LE SÉMINAIRE DE NOTRE-DAME DES ANGES
Depuis leur arrivée à Québec, le 19 juin 1625, les Jésuites avaient été les hôtes des Récollets, à leur couvent de Notre-Dame des Anges.
Les Jésuites, ne voulant pas abuser de l'hospitalité des Récollets, se choisirent bientôt un endroit propice pour y ériger leur résidence. Leur choix tomba sur une pointe de terre, non loin du couvent des Récollets, mais sur l'autre côté de la rivière Saint- Charles, à sa jonction avec le ruisseau Lairet. D'après Sagard et Champlain, c'est sur ce site que les compagnons de Cartier avaient érigé leur petit fort en 1535.
Les Jésuites prirent possession du terrain le 1er septembre 1625. On planta une croix, puis le lendemain les travaux furent commencés sous la direction du Père Massé, qui, à cause de ses connaissances en construction, était surnommé le "Père utile." La cabane, c'est ainsi que l'appelle le Père Lalemant, fut terminée le 6 avril 1626.
" La maison n'était pas grande, écrit le Père Martin; elle ne mesurait que treize mètres sur neuf. On y avait ménagé une petite chapelle dédiée à Notre-Dame des Anges à l'occasion du tableau qui la décorait, et qui représentait la sainte Vierge saluée par les chœurs des Anges. Ce nom franchit l'enceinte sacrée, et s'étendit bientôt à tout le terrain concédé aux Jésuites; après deux siècles et demi, il le porte encore."
En 1629, les Jésuites repassèrent en France à la suite de la prise de Québec par les Kirke, et leur maison de Notre-Dame des Anges resta à l'abandon tout comme le couvent des Récollets qui portait le même nom.
A leur retour au pays, en 1632, les Jésuites trouvèrent leur maison en ruine : les fenêtres et les portes avaient même été enlevées pendant le séjour des Anglais à Québec. Le Père Le Jeune la décrit ainsi :
" La maison est à deux cents pas du rivage. Elle forme quatre chambres basses. La première est la chapelle; la seconde le réfec-
Page 141
toire, et, dans ce réfectoire, sont nos chambres, deux petites passables, de la grandeur d'un homme en carré; deux autres qui ont chacune sept à huit pieds, mais deux lits en chacune. Voilà pour six personnes étroitement. Les autres, quand nous étions tous ensemble, couchaient au grenier; la troisième sert de cuisine; la quatrième de chambre à nos gens. Il y avait même grandeur vis-à-vis, mais il a été à moitié brûlé par les Anglais. Il faut recouvrir la maison, car il pleut et neige partout."
Parkman, après la lecture de ces lignes du Père Le Jeune, ne peut taire son admiration :
" Voilà, dit-il, le berceau des grandes missions du Canada!"
C'est dans cette humble maison, réparée à la hâte, que fut ouvert ce que les Jésuites appelèrent un peu plus tard le séminaire de Notre-Dame des Anges.
Le Père Le Jeune note cette fondation avec une joie ingénue dans la Relation de 1632:
" Je suis devenu régent au Canada, écrit-il, j'avais l'autre jour un petit Sauvage d'un côté, et un petit nègre ou maure de l'autre, auxquels j'apprenais à connaître les lettres. Après tant d'années de régence, me voilà enfin retourné à l'A. B. C, mais avec un contentement et une satisfaction si grande que je n'eusse pas voulu changer mes deux écoliers pour le plus bel auditoire de France."
La grande difficulté qu'éprouvaient les Jésuites dans le recrutement des élèves pour le séminaire de Notre-Dame des Anges était de décider les parents à céder leurs enfants pour quelques années. Les Relations parlent, à tout instant, des difficultés que les pères et les mères sauvages leur causaient à ce propos.
Les Jésuites maintinrent leur séminaire de Notre-Dame des Anges au prix des plus grands sacrifices jusqu'à leur établissement à la haute ville.
" L'histoire du séminaire des Hurons est courte, dit M. N.-E. Dionne, mais pleine d'enseignements précieux. S'il est vrai de dire que le grain de sénevé jeté en terre par les Jésuites avec la coopération de Champlain, arrosé des sueurs du Père Daniel, n'a pas produit cet arbre fort et robuste dont parle l'Évangile, nous pouvons cependant affirmer qu'il a produit des rejetons vigoureux et des fruits de bénédiction et de salut."
Source: N.-E. Dionne, Le séminaire de Noire-Dame des Anges.
Page 142
11 (T<lu>'|
,+,eJL(H*+* àfys, .v A.... 1 Cci .... r.-y S ce...
fictif, de* pn fcf -, ^
£.' là.
/xlltUiftS-t n'A—