‹ La ville rougeChapitre 12 sur 15 · TOULOUSE ROYALISTE · texte numérisé non relu

TOULOUSE ROYALISTE

Peuple français, peuple de frères..

La brève et chaude nuit du 18 au 19Thermidoi an VII poursuivait son cours et se hâtait ver; l’aurore, dans la petite commune de Lanta, ei , Lauraguais, lorsque des paysans vinrent toquer au volets de la maison où villégiaturait le citoyen Pau Vaïsse, président de l’administration municipal de Toulouse. Ils paraissaient fort effrayés et chu chotaient tous à la fois. Ils apprirent au maître d logis que d’étranges incidents se déroulaient dan les environs. Des bandes armées, dont l’efîecti |? variait de cinquante à cent hommes, parcouraien le canton au nom -du roi Louis XVIII et faisaien deux parts des gens qu’ils rencontraient ; ils s’assv raient de la personne de quelques-uns et obligeaier le plus grand nombre à marcher avec eux. Ils ai nonçaient leur intention de s’emparer de Lanta a t point du jour. Or, il était déjà deux heures d t matin. m

Le citoyen Vaïsse, comme tous les hommes pol lia tiques, surtout quand ils appartiennent au Lan I

Tuedoc, se distinguait par une sonore éloquence, âux fêtes décadaires, dans le temple de la Raison, îi-devant chapelle des pénitents bleus, il rivalisait ivec le comédien Desbarreaux. Au dernier anniver- ;aire de la mort de Louis XVI, on l’avait entendu •’écrier :

« Le jour où l’enfer vomit sur la terre pour la iremière fois un roi aurait dû être pour le genre lumain un jour de deuil et de lamentation. Liberté ! )on sublime que nous reçûmes des mains du Créaeur, le crime et l’ambition t’avaient donné la nort, mais le peuple français te rendra la vie... » A ces premières heures du 19 Thermidor, il ne ongea pas même un instant à proférer une phrase. 1 courut à son écurie, sella à la hâte un cheval et la ventre à terre dans la direction de Toulouse. Lanta est une petite localité fort pittoresque, se sur l’un de ces derniers éperons qui prolongent ers la plaine de la Garonne les ondulations des évennes et de la Montagne Noire. Dans la nuit âlissante, le fugitif pouvait se maintenir à une Dnne allure, car la route dévale pendant cinq à x lieues en pentes assez douces, mais nettement ;cusées, jusqu’au ruisseau de l’Hers. Des boulets de bois, parfois, l’assombrissent ; le plus uvent, elle chemine sur une crête, allant de l’est l’ouest, et du haut de laquelle se devine, à la eur laiteuse du ciel d’été, une contrée coupée de :vins et de combes, couronnée de villages en baille au front de chaque coteau.

Vaïsse, bien qu’il eût les dents serrées, entendai chanter son discours d’antan : « Liberté, idole di notre âme, combien tu enflammes nos cœurs ! » Derrière lui, très loin, il crut ouïr que l’on son nait le tocsin. Où cela ? A Saint-Félix ? A Cara man ? A Lanta peut-être. Il éperonna sa monture Et, dans son épouvante, machinalement, il répé « tait une autre de ses phrases, une de celles dont j jj était le plus justement fier : « Un fer trempé dan 1 l’acide républicain est naturellement invincible il Des coups de feu lointains ébranlèrent la nuit Décidément, cela se gâtait.

Le grand jour brillait avec éclat, lorsque so cheval, ruisselant de sueur, gravit la côte qui, d vallon de l’Hers, grimpe vers Toulouse. Du haut d la colline, elle apparut soudain toute rouge de se tuiles et de ses briques, serrée dans la ceintur étroite de ses remparts fameux. De la vieille ville d fièvre, jaillissait une rumeur faite de bruits mu tipleset désordonnés. Les cloches sonnaient, lagén< raie battait dans les rues, les charrois d’artilleri roulaient. De toute évidence, le danger planait dar l’air. L’évadé de Lanta ranima sa bête, dévala a trot jusqu’au canal creusé par Riquet, le franchi arriva à la porte Saint-Étienne et, sans prendre temps de secouer la poussière qui le couvrait, descendit de sa monture à l’ancien archevêché, c l’administration centrale se tenait en permanenc Huit heures tintaient à la cathédrale voisine.

