‹ La ville sous l'ancien regime (volume 2)Chapitre 40 sur 61 · CHAPITRE II · texte numérisé non relu

CHAPITRE II

LES COMMDNADTÉS RELIGIEUSES

Création de nombreuses conununautés au commencement du xvn* siècle. — Gouyents de fenunes. — Ordres enseignants etyoués à la prédication dans les yilles. — Popularité des capudns. — Accueil fait aux yisitandines. — Demandes d'installation. — Précautions prises par les yilles. — Consentement nécessaire des habitants. — Inconyénients des nouyeaux établissements religieux. — Surcroît de dépenses. — Enyabissement des propriétés. — Refus- d'admission de nouyelles communautés. — Accroissement des biens de main-morte. — Interyention de TEtat. — Admissions imposées par lettres-patentes. — Résistances à l'établissement des jésuites. — Màcon, Troyes et Laon. — Limites à l'extension exagérée des couyents. — Edits de 1666 et de 1749. -^ Diminution du nombre des religieux à la yeille de la Réyolution.

Si le bourgeois chérit sa paroisse, il voit d^un œil moins favorable le couvent. Il y a chez lui à Tégard des moines un esprit froadeur et quelque peu raiUeur dont on trouve plus d'une trace dans la littérature de la fin du moyen-âge et de la renaissance. Cet esprit se manifestera même au commencement du xvii® siècle, où Ton verra se produire, à la suite des guerres de religion, un si vif mouvement religieux, qui se prolongea jusqu'à la révocation de Tédit de Nantes. Depuis le milieu du xvi"* siècle, de nouveaux ordres issus de l'étranger ou sortis du sol français s'introduisent et s'établissent ; tels sont les jésuites, les capucins, les minimes, les carmes dé-

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chaussés S les prêtres de la Doctrine chrétieime et les oratoriens. A côté des anciennes abbayes, où quelques moines vivent dans une oisiveté relative sôus rautoritô nominale d'un abbé qui ne réside pas, viennent se fonder des ordres plus jeunes, animés d'un zèle ardent, d'un dévouement infatigable pour renseignement et pour la prédication.

Les nouvelles congrégations de femmes furent encore plus nombreuses que les communautés d'hommes. > On peut dire, écrit un chroniqueur chàlonnais en 1659, que ce siècle est un siècle de nouveaux établissements de religieuses. On voit partout de leurs monastères et il n'y a pas de si petite ville qui n'en ait un ou deux. Elles se logent même dans les bourgs, nommément celles qui instruisent les petites filles*. » Si quelques-uns de ces ordres, tels que celui des GarméUtes, étaient voués à la prière et à la contemplation, la plupart se proposaient pour mission l'éducation des filles ou le soulagement des malheureux. La seconde partie du siècle vit particulièrement se développer deux institutions admirables, simples et bienfaisantes comme le génie charitable qui les avait suscitées, les Filles de la charité et les Frères des écoles chrétiennes.

Les abbayes du moyen -âge s'étaient le plus souvent établies dans des contrées incultes et solitaires, et elles avaient grandi au miheu des campagnes qu'elles avaient défrichées. Les ordres qui surgirent après la renaissance se fixent presque exclusivement dans les villes, où la vie se concentre de plus en plus ; ils y fondent leurs collèges et leurs écoles ; ils y soulagent les pauvres ; ils y prêchent les multitudes. Les ims, comme les jésuites et les

« De 1631 à 1648, les Cannes s'établissent à Paritf, à La RocheUe, à Meaux, à Abbevilie, à Arras, à La Flèche, à Riom, à Orléans, à Angoulème, à Amiens. Brillon, II, 20.

* Cl. Perry, His^ de ChàUm-surSaône, p. 4S8. — Orléans reçoit e& 1617, des Carmélites, en 1620, des Visitandines, en 1622, des Ursulines, en 1638, des Bénédictines. Guyon, Hist, de Véglise éTOriéans^ II, 472, 474, 481. — Voir aussi Gourtépée, 2* éd., D, 122, 295.

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