément Du Vault de Monceaux, pour servir d'augmentation au cimetière de Québec devenu trop petit pour la population." A l'origine, le cimetière se trouvait dans la déclivité du terrain; le don de M. de Lauzon du 9 mai 1655 permit à la fabrique de Québec de se servir de la moitié du petit parc Montmorency-Laval d'aujourd'hui, comme cimetière.

Ce cimetière fut le champ des morts de Québec jusqu'en 1688. A partir de 1657, toutefois, on enterrait aussi dans le cimetière Saint- Joseph, situé près de l'église paroissiale.

On sait que dans l'hiver de 1608-1609 la plupart des hivernants, vingt sur vingt-huit, moururent du scorbut. Tous durent être inhumés dans ce cimetière.

C'est donc dans le cimetière du tournant de la côte la Montagne que les premiers habitants de Québec dorment leur dernier sommeil, car nous n'avons aucun indice que cette partie du champ des morts ait jamais été relevée.

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