Les nouvelles qu’apportait Vaïsse étaient inqui

tantes ; celles qu’il apprit s’avéraient encore pires.

Un singulier hourvari avait, au milieu de la nuit, jeté le trouble dans la ville. Sur la place du Salin se trouvait un poste : pas bien important, ilnecomprenait que deux hommes armés de mauvais fusils. Ces pauvres diables s’étaient vus soudain entourés d’une troupe de vingt-cinq individus sortis de la pénombre, qui les avaient quelque peu houspillés avant de les désarmer. Les factionnaires épouvantés avaient pris la fuite, et la bande, victorieuse à bon compte, s’était avancée par le chemin de toutes les batailles de jadis, les rues Nazareth et Perchepinte et la place Saintes-Scarbes, comme si elle pensait attaquer l’archevêché. Tel n’était pas cependant son dessein. Des paroles qu’on avait surprises sur les lèvres des manifestants résultait qu’ils devaient se réunir à d’autres insurgés et, une fois en force, enlever l’Arsenal. Le coup de main exécuté, ils tireraient des fusées pour avertir leurs complices, massés aux portes de Toulouse, sur les coteaux de Pech-David.

A la vérité, la bagarre n’avait pas dépassé les limites du quartier Saint-Étienne. Les émeutiers ne s’était-ils pas jugés suffisamment nombreux ? Les -enforts sur lesquels ils comptaient ne leur étaient- 1s point parvenus ? En tout cas, ils s’évanouirent lans les ténèbres et n’osèrent point pousser leur ittaque jusqu’à l’Arsenal. Il n’en restait pas moins que l’existence s’affirmait de royalistes armés au dedans et au dehors de Toulouse.

Les nouvelles qui affluaient confirmaient que l’on se trouvait en présence non pas de trouble! isolés, mais d’une vaste insurrection s’étendant dt l’est à l’ouest, formant un arc de cercle de près de cent kilomètres au sud de la ville, depuis Mouzens dans le Tarn jusqu’à Lombez dans le Gers, coupant toutes les communications vers les Pyrénées.

Le Languedoc tradionnel, délivré par la réaction thermidorienne, relevait énergiquement la tête.

Que pouvait-on lui opposer ? Presque rien. En fait de troupes régulières, en ces mauvais jours du Directoire, Toulouse ne comptait qu’un escadron du quatorzième régiment de chasseurs à cheval — et quel escadron : trente -quatre cavaliers ! — plus quelques canonniers préposés à la garde des munitions et des pièces de l’Arsenal. Garde nationale inexistante : cinq à six cents hommes mal vêtus, indisciplinés, à peine armés, encadrés au hasard. Les chefs, absents : le général Commes, démagogue empanaché qui commandait les neuvième et dixième divisions militaires, pérorait à Perpignan.

Si, dans la nuit suivante, les insurgés avaient repris leur offensive de la veille, ils fussent entrés dans la ville sans recevoir une égratignure. Ils n’eussent trouvé personne pour les arrêter.

Ils n’osèrent pas ou, plutôt, ils furent trop prudents, trop disciplinés, attendant que l’armée royale eût achevé sa mobilisation. Ils se contentèrent de s’avancer le long des coteaux, jusqu’à ce faubourg Saint-Michel, déjà si souvent témoin de

luttes fratricides, prêts à une offensive conforme au plan général.

Or, il manquait quelque chose à ce plan : la jonction des soulèvements du Lauraguais avec ceux de la Gascogne, jonction qui devait avoir lieu à Muret, dont la prise, comme au temps des Albigeois, serait la préface de la prise de Toulouse. L’opération n’eut lieu que le lendemain. C’était déjà trop tard.

Au fond de la vaste plaine où l’Ariège roule ses eaux rapides vers la Garonne, l’abbaye de Boulbonne, où pria Simon de Montfort, a longtemps seigneurisé. Maintenant son cloître est détruit, son monastère vide, ses trésors à l’encan. Dans les dernières futaies qui dépendaient de son domaine forestier, entre les sinuosités pittoresques de l’Hers et le ruban blanc de la route de Mazères, s’élevait, encore respectée par la Révolution, la masse du I shâteau de Terraqueuse.

Là, depuis trois jours, affluait l’état-major ■oyaliste. Des détachements y venaient s’équiper,

( s’armer, prendre les ordres du comte Marc-Antoinefules de Paulo.

Ce personnage sortait d’une famille anoblie par e capitoulat, puis par le Parlement. Ses ancêtres ’intitulaient comtes de Calmont, seigneurs et >arons de Saint-Jean-del-Tor, Saint-Marcel et l mtres places, sénéchaux du Lauraguais. Au mo-

ment de la Révolution, il comptait à peine quatorze ans. Il avait eu beaucoup de mal à échapper aux sans-culottes. Sa mère, veuve, avait dû se couvrir de haillons et se réfugier comme une mendiante chez un de ses fermiers. A la première occasion, elle s’enfuit avec son fils et gagna Puycerda.

Il semble bien que Paulo dut à cette femme énergique son tempérament de conspirateur. Elle ne fut pas de ces émigrées paisibles et confiantes qui attendirent sans fièvre des jours meilleurs. Dès le 9 Thermidor, elle franchit la frontière, vint à Paris sous le nom de citoyenne Marcel. Elle ne douta plus de l’approche imminente d’une restauration et rêva de la voir réaliser par son fils.

Celui-ci, parvenu à l’âge d’homme, regagna, lui aussi, secrètement la France. A la faveur de l’anarchie grandissante, il se réinstalla dans son château solitaire, y réunit des armes, fusils de chasse, piques, faux, hallebardes ; dans les derniers temps, on y amena des chevaux en assez grand nombre et même une pièce de canon. A partir du 18 Thermidor, on ne se gêna plus : on banquetait dans la vieille demeure, le parc etles communs. Et les rares paysans des alentours qui ne s’étaient pas enrôlés sous le drapeau blanc entendaient chanter de loin :

Guerre à tous les agents du crime !

Poursuivons-les jusqu’au trépas...

Le 20 Thermidor, M. de Paulo monta à cheval. Quand il apparut, dans l’encadrement de la porte ij]

d’honneur, sanglé dans son uniforme à aiguillettes avec giberne et harnachement à la mode anglaise, coiffé de son haut shako à plume et à cocarde blanche, l’ovation éclata, formidable.

C’était un beau jeune homme brun de vingtquatre ans, d’une taille de cinq pieds cinq pouces, aux cheveux châtains coupés en rond, à la figure distinguée et énergique. Ses traits accusés, le nez long, le visage maigre et glabre, le menton creusé d’une fossette paraissaient bien faits pour se graver dans la mémoire des hommes. Cavalier et escrimeur de première force, souple et vigoureux, il avait tout ce qu’il fallait pour commander et entraîner à sa suite.

Jeune, inexpérimenté, mais plein d’ardeur et de bravoure, a écrit un de ses biographes, vrai chevalier français, il aspirait à la gloire. Placé sur un autre théâtre, il aurait marché sur les traces des La Roche jacquelein et des Bonchamps... Sa mémoire doit être honorée par tous ceux qui chérissent la loyauté et qui estiment le bravoure et le dévouement. Ceux qui ont marché sous ses ordres ont pu apprécier toute la magnanimité de son caractère. Il aurait sans doute acquis une réputation durable s’il avait pu joindre à sa bravoure naturelle l’expérience et les études qui forment les grands guerriers...

Au soir du 20 Thermidor, il n’était question que de victoire. Les drapeaux fleurdelysés flottaient au soleil dans le vent d’autan, les insurgés chantaient le Réveil du peuple. Paulo, pour essayer ses forces, allait occuper le village de Calmont.

Quel était son plan ? 11 avait réussi à soulever autour de Toulouse près de vingt mille hommes, la plupart des réquisitionnâmes exaspérés contre la conscription et qui formulaient le raisonnement bien connu : «Mourir pour mourir, j’aime mieux être tué tout de suite que de m’en aller me faire massacrer au loin ». A côté de ces pauvres diables, se remuait, pour les lancer à l’attaque et au pillage, un déchet de l’Ancien Régime : fraudeurs, maraudeurs, faux sauniers, etc., solidement encadrés par des hommes énergiques, anciens émigrés complètement ruinés, curés proscrits devenus chefs de bandes, tous armés de fusils, sabres, fourches, faux solidement emmanchées. En somme, une véritable armée, avec solde d’un franc par jour, grades réguliers, drapeaux de taffetas blanc bordés d’or et cravatés d’un ruban noir.

Cette armée, par un mouvement concentrique, marcherait sur Toulouse ; elle en déposerait les autorités républicaines qu’elle remplacerait par les anciens capitouls et proclamerait Louis XVIII. Toulouse prise, Bordeaux appuierait le mouvement ; de cette manière, l’insurrection se rallierait par la Dordogne et les Deux-Sèvres à l’Ouest encore frémissant du massacre de Quiberon. Brûlant de prendre leur revanche, les Anglais profiteraient de l’occasion pour tenter un nouveau débarquement. Georges et ses chouans, Frotté et ses Normands amplifieraient la révolte, qui, en Belgique, croyait pouvoir compter sur le général

Tilly, commandant la vingt-cinquième division militaire ; celui-ci avait promis de s’avancer dans le Nord et dans la Somme.

Pour éviter quelque violente contre-attaque, pendant ce temps, l’armée de Paulo devait gagner Montauban et Albi, qui constitueraient sur le Tarn, en avant de Toulouse, deux têtes de pont. Ainsi solidement établie, elle permettrait à Narbonne, Nimes, Montpellier, Arles, Avignon, de prendre feu à leur tour. Le Midi royaliste en entier serait debout, relierait ses efforts à ceux des Russes et des Autrichiens prêts à franchir les Alpes. Du nord au sud, de l’est à l’ouest, tout devait être embrasé pour l’écrasement de la République.

...On sait de reste que rien de tout cela ne s’est réalisé. Gênés par la constitution de groupements jacobins sur leurs derrières, les Blancs attaquèrent mollement Toulouse, perdirent du temps à s’établir à Muret, qu’ils avaient naïvement proclamé « capitale des états du roi ».

L’homme qui y commandait était un certain Rougé, surnommé l’Américain, car, dans sa prime jeunesse, il avait voyagé dans les îles. Revenu en Languedoc, depuis 1788, il s’y était marié, mais la Révolution, assez vite, l’enleva à son foyer. Dès 1792, il se voyait élu commandant du septième bataillon de volontaires delà Haute-Garonne et, en cette qualité, il avait servi dans l’armée des Pyrénées-Orientales. Brillamment d’ailleurs, car l’année suivante il obtenait le grade de général de brigade.

Comment un tel personnage était-il passé dans les rangs des insurgés ?Par mécontentement. Quelque ; temps après la paix avec l’Espagne, Rougé avait été accusé d’avoir trempé dans une affaire de trahison, qui s’était déroulée sur la frontière, du côté de Perpignan. 11 n’avait pas été poursuivi judiciai- . rement, on s’était contenté de le mettre en demisolde, ce qui l’exaspéra. Il ne tergiversa pas long- i temps pour accepter les propositions de Paulo, ! auquel il devait servir en quelque sorte de chef | d’état-major général.

Il était de belle taille, robuste, svelte, bien bâti ; j sous des sourcils et des cheveux noirs un peu crépus, il montrait un visage basané, troué de la petite vérole, des traits durs, un nez retroussé, j une forte mâchoire ; l’ensemble eût été banal dans sa brutalité, si des yeux étranges ne l’avaient éclairé, des yeux roux, aux prunelles striées d’or, des yeux de grand félin.

Il est probable que, si Rougé avait été le véritable chef de l’insurrection, il aurait fait autre chose que de concentrer ses troupes à Muret, mais ses fonctions se bornaient à cela. Il y entassa avec beaucoup de méthode des provisions de toute sorte, régularisa l’encadrement de ses soldats, les maintint en haleine. Des parades magnifiques impressionnaient vivement les populations. Le 24 Thermidor, sur l’esplanade de la petite ville, un prêtre réfractaire célébra la messe en plein air, entouré des troupes royalistes. A l’élévation : « Genou,

terre ! » Les enseignes fleurdelysées s’inclinèrent, les tambours battirent aux champs, une couleuvrine tonna. Tous les fronts se signèrent. Beaucoup de gens pleuraient de joie. La Révolution apparaissait comme un mauvais rêve. La royauté était rétablie.

Les nouvelles de ce qui se passait à Muret se répandaient de proche en proche. Effet moral considérable que les insurgés auraient eu bien tort de mépriser ; mais il n’empêchait pas que, pendant ce temps, le Lauraguais était peu à peu reconquis parles colonnes républicaines et que, ce jour même, le général jacobin Aubugeois, entrant à l’Isle- Jourdain, avait rejeté les Blancs au delà de la Save et rouvert les routes de Gascogne. Vint un moment où, malgré les prodiges de valeur accomplis vers l’Ariège par Paulo, il fallut battre en retraite, non sans bousculer les gardes nationales à La Terrasse, à Saint-Martory, à Saint-Gaudens.

Le dernier acte de cette sanglante tragédie se joua sur l’éperon de Montréjeau où les royalistes se trouvèrent brusquement coincés entre les troupes que Commes avait fini par réunir à Toulouse et lancer à leur poursuite et un corps rassemblé à la hâte sur le plateau de Lannemezan sous les ordres de Barbot.

A première vue, on s’étonne de voir un tel homme accepter ce commandement. C’était, en effet, un aristocrate qui devait plus tard servir avec beaucoup de zèle les Bourbons. Fils de noble,

Pierre Barbot, lieutenant particulier au sénéchal et présidial de Toulouse, et de dame Antoinette de Chamouin, il se trouvait à peu près du même âge que Paulo, avec lequel il avait été élevé dans la vieille école bénédictine et militaire de Sorèze (comme La Rochejacquelein, d’ailleurs). Ainsi que Rougé, il s’était engagé en 1792, mais il avait été dirigé sur l’armée des Alpes. Carrière rapide et brillante, à la suite de laquelle, depuis juin 1798, il figurait à l’état-major de la 10e division. Avant tout, c’était un soldat loyal et fidèle. On le désignait pour réprimer l’insurrection, il obéirait.

Le 3 Fructidor, son audacieuse manoeuvre coupa en deux l’armée royale. Toute une partie, rejetée hors du village de Montréjeau, s’enfuit éperdue, dévala vers la Garonne, semant sa route de tués et de blessés. Les ponts étant dépassés en amont, un certain nombre se jetèrent à la nage et furent blessés. Les autres, se repliant en bon ordre, subirent moins de pertes. Ils eurent la chance de trouver des passages que leurs postes avaient défendus héroïquement contre toutes les attaques. C’est ainsi que la cavalerie particulièrement put gagner sans trop d’encombre la vallée de la Pique et remonter jusqu’à Luchon.

Elle y parvint à la fin de l’après-midi. Une danseuse de l’Opéra, fort exaltée, la Clotilde, remet aux royalistes un drapeau blanc fleurdelysé. Us caracolent à travers les rues en criant : « Vive le roi ! » L’administration municipale, qui délibère en

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